Livre d'or

73 message(s) dans le livre d'or

Marta Eva Ruggieri Le 25/11/2018

J´ai fini de lire "Les vieux démons" d´Yves Carchon et voilà quelques remarques sur les parties qui m´ont le plus captivée :
La manifestation entre Bastille et Nation est un long chapitre plein de signification. Du point de vue linguistique, il est imprégné d´expressions argotiques, populaires et familières. L´écrivain déploie donc son vastissime éventail langagier pour décrire la situation dans les rues tel une caméra visant á tout enregistrer : les déplacements des groupes, leurs couleurs, attitudes, sentiments...En pleine agitation Fragoni découvre Viviane, il la tire de ce "merdier". Son admiration envers elle augmente car il la voit en pleine lutte pour défendre ses idéaux. Voilà un chapitre "charnière". A partir de là, on assistera à une progression dynamique d´événements où nos personnages seront fortement impliqués.
Autre moment : la fuite de Viviane et de Kaddour. Le trajet de Paris à Madrid, vécu par les fugitifs est une véritable oeuvre d´ingénierie où chaque pièce est sagement choisie et insérée dans l´ensemble. Quant aux descriptions en général, j´insiste sur la valeur que M. Carchon accorde aux détails. A la page n°203, les pensées de Viviane s´amalgament á la beauté du milieu. Des traits poétiques et même sympathiques comme ceux de la "pause pipi" y participent. Les sens de la vue, de l´odorat et du toucher s´allient harmonieusement pour caractériser la nature. L´écrivain fait le travail d´un sculpteur; il ne s´arrête que lorsqu´il peut libérer de la pierre la forme rêvée.
Il faudrait remarquer de même, dans cette partie, les moments de réflexions chez nos trois personnages : on y ressent une lutte de sentiments, un conflit intérieur et de la souffrance, bien sûr.
Paolo et Kaddour admirent Viviane mais leurs objectifs s´opposent á ceux de la jeune femme.
J´établis un petit paralèle:
Fragoni est un flic; Viviane, elle, une combattante fidèle á ses idéaux.
De son côté, Kaddour veut continuer sa lutte en Algérie tandis que sa camarade désire être á Paris.
Enfin, le dernier chapitre du polar et le plus court. Très émouvant au début mais je le perçois comme une verdoyante prairie s´ouvrant devant Fragoni.
D´une part on assiste á trois moments sensibles pour notre flic :
la rencontre avec le père de Viviane à Montparnasse. Ensuite, sa décision de célébrer intimément ses souvenirs avec elle. Enfin, la fête organisée en son honneur par ses collègues de bureau. D´autre part, son dialogue avec Martine. Un effet surprise très "carchonesque" nous secoue légèrement et nous invite á imaginer un avenir prometteur á côté d´elle.
Fragoni : sa personnalité. Voilà mon dernier point á considérer: La personnalité de notre flic.
Á la page n°192, Fragoni est décrit :
"... Il admirait en elle cette détermination, cette force que lui n´aurait jamais. Trop timoré, manquant de flamme, il ne croyait pas en grand- chose..."
Je dois avouer que je ne suis pas d´accord avec cette caractérisation car s´il avait été timoré, il ne serait pas devenu un flic brillant et admiré de ses collègues.
J´ai tiré quelques mots servant á le caractériser :
"Flic brillant. Un as dans les enquêtes. Un limier infaillible. Maître de lui. Haï et craint par les mafieux. Á l´analyse sûre. Petit génie. Admiré de ses collègues. Il a la Baraka".
Or, si on me demandait de penser á un "défaut" chez Paolo Fragoni, je dirais : sa simplicité. Une qualité que j´apprécie chez les gens mais qui, parfois, n´est pas ressentie comme un trait positif. Malgré sa simplicité, Fragoni a la baraka !!!
"Les vieux démons", un excellent polar, comblé d´intrigues.
En outre, c´est l´occasion, pour un lecteur étranger qui ne connaît pas la France, de commencer à aimer et à sentir sa géographie, sa culture, son essence, sa magie… Merci, M. Carchon !

J.V. Le 11/09/2018

Dans Les Vieux Démons, deux des personnages vont trouver refuge rue des Archers à Perpignan... C’est bien de ça qu’il s’agit : de ma jeunesse, de celle de mon père, de celle de Fragoni et, plus généralement, du passé...L’histoire de notre pays : à nous, exilés ou de souche comme ils disent. Ce pays riche de son courage et triste de ses lâchetés…Quelle enquête ! Non seulement ce préquel nous fait découvrir les débuts de carrière de notre héros préféré, mais il possède une telle puissance descriptive et émotionnelle qu’il nous invite à lire - ou à relire - immédiatement les précédents opus... C’est stylistiquement un de tes livres les plus aboutis, à n’en point douter. Un des plus documentés aussi ; du moins, c’est mon ressenti. Mon père me dit qu’il est passé par la Sierra de Andujar également. Tu vois, tu me fais suivre ses pas. Et puis finalement, un livre qui se termine là où nous finirons tous. Avec une très grande émotion à la fin de sa lecture, je me tourne vers le ciel lourd de cette fin d’après-midi. Je pense à toi, je pense au passé, avec dans les mains ce livre entièrement dédié au cœur de Paolo et aux idéaux de Viviane. Merci cher Yves, de nous offrir une telle aventure.

Caroline Hayot Le 11/09/2018

Les vieux démons : encore un livre que j'ai dévoré . On se replonge dans cette partie de l'histoire avec des personnages qui nous embarquent dans leur aventure qui nous tient en haleine. Un Fragoni toujours aussi attachant . Le cocktail est explosif : une écriture riche ,une lecture fluide, une histoire trépidante menée par des personnages que l'on ne veut pas lâcher. Tout y est. En bref j'ai adoré. Merci Mr Yves Carchon !

I.D Le 06/09/2018

Riquet m'a tuer : Excellent polar plein de suspense. Ecrit avec humour et drôlerie...

H.K. Le 06/09/2018

Riquet m'a tuer met en place tous les ingrédients d'un bon roman policier à ambiance (qui ne sont pas forcément les mêmes que pour un « Thriller ») : de bons personnages, une intrigue qui tient la route, une certaine ambiance et une plume alerte.
Si Yves Carchon s'appuie sur des faits réels (la construction du canal du midi) et apporte quelques éléments historiques pour étoffer son histoire, il ne sombre pas pour autant dans le piège de vouloir se montrer trop érudit et de noyer son lecteur sous des informations, certes, intéressantes, mais qui, ajoutées les unes aux autres, ralentiraient le rythme, au risque de faire sortir le lecteur de l'histoire.Au final, un bon moment de lecture, une agréable promenade le long du canal du midi, en compagnie d'un détective vieillissant, mais non moins intéressant.

Alain R. Le 26/08/2018

Les vieux démons, d'Yves Carchon : ce roman est un arrêt sur image, en noir et blanc, délicieusement vintage, sur une époque et la mentalité qui allait avec. On se croirait dans le Pacha avec Jean Gabin et André Pousse, entre autres.
Je retrouve tous les ressorts, authentiques, de la vie du flic d’avant et de sa gouaille. On serrait (arrêtait) la pince blanches mains, qui se farcissait la gardav (garde à vue) devant la batteuse (machine à écrire) sans baveux (avocat) dans le clapier (bureau) gris et triste, avec seulement une lampe sur la table (no comment !!!) et un vieux téléphone à cadran moisi.
Pour celui qui aime les vieux policiers des années 70, c’est du bonheur !
Rien que pour ça, ce roman est une réussite.
Les personnages sont complètement légitimes. Des anciens comme Duval, des taciturnes, j’en ai connu quelques-uns en début de carrière. Le choc entre la bleusaille aux dents longues, prête à renverser la table, et les vieux briscards comme Duval, les crins blancs comme on les appelait, pas aigris, mais blasés, et qui connaissaient la boutique sur le fond de leur poche, je vous prie de croire que c’était quelque chose.
Le style est alerte, riche et bien vivant. Il y a une vraie richesse lexicale dans ce roman. La syntaxe est particulièrement élégante, il faut le dire, ce qui fait de ce texte un ensemble cossu.
Le thème est très dépaysant. Je n’ai pas beaucoup lu, jusqu’à présent, de polars dont le thème traitait de ce pan obscur de l’histoire de la seconde moitié du vingtième siècle et des cicatrices qu’elle a laissées. D’autant que le panorama est large : Les fonctionnaires de Vichy, zélés, les gargouillis nauséabonds des officines opaques, les traces encombrantes des faits de guerre que l’on maquille comme une voiture volée pour les rendre présentables, l’opportuniste, un pied sur chaque rive, la truffe en l’air comme un chien des rues pour voir où va le vent, et qui se découvre un passé de résistant une fois la guerre finie.
Enfin l’OAS, le SAC, le FLN, l’Espagne franquiste et j’en passe. On se croirait parfois dans un manuel d’Histoire. J’imagine un sacré travail de documentation en amont pour traiter ce sujet comme il l’a été. Mais pas de panique, on est bien dans un vrai polar rythmé par l’obsession de venger par le sang les crimes des hommes qui ont fait l’Histoire et la fuite en avant d’une passionaria qui succombe au romantisme révolutionnaire de la cause de son mentor, luttant pour la liberté de son peuple.
À titre personnel, j’ai bien aimé aussi le sujet de ce qui a coûté un an de mise au placard à Fragoni. La ligne rouge qu’il ne faut pas franchir, entre le flic et le voyou, parce qu’il y a une limite aux méthodes et que la fin ne justifie pas tous les moyens, même si le voyou n’a ni honneur ni cadre, quand le flic a le code de procédure pénale tatoué dans le dos.
Pour résoudre des affaires, il faut aussi du renseignement et ce ne sont pas les carmélites qui le détiennent. D’où la grande difficulté de l’exercice, dilemme super bien décrit dans ce roman.
Une adaptation télé me comblerait.
Satisfecit Yves Carchon.

Marta Eva R. Le 24/08/2018

Un regard sur M. Yves Carchon, auteur de polars.
Il a le don de sculpter des personnages et des histoires, d´un talent exceptionnel...
Je voudrais remarquer cinq facteurs qui jouent positivement dans son oeuvre:
a) Richesse lexicale.
b) Style souple, agile, amusant (effet surprise).
c) Psychologie des personnages:On trouve, le plus souvent dans ses récits un anti- héros, un être vulnérable, un"pauvre diable" qui éveille chez le lecteur un sentiment d´empathie.
d) Beauté dans les descriptions: Notre écrivain est un bon connaisseur de la géographie, de la nature et de l´âme humaine.
e) Touches de magie, de miracles et de mystére absolument obligatoires.
Voilá!! Tous ces points réunis, sagement disposés, aboutissent á un résultat magnifique!

M.C. Harant Le 07/08/2018

Un roman au milieu des incitations aux voyages dans la région ? Et pourquoi pas Les vieux démons, le dernier polar d'Yves Carchon, citoyen du Lauragais ? Dans ce dernier ouvrage, on retrouve avec plaisir son personnage Paolo Fragoni, un flic aux méthodes très personnelles. L'action se passe en 1961, Fragoni est alors tout jeune, alors que dans Riquet m'a tuer il était en fin de carrière. Très attachant avec ses bleus à l'âme et son histoire d'amour avec Martine. Quelle patience elle a à passer son temps à l'attendre ! Comme toujours, l'Histoire est omniprésente, on suit la cavale de deux jeunes, Kaddour et Viviane, engagés dans la lutte pour l'indépendance algérienne. De Paris à Toulouse, en passant par Perpignan et l'Espagne, la région quoi. Un style bondissant, aussi alerte que les héros en fuite. Une langue pleine de verve et d'humour. Attention danger : si vous commencez Les vieux démons, vous ne les lâchez plus ! Un autre polar, un autre, vite ! l'Art Vues août-sept 2018

S.A Le 06/08/2018

J'ai beaucoup aimé ce nouveau Fragoni, jeune, fringant et je trouve que votre écriture a évolué depuis Riquet. Plus affirmée, plus concise et directe. Les vieux démons : une réussite.

M.V Le 24/07/2018

Je passe de très bons moments à la lecture des Vieux Démons. Je trouve le livre ambitieux, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et j'y trouve une qualité d'écriture supérieure à Riquet m'a tuer. Se peut-il que vous ayez passé la vitesse supérieure ? Quelque chose semble avoir changé dans votre travail. En mieux, j'entends. Non que vos précédents ouvrages fussent mauvais (j'adore votre œuvre), mais j'y trouve un souffle nouveau.

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