Billets politiques

La valse des ex

Après le désistement attendu de Hollande — le pire pour tout le monde aurait été qu’il se présente, l’émoi est grand à Gauche. Valls s’est déclaré en lice, ce qui n’est pas une surprise. On le savait piaffant, n’hésitant pas à enterrer Hollande. L’homme a du caractère, mais une fougue qui lui jouera des tours. Rien ne dit qu’il pourra rassembler son camp, d’autant que Montebourg, Hamon, d’autres encore sont dans les starting-blocks. On nous dira : c’est normal pour une primaire que des tenants d’un même camp confrontent leurs idées. Certes, sauf quand elles sont « irréconciliables » comme l’a prétendu le petit Valls… Il serait aussi question de Vincent Peillon, l’ex-ministre de l’Education de l’ex-Premier ministre, Valls. Macron, l’ex ministre de l’Economie, joue les cow-boys en solitaire et nous crie : En avant ! Mélenchon, lui, se défiant des primaires « socialistes » pense s’en tirer à meilleur compte s’il déplie son programme. Pourquoi pas ? Lui a au moins le grand mérite d’être cohérent. La valse des primaires de Gauche donne un peu le tournis. Comment croire à de tels prétendants ? Tous sont issus de cette Gauche qui justement a fait faillite. Même le jeune Macron avec son air d’enfant de chœur a été à la soupe hollandaise. Il s’en est écarté, c’est vrai, mais tout de même ! Il faudrait pourtant un champion à la Gauche, si elle veut l’emporter. Lequel aura assez de poids face à Fillon ou à Marine ? Valls a des chances de l’emporter mais pour faire quoi ? Autant de conjectures pour la Gauche qu’il lui faudra résoudre.

Jeudi 8 décembre 2016

Le glas ou le tocsin

Ça y est, la médiocratie est en marche ! Pas seulement aux USA, mais en Europe avec les populismes qui gagnent du terrain. On le savait déjà. La honte de choc (ou l'onde de choc) que représente Trump souligne d’autant nos lâchetés. En la matière, — mais qui ne le sait pas ? — la France n’est pas plus épargnée. Aux dernières nouvelles, le Front National est ouvertement appuyé par 35% de nos concitoyens… Et encore, sans compter les mutiques au nombre incalculable gagnés aux thèses de Marine, qui n’en pensent pas moins… Médiocratie alliée au populisme, c’est la cata ! Sous quelle forme se propage-t-elle ? Anti-immigration, xénophobie, homophobie, racisme, haine des élites politiques (qui, il est vrai, sont loin d’être brillantes…), nationalisme, protectionnisme… j’en passe. Mais pour autant, le populisme n’est plus rampant. Il plastronne et dirige la Hongrie, est influent en Suisse, gagne le Royaume-Uni, se déploie en Norvège, fait une percée au Danemark, s’installe aux Pays Bas, sous forme de lois portées par des partis légaux et reconnus (comme le parti nazi en 1933). En France, il semble que le terrain soit prêt pour faciliter l’ascension du FN. Les politiques qui se présentent ou se présenteront ont déjà fait faillite. La mésaventure advenue aux Clinton, qui ont usé littéralement les électeurs américains à cause de leurs frasques, tant financières que sexuelles, pourrait bien arriver à nos « élites » qui, déchirées, se dévorant entre elles, gauche et droite confondues, ne voient pas arriver l’ombre triomphante du populisme. Que faut-il faire ? Sonner le glas ou sonner le tocsin ? Je préfère le tocsin. Mais la France du haut peut-elle encore l’entendre ?

Jeudi 10 novembre 2016

Les sbires du néant

Le carnage perpétré à Nice le soir du 14 juillet a ébranlé la France. Il est encore trop tôt pour dénoncer les fautes commises et pour trouver les responsables. Aujourd’hui, après trois jours de deuil national, il nous faut être solidaire avec les survivants de la tuerie. Serrer aussi les rangs et soutenir le travail difficile mené par le gouvernement sur la sécurité. Les critiques certes font partie du fonctionnement démocratique. La récupération à des fins électoralistes, non. Le maire de Nice semble avoir obéi à ce détestable travers, laissant planer le doute sur les forces de sécurité qu’il avait demandées et qui lui auraient fait défaut… Peut-être. Mais l’heure est au chagrin, au silence, à la peine, au respect des victimes. Au comment vivre après l’assassinat d’un proche, d’autant, surtout, quand il s’agit de son enfant… Le terrorisme frappe, exécute et liquide, préférant l’idéologie mortifère à l’humaine concorde. Le voilà installé chez nous. Il ne faut certes s’y résoudre, baisser les bras. Bien au contraire le prévenir et le combattre. Régler aussi le sort, aujourd’hui chancelant, de Daech et de ses sbires du néant. Et chez nous retrousser nos manches pour que le discours islamiste n’ait plus prise sur personne en refondant les bases d’un nouvel ordre social, réellement égalitaire et fraternel.

Jeudi 21 juillet 2016

Le lutin Griezmann

Grise mine ? Non, Griezmann ! Quel match ! Historique pour certains, revanchard pour d’aucuns... Dans cette rencontre qui a pulvérisé tous les records d’audience, l’équipe d’Allemagne ne manquait pas d’atouts. Mais les Bleus ont joué. Vraiment joué. Avec l’allant qui leur manquait depuis des lustres, et la jeunesse, et cet esprit d’équipe sans lequel il n’est pas de victoire. Dommage pour l’Allemagne car elle n’a pas conclu. Elle a été souvent à deux doigts de marquer et peut-être même aurait-elle pu égaliser… Les dieux n’étaient pas avec eux, ni leur rigueur métronomique puisque leurs tirs manquaient parfois de précision. Il est vrai qu’on avait une défense en béton. Et Lloris était là ! Quel gardien ! Et Pogba ! Et Evra ! Et Giroud qui a perdu une occasion de battre le gardien allemand ! Et Griezmann, l’homme du match, le héros, un lutin intrépide qui semblait se moquer du mur de la défense allemande. Il fonçait, il dribblait, passait la balle avec finesse mais comme un gosse sans complexes et bien sûr sans manières. On le sentait impatient d’en découdre, vibrionnant, courant, volant. Un elfe bravant et agaçant la forteresse teutonne grâce à son seul talent. Oui, en voyant Griezmann évoluer sur le terrain, je pensais à Gavroche qui n’avait peur de rien et se moquait des balles. Certes, Griezmann ne jouait pas sa vie comme le gamin d’Hugo, mais il avait son insolence, sa tranquille détermination et sa rapidité d’action. La mouche du coche en quelque sorte, piquant la peau de l’adversaire pour qu’il lui ouvre l’angle où ajuster son tir. Dimanche, la finale sera un grand match car les Bleus, en lévitation, vont se sentir pousser des ailes. Qu’ils continuent à se jouer de l’adversaire tout en jouant au foot. Cette « petite grande âme » qu’est Griezmann pourrait encore nous en montrer et faire des siennes !

Vendredi 8 juillet 2016

Le choc

Jean-Baptiste Salvaing, commandant de police âgé de quarante-deux ans, a été assassiné chez lui dans son pavillon de Magnanville par un islamiste se réclamant de l’E.I. Après l’agression sauvage à coups de couteau, Larossi Abballa s’est retranché dans la maison pour y séquestrer l’enfant du couple et la compagne de J-B Salvaing, Jessica Schneider, trente-six ans, elle-même fonctionnaire de police, tuée elle aussi à l’arme blanche avant que les agents du Raid puissent enfin neutraliser Abballa sous les yeux d’un gamin de trois ans et demi, survivant à ce carnage et dans un état de choc avancé. Voilà, résumée comme une dépêche d’agence de presse, la tuerie atroce qui a sidéré une fois encore la France. On savait que le pays était entré dans un processus d’attentats aveugles et qu’à tout moment nous serions cueillis à froid par à une nouvelle horreur. Après les carnages de Charlie Hebdo et du Bataclan et autres terrasses de café le même jour, c’est donc deux policiers qui sont atteints mortellement et avec eux le corps même de la police nationale. Il apparaît que Daesh s’en prenne désormais à l’incarnation même de l’état républicain. La nation tout entière est sous le choc. On le serait à moins. Après les journalistes et dessinateurs de presse, la jeunesse du pays et nos deux policiers, on peut hélas penser que cette liste s’allongera, que juges, intellectuels, opposants politiques à Daesh sont désormais dans son viseur… Cette guerre joue sur nos nerfs. On sait aussi que la notion de « loup solitaire » a fait long feu. Les assassins ont toujours fait allégeance au djihadisme et aux chefs de l’E.I. On peut aussi penser (voir Orlando aux USA) que plus Daesh réduit son territoire face à l’intervention armée, plus il aura recours aux attentas ciblés chez nous et dans tous les pays en guerre contre lui. Ce qui veut dire pour nous qu’il va nous falloir apprendre à vivre avec cette épée de Damoclès. Et pour nos gouvernants, que vigilance, fermeté et dureté à l’égard de ces ennemis de l’intérieur, devront être scrupuleusement respectés. La morosité était à son comble, mais là, c’est un vertige qui nous prend. Quand s’arrêtera ce cauchemar qui dure et prend nos vies ?

Samedi 18 juin 2016

Des bleus partout

François Hollande aime et connaît le foot. Il a rencontré Didier Deschamps et toute l’équipe des Bleus. Il leur a demandé de gagner pour la France. Bigre : voilà nos Bleus pris en otage ! Condamnés à gagner pour combattre la déprime nationale. Il fallait y penser. Des bleus, depuis son arrivée à l’Elysée, François Hollande en a eu son comptant. D’abord la pluie. Encore, toujours la pluie. La gadoue, la gadoue, nous chanterait Birkin. Un point au moins pour lui : jouer sur un terrain glissant est certes difficile. Aujourd’hui, c’est bien pire : les inondations, le bateau gouvernemental qui prend l’eau. Valls et Macron, nos deux avants s’épiant comme deux joueurs alors qu’il leur faudrait plutôt marquer à la culotte l’équipe adverse... Ces deux jouent trop perso, chacun le voit. Le capitaine Hollande a bien du mal à resserrer les rangs de la défense arrière. Il faut dire que les spectateurs sont descendus sur le terrain des luttes, en grève ou à refaire le monde à Nuit debout. Quelle débandade ! Le goal Sapin lâche du lest et laisse filer la balle dans les filets (pas de crédits pour la Recherche, puis si, le temps que le ballon rentre dans la lucarne). La ligne d’attaque devrait sans doute se recentrer, de même qu’en taclant l’UMP on pourrait se donner une chance d’au moins égaliser. On se demande si les arbitres ont encore des cartons (je parle de ceux siégeant au Conseil constitutionnel) ou même s’il ne faudrait pas siffler la fin du match. Bref, on comprend Hollande pour qui plus rien ne tourne rond (sauf peut-être un ballon) et qui s’en remet donc aux dieux du stade. Pourront-ils l’entendre et l’aider à sortir dignement des fastes élyséens ? Il semblerait hélas que même le football ne soit plus en mesure de l’aider à sortir de sa cuisante défaite. Et de son incapacité à gouverner la France.

Vendredi 10 juin 2016

Hollande sur l’autel de la France

Hier au soir, triste prestation que celle de François Hollande ! Dire qu’on souffrait pour lui ne saurait résumer le gouffre séparant le Président de ces Français venus l’apostropher. Et pas n’importe comment. Le ton semblait donné : parler franc, plutôt net, sans fioritures à un président qui se voulait encore « normal ». Certes, on mettait les formes mais on sentait monter l’exaspération de ces représentants, censés porter la parole citoyenne, qui ne se sentaient plus compris ni en adéquation avec le pouvoir à Paris. Un dialogue de sourds où notre président tentait vaille que vaille d’endiguer l’impatience émanant des questions, dont les réponses ne convainquaient personne. Moi le premier. A croire qu’un spleen démocratique a peu à peu fondu sur l’Hexagone. Oui, le dialogue est bel et bien grippé entre nos dirigeants et nous qui aujourd’hui n’en pouvons mais. Gravissime divorce exposé en direct où notre président se débattait dans la nasse des réalités d’aujourd’hui, rimant hélas avec chômage, précarité, misère, confusion politique et tentation pour de nombreux compatriotes de se livrer aux sirènes du FN. Le dialogue citoyen a bien sûr ses limites, celle notamment de démythifier le Président et sa fonction, au risque de devoir réduire ses interventions et son action à celle d’un comptable devant rendre des comptes aux contrôleurs en chef que nous serions. Dans l’exercice, il y avait hélas de l’hallali, un je ne sais quoi pareil à une fin de règne, piteuse et malheureuse. Dommage. On peut penser pourtant qu’un tel psychodrame aura peut-être le mérite de générer un sursaut salutaire dont notre France aurait besoin. On l’espère de tout cœur, même si l’on a perdu nos dernières illusions.

Vendredi 15 avril 2016

Lampedusa, Lesbos et le Pape François

Voilà donc le Pape en passe d’embarquer pour l’île de tous les dangers, voire des pires tentations : Lesbos ! Cher François, je sais bien sûr que c’est pour la bonne cause : sensibiliser le monde aux problèmes cruciaux que rencontrent les réfugiés qui fuient la guerre, sans parler de ceux qui émigrent à cause de la misère ou de l’oppression régnant dans leur pays. L’Europe, pas toujours avisée, nous dit qu’il faut distinguer les émigrés politiques des autres qu’on parquerait en Turquie pour les dissuader de « s’incruster chez nous », dixit les épigones de Marine Le Pen. Hélas ! Peut-on sciemment différencier les types de misère ? Non sans doute, et pourtant il semble qu’on veuille s’y employer… Le Pape à sa façon – je ne suis pas spécialement religieux – fait cependant le job. Après Lampedusa, Lesbos. Quelles îles ! Je ne sais si l’on doit en rire mais ça paraît troublant à l’esprit littéraire que je suis. Lampedusa rappelle évidemment aux lecteurs Le guépard, beau roman où est retracée la fin d’un monde : celui d’une aristocratie terrienne au profit de la révolution menée par Garibaldi et mise en forme par Cavour, révolution devant mener à l’unité italienne. La fin d’un monde, tiens, tiens. Ne serait-ce pas le nôtre ? Quant à l’île de Lesbos, que tout lecteur de poésie connaît pour être le berceau de la grande Sappho, (ne pas confondre avec la Grande Sophie), elle garde encore une forte symbolique féministe, laquelle, je présume, n’a pu échapper à l’entourage savant de François… Doit-on y discerner une intention subliminale ? Un message crypté ? Qu’importe ! François semble ignorer les ricanements de certains. Porté par le message qu’il veut donner au monde, il n’a que faire de brûler ses vaisseaux !

Mercredi 6 avril 2016

2050

L’intelligence artificielle n’a pas fini de nous surprendre ! Son inéluctable apport dans le devenir de notre humanité – pour le meilleur et pour le pire – pose néanmoins quelques questions d‘ordre philosophique, voire éthique. On a vu il y a peu en 1997 Kasparov, champion d’échecs, battu par Deep Blue d’IBM. Aujourd’hui, c’est au tour de Fan Hui, champion de go, de se faire battre à plate couture (5 à 0) par le logiciel Deep Mind de Google. Le go, jeu stratégique asiatique où deux joueurs s’affrontent, consiste à prendre les pions de l’autre, mais surtout le cerner à l’aide de ses propres pions et occuper le plus d’espace. Le logiciel Deep Mind s’est avéré, nous dit Nature, « étonnamment mature, solide, patient et incisif… » On arrête là pour ce qui est des traits qualitatifs du logiciel, car peut-être nous écoute-t-il et en tire-t-il déjà toutes les conséquences sur l’avenir commun qui sera nôtre et qu’une perplexité par trop humaine risquerait de gâcher… Il va sans dire que ces créations très humaines, issues de nos cerveaux, que sont ces logiciels grandement performants nous renvoient à nos peurs et nos doutes. Certes, on peut sans ambages déclarer que derrière Deep Mind se cache tout le génie humain et que Fan Hui n’aurait été battu que par une fine équipe de chercheurs, donc par d’autres humains… Il n’en demeure pas moins que l’obsession de l’apprenti-sorcier revient en force et qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’une confrontation pourrait être possible dans l’avenir 2050 entre humains et robots. Déjà, certains états (voyous ou franchement criminels) pensent lever des armées de robots pour régler les conflits sans pertes humaines pour les leurs. Le pire (ce à quoi nos chercheurs travaillent ferme) : donner des émotions aux futurs logiciels… Ne resterait qu’un mieux certain : que les robots travaillent à notre place pour libérer l’humain de l’esclavage. Mais dans ce cas, ne pas nantir ces pauvres-diables d’émotions trop humaines, car nous deviendrions esclavagistes et eux de misérables humains !

Lundi 7 mars 2016

Bataille d’Hernani de l’orthographe ?

Réformer notre orthographe n’est pas nouveau. Pourtant, chaque réforme qui advient suscite grincements de dents et grande passion faisant se lever chez nous deux bruyantes armées : les pour et les contre. Eternel débat qui, en France plus qu’ailleurs, mobilise toujours les plus vives énergies. Notre langue est inhérente à notre identité et y toucher, c’est toucher à notre intégrité. Je résume, mais c’est un peu le sentiment des contre. Les pour brandissent l’étendard de la modernité, assurant qu’une langue ne survit qu’en se renouvelant, intégrant de fait subtilités ou simplifications, voire des mots étrangers pour la parer ou même la fouetter pour qu’elle retrouve (ou garde) sa vigueur. Les pour et les contre ont bien sûr également raison. J’avoue avoir un pied dans les deux camps. Oter l’accent circonflexe à entraineuse par exemple n’est pas très grave, même si ce minuscule chapeau coiffait coquettement celle portée par ce mot. Le rajouter à la conjugaison : je croîs (pour le verbe croître) pour ne pas le confondre avec le : je crois (du verbe croire), pourquoi pas, encore que le contexte de la phrase paraissait suffisant pour la compréhension… Mais apporter un tréma sur arguer (argüer), j’avoue ne pas comprendre. En revanche, enlever un l à imbécillité me paraît bienvenu (imbécilité). Reste la nouvelle orthographe de : nénufar, ognon, joailler, persiffler… et quelques mots anglais comme leader transformé en leadeur. Tout cela nécessite-t-il une bronca ? Une nouvelle bataille d’Hernani entre les Anciens et les Modernes ? Le soir, juste avant de m’endormir, j’ai un faible pour que notre belle orthographe demeure en l’état. Au matin, la retrouvant intacte, je me dis qu’il nous faudrait l’épousseter un peu !

Jeudi 18 février 2016

Qui lit à l’Elysée ?

Les commémorations ce suivent en ce mois de janvier. François Hollande, dit le Petit, se tourne vers François le Grand qui repose à Jarnac. Pense-t-il trouver un nouveau souffle et une inspiration en dialoguant avec le Vieux ? Vingt ans après, le mousquetaire qui faisait la synthèse comme personne, est à son tour devenu président. Il manie certes avec adresse le fleuret, maîtrise parfaitement l’art de l’esquive, embrouille brillamment son monde, est roi de la palinodie et prince de la volte-face. Que manque-t-il au spadassin qui a flingué Sarko ? François le Grand lisait et connaissait l’Histoire. Hollande le Petit, en bon énarque, ne lit jamais et semble de ne pas connaître notre Histoire… En géographie, voire en géostratégie, on savait Mitterrand imbattable. Il savait où était la Saintonge, par exemple… Pas sûr qu’Hollande le sache ! En revanche, il semblerait qu’avant son accession à l’Elysée, Hollande le Petit n’ait jamais vu d’autres pays que la seule France. Bigre ! Le voyage ouvre pourtant sur le monde… Il semblerait que même en science économique, qu’on enseigne à l’ENA, il n’ait pas beaucoup de lumières. Conduire une vespa ne suffit pas à guider le char de l’Etat ! Tendre vers la normalité non plus. François le Grand doit bien rire dans sa tombe. Il avait assuré, un peu avant sa mort, que ceux qui le suivraient aux manettes de l’Etat ne seraient plus que des comptables. C’est pire : ce ne sont plus que des surfeurs qui prennent la vague quand il le faut, avec pour seul souci d’être portés par elle le plus longtemps possible et le plus loin.

Mercredi 13 janvier 2016

Premier vœu 2016

2015 se clôt sur une question cruciale pour notre cher pays : comment de jeunes Français, instruits sur les bancs de notre école laïque, ont-ils pu tomber dans l’embrigadement assassin de Daech au point de les conduire au carnage de Charlie Hebdo et de l’épicerie cacher et aux tueries du Bataclan et des terrasses de café ? Sans se bander les yeux, il faudra bien répondre à cette question. Le travail est en marche, notamment grâce au pertinent et savant ouvrage de Gilles Kepel, Terreur dans l’Hexagone. Après cette année désastreuse pour notre république, faire un débat tronqué sur la déchéance de nationalité ne me paraît pas primordial. Je dirais même que ce dispositif, outre qu’il réduirait nos libertés, s’avérerait inefficace. Que sur le coup de l’émotion, Hollande ait voulu frapper l’opinion et prendre ainsi la main, ne serait-ce que pour couper l’herbe sous le pied des Républicains, pourquoi pas ? Mais s’enferrer dans ce débat, comme le fait le petit Valls, m’apparaît ridicule. L’état d’urgence ne peut non plus se prolonger indéfiniment. Lutter contre le terrorisme reposerait plutôt sur des aménagements bien ajustés : faire la totale clarté sur l’efficacité de nos polices qui, on l’a vu, mal synchronisées, ont été incapables de suivre des individus connus déjà pour leur engagement islamiste et donc les arrêter avant qu’ils ne commettent l’irréparable. En un mot, prendre les devants avec plus de moyens pour éviter autant que faire se peut d’autres carnages. C’est en tout cas l’un de mes vœux pour 2016 !

Mardi 29 décembre 2015

Qui est responsable de la montée du FN ?

A cette question, il faudrait répondre : nous tous. Même si on s’est toujours opposé à cette « résistible ascension » comme dirait Brecht, nous n’avons sans doute pas été assez vigilants. La preuve. Nous avons pêché par excès d’optimisme, ayant foi en cette démocratie qui n’est que le moins mauvais des systèmes. Depuis longtemps, la caste politique de notre cher pays a « joué » avec le Front national, s’en faisant tantôt un allié objectif pour la Droite, tantôt un repoussoir électoral pour la Gauche, quand Mitterrand n’en faisait pas une manœuvre pour empêcher une cohabitation qui eut lieu néanmoins… L’arrogance des partis de gouvernement n’a pas toujours senti que le loup était dans l’enclos. Affairés à prendre le pouvoir pour n’en pas faire grand-chose, ils ont laissé croître un parti qui, lui, chercha le peuple où il était, campant bientôt sur les terres délaissées par le PC et le PS. Ces mêmes partis n’ont pas non plus été à la hauteur des enjeux sociaux et politiques, ni n’ont ouvert un avenir à la jeunesse de ce pays. La crise économique a fait le reste. La république, ébranlée sur ses propres assises, ne semble plus répondre aux forces vives du pays qui grondent et se révoltent, passant parfois au terrorisme… Mais si les politiques ont fait défaut, il faut bien dire aussi que les médias ont attisé parfois les haines ou délaissé l’explication pédagogique pour le sensationnel, préférant commenter la politique politicienne, les querelles entre personnages de l’Etat plutôt que de traiter du fond des choses. Aujourd’hui, on mesure ce qui n’est pas loin de ressembler aux décombres du bipartisme. Même si le FN n’a pas gagné de région, il repose sur un socle électoral de plus de 6 millions d’électeurs. Il reste donc au gouvernement « hollandais »un an et demi pour redonner un nouveau souffle. Est-ce suffisant ? Rien n’est jamais perdu d’avance !

Lundi 21 décembre 2015

Etat de siège

Après l’effroi, après la solidarité partagée avec les familles des nombreuses victimes, après le coup de chapeau aux personnels médicaux et soignants, le respect dû à la qualité de nos forces d’intervention, il faut se concentrer sur la défense de notre pays attaqué lâchement. Le terrorisme, par essence, frappe là où on l’attend le moins. D’où la difficulté à prévenir ses coups. Néanmoins, notre république démocratique est en guerre. Non seulement en Irak mais chez elle. Il lui faut donc adapter sa propre défense à cette nouvelle guerre. On ne peut plus finasser en tentant de comprendre le pourquoi d’une telle violence. Il faut prendre les mesures qui s’imposent. A commencer par tout tenter pour que, sur le front irakien, on aligne une seule et même coalition face à Daech, qu’on en finisse avec notre défiance avec Poutine (même si on sait qui est Poutine) ou même avec Assad. Il faut savoir où est son ennemi et le frapper, quitte à s’allier avec ce qui n’est pas de nos amis. Il faut aussi en finir avec l’hypocrisie sur les états voyous ou les filières qui fournissent des armes à Daech ou l’appuient sous le manteau. Chez nous, il faut fermer la porte à ces jeunes Français partis faire le djihad quand ils reviennent en France. La république, quand elle est en danger, doit prendre des mesures d’exception à l’encontre de ceux qui cherchent à en finir avec elle. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne doit pas rester elle-même. C’est en restant ce que nous sommes et en défendant nos valeurs qu’on gagnera face à l’obscurantisme. Parler de « choc des civilisations » ne veut rien dire. Cela supposerait que Daech incarne une civilisation. Or une civilisation repose sur l’instinct de vie et non sur la pulsion de mort, sur la pensée et non sur l’ignorance, sur l’art et non sur la destruction des œuvres du passé, sur le respect de l’autre et non en cherchant à le nier au point de le détruire. Non au « Viva la muerte » de Daech !

Lundi 16 novembre 2015

Les Filles du Soleil

Le courage, la détermination et la flamboyante témérité se doivent d’être salués en cette époque de palinodies et autres reniements à ses propres engagements… Ainsi, on apprend qu’au Kurdistan une brigade de jeunes combattantes s’est décidée à prendre les armes contre Daech pour l’éradiquer. Les Sun Girls, tel est leur nom, sont des jeunes femmes de dix-sept à trente ans formées par la chanteuse yazidie Xate Shingali. Outre le courage qui caractérise cette brigade de combattantes, il faut souligner le fait qu’elle est essentiellement féminine, et donc loin d’être anecdotique. Selon une croyance yazidieles soldats de l’Etat islamique auraient peur d’être tués par une femme pour la bonne raison qu’ils ne pourraient rencontrer les soixante-douze vierges qui les attendent au paradis ! Quoique cette croyance soit pour le moins absurde, on peut rêver qu’ils détalent à la vue des combattantes. "Nous n’avons eu qu’une formation de base avec des AK47. Nous avons besoin d’être mieux formées, mais nous sommes prêtes à combattre Daech à tout moment Ils nous violent : on les tue," a déclaré Xate Shingali dans le Daily Mail. Toutes ces jeunes femmes sont bien sûr conscientes des risques encourus. En cas de capture, elles pourraient être tuées dans de sinistres conditions qu’on imagine facilement mais aussi vendues comme esclaves sexuelles. Pourtant, cela n’entache pas leur enthousiasme. La plus jeune recrue, âgée de dix-sept ans, a confié aux journalistes anglais sa joie d’avoir rejoint les rangs des Sun Girls et être heureuse de « combattre aux côtés des Peshmergas. » Son généreux engagement ne peut manquer d’inquiéter. Pourtant, quelle autre réponse apporter aux fous de l’Etat islamique, sinon prendre les armes contre eux pour arrêter leur avancée ?

Lundi 12 octobre 2015

L’honneur est sauf

Une cinquantaine de réfugiés syriens vient d’arriver à la base nautique de Cergy-Pontoise, il y a un jour, arrivée orchestrée (mise en scène ?) sous l’œil voyeur des caméras de toutes les chaînes télé. Tant mieux ! Il était temps ! L’image du jeune Aylan, mort sur une plage turque, avait ému les gens du monde entier. Enfin, pas tous les gens. Il n’est que d’écouter Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen ou même Arno Klarsfeld pour se convaincre du contraire… Je ne parle pas d’autres Français qu’on dit « moyens » qui sont bien loin d’applaudir à deux mains, sans que ceux-ci ne votent pour autant Front National… Hollande, sortant enfin de sa réserve, avec un Valls à nouveau offensif, nous a promis de recevoir 24 000 réfugiés dans les deux ans à venir. Juré, promis. Espérons qu’il tiendra sa promesse ! La France s’est donc réveillée ? Oui, mais un peu à contretemps ! Est-ce pour répondre à l’affront qu’Angela, fine mouche et politique dans l’âme, a fait à « la patrie des droits de l’Homme ? » Peut-être : la France adore faire la leçon au monde entier mais elle n’apprécie pas qu’on la lui fasse, même à moitié. Il semble qu’en haut lieu se soit produit un regrettable retard à l’allumage. Enfin, l’honneur est sauf : nos premiers réfugiés iront dormir dans les dortoirs du centre pour stages et colonies de vacances. D’autres sont attendus. La France s’organise. On sait que sous des dehors frustes et malgré les sondages (à la con ?), une majorité de Français est prête à s’investir dans cet accueil, pour peu bien sûr que les sirènes obscènes des Républicains et celles nauséabondes du FN ne les harcèlent pas en leur montrant l’épouvantail du délitement de la France. Il serait temps qu’à droite on fasse taire Sarkozy, dangereux dans ses dires et à ce point irresponsable qu’il a comme oublié l’histoire de sa famille !

Jeudi 10 septembre 2015

Syrie, nouveau pandémonium

Voilà, c’est fait : Daech vient de détruire le monastère catholique du 5ème siècle de Saint Elian (saint chrétien martyrisé par les Romains), près de Homs, en Syrie centrale. Après la destruction de l’antique cité de Palmyre, où pour s’être opposé aux destructeurs l’ancien directeur est mort décapité, les nouveaux barbares ont donc encore frappé. A coup de bulldozers, avec l’idée d’effacer de la carte un lieu où l’on avait omis d’adorer le dieu de Daech. Folie ! Et comble de cynisme, des photos de la destruction ont été mises en ligne comme des trophées à seule fin de plonger notre monde dans un grand désarroi. Ce monastère était plus qu’un lieu saint. Il était symbolique d’une coexistence pacifique entre Chrétiens et Musulmans. Mais Daech, qui nourrit tous ses crimes sur le terreau de la guerre civile syrienne, a détruit bien d’autres églises et lieux saints. Il semble hélas qu’on n'en voie plus la fin. Sans oublier les milliers d’hommes et de femmes enlevés, disparus, persécutés, exécutés par l’Etat Islamique, parmi lesquels des prêtres refusant de renier leur foi ou d’obéir aux diktats de Daech. L’Etat Islamique gagne du terrain et s’est s’implanté entre la Syrie et l’Irak, plus très loin du Liban.  Que faire pour arrêter cette spirale de violence ? Où est l’ONU ? Aux Bahamas ou à Hawaï ? Ces drôles de vacances se prolongent par trop ! Qu’on se réveille ! D’autant qu’on sait aussi que, par ailleurs, Bachar a basculé lui-même dans l’horreur, usant d’armes chimiques contre son propre peuple. Il faut, disent messieurs Hollande et Obama sauver notre planète. Pourquoi pas : le combat est sérieux ! Mais si l’on commençait par la Syrie ?

Vendredi 21 août 2015 

Les humains de la misère

Le torchon brûle entre le gouvernement et Eurotunnel concernant l’épineux problème des migrants tentant de gagner la Grande-Bretagne, qui empruntent clandestinement le tunnel sous la Manche. Neuf décès ont déjà été recensés depuis début juin. 37 000 auraient été interceptés en l’espace de sept mois, des travaux de sécurisation du port de Calais avec « fils barbelés et barricades » ayant dissuadé les migrants à s’embarquer dans les camions montant sur les ferries... Vous dites : « fils barbelés » ? Voilà qui glace déjà le sang. Poursuivons. Ces passages se font souvent de nuit et le PDG d’Eurotunnel parle d’une « pression insupportable » que ne peut admettre un concessionnaire sérieux. Toujours selon l’éminent concessionnaire, 13 millions d’euros ont été investis « dans des moyens physiques (clôtures, éclairages, caméras, barrières infrarouge) » et « humains de protection du Terminal de Coquelles ». Le terme « humains de protection » fait déjà froid dans le dos. Il s’agit en fait « d’effectifs de gardiennage » que le pauvre PDG a dû doubler. Il en appelle donc aux responsabilités de l’Etat qui rechigne à employer des CRS. M. Cazeneuve, notre bon ministre de l’Intérieur, se rebiffe, tape du poing sur la table. Faux, dit-il. Et de  nous donner ses chiffres. Du coup, le pugnace PDG réclame près de 10 millions d’euros aux Etats français et britannique qui, selon lui, compenseraient un manque à gagner liés à l’afflux des clandestins. J’arrête là et je demande : dans quel monde vivons-nous ? Doit-on enrôler encore plus « d’humains de protection » ou dresser plus de barrières et autres tonnes de barbelés pour bouter tous ces humains de la misère ? Qui ose parler dans pareilles conditions de « manque à gagner » ? Avons-nous perdu la tête ? Car en acceptant clôtures, caméras et barrières infrarouge, c’est beaucoup de notre liberté que nous perdons !

Jeudi 30 juillet 2015

Pari gagné

Lors du dernier référendum, les Grecs ont donc refusé à 61% le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI à l’occasion de la réunion de l’Euro-groupe du 25 juin dernier. Ils n’ont pas pour autant rejeté l’Europe ni voulu sortir de l’euro. Ils ont dit non au plan d’austérité imposé par Merkel et d’autres pays européens qui disent ne plus vouloir « aider » la Grèce. Parmi eux les plus jeunes et tous ceux qui soutiennent Alexis Tsipras, dont il faut saluer ici le courage intrépide. D’aucuns en font un fieffé populiste. L’est-il parce qu’il demande au peuple grec l’appui dont il a tant besoin ? Son pari était certes risqué. Il l’a gagné et en sort renforcé. Mais la troïka dans tout ça, devenue entre temps « les Instances » !? Voilà plus de trois ans que les Européens, de plan de sauvetage en plan de dernière chance, prodiguent des médications qui n’ont apparemment aucun effet sur la santé économique grecque. Pire même : il semble que les fameux remèdes soient devenus poisons. Le bras de fer qui s’engage cette semaine est crucial, tant pour l’Europe que pour la Grèce. Au-delà des postures inflexibles, les Européens devront retrouver les grands principes qui ont présidé à l’Union dont celui oublié de solidarité. La dette grecque devra nécessairement être « restructurée » comme on dit quand on travaille au FMI, autrement dit en termes clairs : allégée et son remboursement étalé sur une période plus longue. Tsipras a déjà fait des signes lors d’un dernier discours : il veut présenter « des propositions de réformes concrètes et fiables », et avoir pour priorité « la réforme de l’Etat et la lutte contre les oligarchies ». Les responsables de la zone euro se sont donnés une semaine pour étudier ces nouvelles propositions. Si ce n’est pas un début de dialogue productif, ça y ressemble fort. On peut miser d’ores et déjà que chacun des acteurs en sortira grandi sans pour autant se sentir humilié ou simplement roulé dans la farine. Mais il aura fallu quand même ce courageux appel au peuple pour faire plier les oligarques européens !

Mercredi 8 juillet 2015

Trissotins européens

La Grèce, mauvais élève de l’Europe ? Peut-être. J’avoue avoir toujours eu un faible pour les mauvais élèves. Pourquoi ? Parce que très souvent, ils sont les révélateurs d’un système qui ne marche plus très bien. Bien souvent, nos maîtres préfèrent s’occuper des bons élèves, délaissant les autres qui, eux, ont besoin d’être guidés. L’Europe, comme hélas l’Education chez nous, bat — on le sait depuis longtemps — de l’aile. La Grèce, certes, n’a pas toujours été à la hauteur mais l’Europe et ses maîtres es—économie n’ont rien fait pour intervenir quand il l’aurait fallu. Ils ont sciemment fermé les yeux, préférant mettre un mouchoir sur sa dette devenue aujourd’hui abyssale, que les Grecs devraient maintenant illico rembourser, alors qu’on sait qu’une telle chose est impossible. On parle de « restructurer » la dette : eh bien, faisons-le ! Que la Grèce rembourse, pourquoi pas, mais sans qu’on la presse ou la pressure. Pourquoi ne pas concevoir un calendrier plus long, qui s’étendrait sur une bonne décennie, voire plus ? Un calendrier certes rigoureux qui serait plus souple sur le long terme ? L’Angleterre, première puissance économique au XIXème siècle, était endettée elle-même jusqu’au cou. Elle a jugulé sa gigantesque dette avec le temps. Alors, que cherche-t-on à nous jouer, FMI en tête avec une Lagarde moulée dans une chape de fer ? Une tragédie antique avec fatum où la Grèce devrait mourir, immolée sur l’autel de l’Argent-Roi ? Ou une farce moliéresque où les bons docteurs sont trois fois sots comme Trissotin et plus hypocrites que Tartuffe ? Je laisse à chacun le soin de cocher l'une des deux cases !

Jeudi 25 juin 2015

La leçon de Philae

Qu’on se souvienne : en novembre 2014, Philae, après un atterrissage acrobatique sur la comète Chury, avait cessé de transmettre ses données. Arrimé dans un recoin mal exposé au soleil, ses panneaux solaires n’avaient pu recharger correctement les batteries de l’audacieux casse-cou. Samedi 13 juin, Philae s’est réveillé. Excellente nouvelle pour nos scientifiques et pour les gamins rêveurs que nous sommes restés ! Les données transmises sont maigres, plutôt brèves, mais nous voilà renseignés sur la bonne santé de Philae. Ayant retrouvé son énergie, il va délivrer comme il était prévu de nouvelles connaissances. Brave soldat Philae ! Certes, nous aimerions qu’il aille un peu plus vite et qu’il soit plus prompt à retrouver toute son activité. Mais Philae prend son temps quand nous, nous tuons le nôtre, constamment à la poursuite de quelque nouvelle lune. Ce vaillant aventurier nous donnerait-il une leçon ? Prendre son temps ne veut pas dire : perdre son temps ! Et si nous faisions comme Philae : nous dorer d’abord au soleil avant de nous jeter dans la réflexion ou dans l’action. Peut-être y gagnerions-nous en force et en sagesse...

Mardi 16 juin 2015

Au secours, Jeanne !

Nous voilà donc en pleine tragédie ! Le patriarche chassé par le sang de son sang : sa fille ! Diable de diable ! On a fait pire dans les Atrides mais tout de même ! Ici, on congédie le Fondateur ! C’est un peu Zeus que l’on renie ! Assez ! Le voilà chancelant le jour du 1er mai appelant Jeanne d’Arc au secours ! Elle, de pierre, l’entendra-t-elle ? Mais c’est Marine surtout qui est de pierre ! Et Philippot ! Ah lui, sa dague est déjà prête sous sa toge ! Non, le plus dur c’est la petite Marine ! Qu’il a aimée, couvée, choyée, préparée à la lutte politique ! La voilà au plus haut, et c’est le pugilat ! C’est vrai aussi que Jean-Marie est un vieillard indigne ! Avec toutes ces outrances langagières ! Et tout le reste ! On aurait presque pitié de lui ! En constatant ce duel familial, il faut bien convenir qu’on ne compte pas les coups, y compris les plus bas, pour sauvegarder un fond de commerce. Car il est clair que toute la clique FN a su grâce à Marine se refaire une santé, une morale bon teint, bon genre. L’ennui, c’est que tout n’est que surface : le fin du fin est de se démarquer apparemment de Jean-Marie grâce à des adhésions récentes et à la communication. Surtout grâce à la Communication, qui aide à emballer même une viande faisandée. Le Vieux marchait sans masques avec ses gros sabots. Ses parricides ont chaussé des ballerines et ont ganté leurs mains pour présenter les choses. Mais quand on gratte, on sait que les rangers sont déjà prêtes et que les poings américains ont été astiqués ! A l’instar de Le Pen, c’est Marianne qu’il faut invoquer ! Avant de lui porter secours !

Mardi 5 mai 2015

Sécurité ? Non, liberté !

Allo, j’écoute ? Silence... Allo ? Allo ?... On m’écoute peut-être ? Oui, mais c’est pour notre sécurité à tous. Ah bon ! Il n’y a pas si longtemps, l’affaire Snowden avait révélée des écoutes massives aux Etats Unis et la vieille Europe s’était récriée : «  Comment ça ! On ne peut mettre sur écoute un pays entier ! » A l’époque, nous donnions  des leçons démocratiques, arguant que la lutte contre le terrorisme ne devait produire de loi liberticide. Aujourd’hui, alors qu’Hilary Clinton propose pour sa prochaine élection à la Maison Blanche de revenir sur l’atteinte aux libertés du Patriot Act, aujourd’hui donc, en France, on semble oublier les recommandations faites à nos amis américains, sachant que les bons conseils sont toujours donnés aux autres et jamais à soi. Notre loi Renseignement est bien sûr montrée du doigt par Amnesty International, Reporters sans frontière et bien d’autres. En réponse de quoi, le gouvernement regarde ces irréductibles démocrates comme des inconscients se moquant de la sécurité. On voit bien où est le piège que nous tendent les terroristes : en renonçant à nos libertés dites fondamentales, on fait le jeu du fondamentalisme religieux basé sur le crime et l’intimidation. Certes, des sondages nous disent que de nombreux Français sont prêts à renoncer à leur vie privée pour faciliter la lutte contre le terrorisme. Mais en renonçant à notre liberté, on accepte les diktats des terroristes. On se plie aux exigences de la terreur. Aux dernières nouvelles, un régime spécial serait accordé aux avocats, notaires, journalistes, parlementaires qui craignent de ne plus pouvoir faire leur métier correctement. Voilà qui est bien. Mais qu’en sera-t-il pour le citoyen comme vous et moi ? Devra-t-il vivre sous surveillance constante ? Privilégier la sécurité à tout crin sera toujours accepter de perdre tout ou partie de sa liberté.

Mercredi 15 avril 2015

L’A320-France

Le gouvernement peut-il encore éviter le crash ? Sans chercher à évoquer le dernier A320 qui s’est écrasé sur notre sol, il faut bien se demander, après la défaite électorale du jeune copilote Manuel Valls, si le commandant Hollande a l’expérience qu’il faut et s’il a encore sa tête sur les épaules. L’ambiance n’est plus rose dans le cockpit : elle est devenue morose. La défaite a été lourde. A qui la faute ? Certes les résultats ne sont pas là. Certes la reprise se fait attendre. Certes les Français boudent la Gauche. Certes, certes, certes... Mais la vraie question que se posent beaucoup de nos concitoyens, c’est si le pilote de l’avion France sait où il va. Il faut, entend-on, s’en tenir au plan de vol, ne pas dévier du cap arrêté. D’accord, mais si la tempête se lève, si des trous doivent apparaître dans la carlingue, doit-on s’obstiner au risque de voir notre pays piquer en vrille et se crasher ? Par ailleurs, on sait que les personnels de bord sont loin d’être d’accord. Ecologistes, gauche du Parti, Front de Gauche, PC se tirent la bourre. Certains même veulent prendre la place de Valls dans le cockpit. Pas facile dans ces conditions de vivre les trous d’air avec sérénité. L’ennui, c’est que dans la carlingue il y a le peuple qui serre courageusement les fesses et se demande bien s’il va un jour atterrir, en douceur ou pas. Le stress est d’autant plus grand qu’on ne peut compter sur une équipe de rechange : elle-même se dispute et s’invective sans proposer l’ombre d’un nouveau plan de vol. Seule une hôtesse blonde, à la voix matoise et au front national, prétend qu’en allégeant l’A320-France, on réduirait sérieusement les chances de se crasher. Alléger ? Comment ça ? Je vous laisse deviner !

Jeudi 2 avril 2015

Poutine le flingueur

En Russie, il ne fait pas bon contester Poutine ! Boris Nemtsov, flingué sur un pont non loin du Kremlin, l’a donc appris à ses dépens. Avec lui, c’est un opposant de plus au régime que le pouvoir a liquidé. D’autres avant lui sont morts dans d’étranges conditions, entre autres la militante Natalia Estemirova, représentante d’une ONG en Tchétchénie retrouvée morte en Ingouchie, et la journaliste Anna Politkovskaïa qui dénonçait les violations des droits de l’homme en Tchétchénie, tuée par balles à Moscou. Nous ne sommes pas dans un James Bond mais dans la dure réalité régie par l’autocrate Poutine qui, le moins qu’on puisse dire, n’a pas la fibre démocratique ! On ne peut rien attendre d’un ex-responsable du KGB. Il faut craindre au contraire qu’il n’ait gardé de sales habitudes, voire des manières mafieuses qui ne peuvent s’accorder avec la liberté d’action et d’expression. Sur le plan intérieur, les Russes sont muselés. Quelques gens courageux relèvent le gant et descendent dans la rue. Tant mieux ! L’oligarchie finira bien par s’écrouler. Sur le plan extérieur, nos dirigeants Merkel-Hollande paraissent bien pâles face au flingueur Poutine. Dans l’affaire ukrainienne, il semblerait qu’il ait roulé dans la farine le drôle de couple européen... On aimerait compter sur les Américains, mais eux en sont encore à la guerre froide et seraient prêts à en découdre à l’est de l’Ukraine. On ose penser ce qu'il en adviendrait quand on connaît les champs de mines politiques qu’ils laissent derrière eux... Pourrait rester l’arme économique, style blocus, mais dont le peuple russe ferait les frais et qui contribuerait à renforcer le pouvoir de Poutine, autour duquel se constituerait l’unité nationale... Comme on voit, rien n’est simple : Poutine est encore tout-puissant chez lui et en avance de plusieurs pions pour l’international. Pour lui, le mat est encore loin !

Mardi 3 mars 2015

 

Des drones ont survolé Paris...

En cette période d’après Charlie, il est clair qu’il faut prendre au sérieux ce survol de drones sur Paris. A priori, ils n’ont montré aucune hostilité. Les tenants du complot permanent affirment néanmoins qu’ils étaient en reconnaissance et qu’il faudra s’attendre à des attaques en règle. On ne peut certes négliger une folie terroriste. Une telle technologie s’apprend et se maîtrise.  Tant qu’il s’agit pour quelques amateurs de rapporter d’inédites photos de Paris ou d’ailleurs, on ne peut qu’en sourire. Cependant, (mais nos responsables politiques semblent avoir pris conscience d’un éventuel danger que représenteraient des drones utilisés d’une façon criminelle), les fantasmes s’amoncellent ne serait-ce quand on pense à des lieux stratégiques, à des centrales nucléaires, à des barrages ou même à de simples lieux habités. Certes, ce n’est pas encore la Guerre des Mondes en modèle pour l’instant réduit, mais ça pourrait bien vite y ressembler.  Il n’est aucun besoin de préciser que des états seraient capables de s’en servir à des fins meurtrières (ne s’en servent-ils pas déjà ?) et que les terroristes de tous poils pourraient eux-mêmes y recourir. Drôles de drones ! Tant que Jules Verne nous racontait la singularité des autres mondes grâce aux moyens techniques imaginés par lui, tout était merveilleux. Mais aujourd’hui ? Nous voilà confrontés à des engins venus d’ailleurs, prêts à larguer pizzas et autres victuailles dans le meilleur des cas, mais à nous espionner aussi, à nous gazer ou à nous bombarder dans la pire hypothèse. De quoi  faire réfléchir nos dirigeants. Ah, le meilleur des mondes que voilà !

Mercredi 25 février 2015

Peut-on réformer le pays ?

La majorité présidentielle a explosé en vol suite au passage en force par l’article 49.3 de l’adoption de la loi Macron. Certes la motion de censure a été rejetée. Doit-on pour autant faire comme si rien ne s’était passé ? Non, bien sûr. Les divisions, déjà anciennes à gauche, ont ici éclaté au grand jour. Le gouvernement Valls et le Président s’en trouvent donc affaiblis. Peut-on s’en réjouir ? Ce serait malvenu quand on sait que cette loi, quoique composée de multiples réformettes, va plutôt dans un sens positif. Les crispations sur nos acquis semblent néanmoins l’emporter. Nos députés font remonter ce qui se dit sur le terrain et ne traduisent que la photo de leur circonscription. Voilà donc où en sont les Français : ils semblent vouloir que le gouvernement procède à des réformes de fond sans pour autant changer grand-chose à ce à quoi ils tiennent. On parle souvent de l’exception française : autrement dit, on peut certes réformer sans néanmoins toucher à des secteurs comme la santé, l’éducation, les aides sociales ou la sécurité — j’en passe évidemment. Et c’est bien là que le bât blesse. Les Français sont-ils donc schizophrènes au point de déclarer être pour la réforme tout en freinant des quatre fers en pensant le contraire ? Notre vie politique n’en est pas moins malade et avec elle notre démocratie. Après les zizanies et désaccords qu’a connus et que vit encore l’UMP, parti d’opposition censé donner des solutions aux problèmes de la France, voilà que le PS verse à son tour dans le chaos ! Ce qu’il faut craindre, c’est que le populisme gagne du terrain, se nourrissant des impuissances des deux partis dits de gouvernement et que toutes les réformes attendues soient diluées bientôt dans un salmigondis réactionnaire.

Vendredi 20 février 2015

Casse-tête ukraino-russe

Comme tous les Russes, Poutine est un jouer d’échecs. A moins qu’il n’ait un faible pour le poker, mais pas le strip-poker, car ce serait se dévoiler imprudemment... Il n’en demeure pas moins qu’il a deux cartes dans son jeu : l’une militaire et l’autre diplomatique. Angela et François ont moins d’atouts en mains. Ils veulent garder la main grâce à leur seule carte dont ils disposent : la carte diplomatique. Est-ce suffisant ? Non, proclament les Américains, convaincus que Poutine ne connaît qu’un langage : celui des armes. Donc en armant l’Ukraine, ils pensent contrer Poutine. La Chancelière et notre Président — petits télégraphistes, aurait-on dit en d’autres temps — s’accrochent à cette idée que la seule voie demeure diplomatique. Quoiqu’on attende un cessez-le-feu promis pour dimanche soir, les combattants pro-Russes gagnent du terrain. Sur place, personne ne croit qu’on en restera là. Autrement dit, il semblerait que notre bi-diplomatie ait pris du plomb dans l’aile. Doit-on embraser la région pour autant ? Le doute ne peut manquer de marquer nos esprits quand on connaît combien toutes nos interventions en Irak, en Lybie, en Syrie, sans parler de l’Afghanistan, ont semé troubles, crimes, désordres et anarchie après notre passage. Que faire ? En matière de casse-tête, on pourrait s’inspirer des Chinois mais on serait mal conseillés : eux-mêmes en sont à une sévère épuration toute intérieure, ce qui se traduira bientôt par un durcissement inéluctable vers l’international... Certes un casse-tête dit bien se qu’il veut dire. Reste à savoir si les têtes qu’on casse sont bien pleines ou bien faites !

Samedi 14 février 2015

Tombeau pour Kayla Jean Mueller

La jeune Américaine Kayla Jean Mueller, enlevée par le groupe Etat islamique, aurait été tuée, selon ce même groupe, par un raid de la coalition dans le nord de la Syrie.  Ayant reçu confirmation des services de la Maison Blanche, on imagine ses parents abattus.Mais ce n'est pas au cours d'un raid qu'elle serait morte mais sous les coups de ses bourreaux. Pendant sa détention qui remontait à 2013, les parents de Kayla avaient contacté directement l'Etat islamique, lui envoyant un message privé pour sa libération et demandant une réponse à eux seuls adressée. Dans leur réponse, les ravisseurs ont eu l'intolérable cynisme de souligner que Kayla serait traitée en « invitée ». Au fait, qui était Kayla Jean ? Une jeune femme qui eut le tort d'être « dévouée au peuple syrien ». Une jeune militante ayant consacré sa jeune mais déjà dense carrière à aider « ceux dans le besoin à travers le monde. » Etait-ce donc un délit ? Il semblerait que pour certains c'était un crime à réprimer. Dès décembre 2012, cette courageuse avait rejoint la frontière syro-turque. Pour quelle sombre mission ? Pour combattre l'Etat islamique ? Qu'on se détrompe : Kayla voulait aider « les déplacés fuyant la guerre en Syrie ». Comme on le voit, l'humanitaire était le moteur de sa vie. Aujourd'hui, saluons sa mémoire. Kayla Jean Muller avait une mission auprès des malheureux du monde entier. Elle a été assassinée par cet Etat qui se dit tel et qui n'est autre qu'un repaire d'assassins. Contre ces égorgeurs, notre gouvernement doit être aux premiers postes. C'est un devoir. Plus : un impératif urgent. Il faut sauver d'autres Kayla tombées entre les griffes des Islamistes !

Mercredi 11 février 2015

Nini...Peau d’Chien !

A l’UMP, le ni-ni l’a emporté ! Dans ce cas, c’est un camouflet pour Sarkozy récemment adoubé. Il semblerait que le torchon brûle entre la jeune garde, les vieux barons, sans parler des trublions qui veulent profiter de l’aubaine pour se placer et discréditer l’autorité de l’ancien président de la république. Derrière toutes ces postures, il y a manœuvres et stratégie. Juppé et quelques autres ont compris que l’UMP doit être claire et s’opposer sans état d’âme au FN, au risque d’y perdre son âme et bien sûr et surtout un nombre d’électeurs conséquent et précieux. L’homme qui jadis était droit dans ses bottes a gagné en souplesse et sait que le FN est sur le point de devenir (s’il ne l’est déjà) le premier des partis politiques français. L’UMP ne peut donc s’accommoder d’un ni-ni. Certes l’ancien président répugne à conforter le FN mais il ne veut pas plus opter pour le PS dans l’élection législative partielle du Doubs du dimanche à venir. Sa consigne de vote était de laisser libres ses électeurs de se prononcer pour le PS ou le FN. Mais les barons savent déjà que 30 % des électeurs UMP iront droit au PS. Dès lors, l’habileté serait d’afficher un ni-ni donnant ainsi à leur parti toutes possibilités futures de négocier sous le manteau d’autres élections lors de triangulaires. On voit que dans tout ça la morale politique n’a rien à voir avec les manigances de l’UMP. Voilà qui promet tristes palinodies et pics d’hypocrisie pour les élections à venir !

Jeudi 5 février 2015

La folie Daech

Coup de massue ! On croit rêver ! On pensait la folie d’organiser un autodafé à jamais perdue dans les oubliettes de l’Histoire. Eh bien, non ! Daech vient de nous prouver tragiquement le contraire ! Dans l’histoire contemporaine, il faut remonter à l’hitlérisme pour parler d’autodafé. En leur temps, c’est vrai, les Talibans avaient détruit les bouddhas de Bamiyan... Aujourd’hui, nous voilà revenu à l’autodafé et à la destruction par Daech de deux mille livres et manuscrits datant de plus de 5000 ans avant JC. Parmi eux des livres pour enfants, de la poésie, de la philosophie et beaucoup de journaux datant du début du XXème siècle, des cartes ottomanes et des collections privées offertes à la bibliothèque de Mossoul par de vieilles familles. Les livres sur l’Islam ont été, eux, épargnés. A en croire l’Associated Presse, ce pourrait être le plus grand autodafé de toute l’Histoire. Et selon des témoins rencontrés, il s’agissait pour les combattants de l’Etat islamique « d’assainir » les fonds documentaires des bibliothèques de Mossoul... Assainir ? Voilà qui fait froid dans le dos ! Car il ne s’agit pas uniquement de la bibliothèque du Musée de Mossoul qui a été touchée mais aussi d’autres bibliothèques de la ville. Il est vrai que Daech voit dans la culture et la science des ennemis mortels. Au-delà de tous les discours guerriers et de tous les massacres, la nuit obscurantiste est là. On ne peut accepter que des pans entiers de l’Histoire universelle soient détruits par de sombres barbares. Heureusement, on apprend que de nombreux manuscrits ont été exportés clandestinement et que même certains d’entre eux ont été numérisés par les Dominicains depuis 1990. Ce travail effectué a permis de sauvegarder une partie du patrimoine brûlé. Merci donc aux frères dominicains !

Mercredi 4 février 2015

Quand on amuse la galerie...

Quand on voyage en Chine, dur, dur de rencontrer la société civile ! Le 30 janvier, en dehors des rencontres officielles, notre Premier ministre Manuel Valls devait s’entretenir dans une galerie de Pékin avec plusieurs personnalités chinoises dites de la « société civile ». Universitaires, artistes, journalistes, blogueurs choisis sur le volet devaient parler librement avec lui, manière pour Valls de connaître la « vraie Chine ». Il n’en a rien été. Le rendez-vous a été décliné. Beaucoup ont prétexté ne plus être disponibles. Trois seuls restaient, dont un professeur d’université et le cinéaste Jiang Wen, lesquels pour une raison énigmatique n’ont pu en dernier lieu honorer la galerie de leur présence. Valls et Fabius ont néanmoins fait contre mauvaise fortune bon cœur et se sont donc rendus à la galerie Yishu où ils ont retrouvé deux peintres. On imagine que ces deux peintres-là n’étaient pas dissidents puisqu’ils étaient coachés par le pouvoir. Cependant, la teneur de la conversation n’a pu être divulguée, a-t-on appris dans les milieux autorisés comme on aurait épinglé Coluche. Les deux artistes ont-ils parlé de peinture au couteau ou de peinture aux huiles ? De fine calligraphie sur paravent ? Las ! Nos deux ministres se sont rapatriés à l’Ambassade de France, où ils ont rencontré d’autres acteurs de la société dite civile, mais tous inscrits dans la réalité économique. Il est vrai que sous Xi Jinping, l’étau se referme sur les défenseurs des droits civiques, qualifiés très souvent d’opposants au régime, et que les langues se délient dans l’intelligentsia chinoise pour critiquer l’autoritarisme du nouvel homme fort de Pékin. Qu’allaient donc faire nos deux ministres dans cette galère ? Parler des droits de l’Homme, de la liberté d’expression revendiquée partout il y a peu dans notre cher pays en brandissant « Je suis Charlie » ? Non, dire aux investisseurs de l’Empire du Milieu que notre bonne France les attendait à bras ouverts ! L’ennui, c’est que nos politiques et les 44 chefs d’entreprise qui les accompagnaient sont revenus quasi bredouille.

Samedi 31 janvier 2015

Leçon démocratique

Après la victoire politique de Syriza en Grèce, c’est un nouvel élan que va connaître l’Europe. Il était temps ! Les bons économistes européens ne savaient plus comment sortir de l’impasse. Avec la nouvelle donne de cette génération de jeunes politiques grecs (mais qu’on retrouve aussi ailleurs), voilà venue enfin l’heure de penser en dehors des schémas, dogmes et tabous économiques connus, de retrouver la liberté de redonner sa place au politique face à l’économie. On sait déjà que tout ne sera pas facile pour ce nouveau gouvernement, lui le premier qui connaît les difficultés de la Grèce. Les Grecs le savent aussi, mais leur message est clair : reprendre les rênes de leur vie que l’Europe leur avait dérobées. Tant mieux ! Saluons ce courage de dire non, tout en sachant que ce non-là n’ouvrira pas un lit de roses. La poursuite de la politique d’austérité nous menait droit vers un éclatement de cette Europe qu’on avait tant choyée, qui reste une force économique face aux géants américain, chinois, indien. Fasse que la leçon grecque nous donne envie de dépasser nos peurs et nos frilosités ! Les peuples européens, à l’image de la Grèce, doivent prendre leur destin à bras-le-corps. Ils en ont les moyens et notre histoire démocratique nous y invite. Merci donc à la Grèce, berceau de la démocratie !

Lundi 26 janvier 2015

Les habits neufs du Président Hollande

Hollande sort-il grandi des tristes événements qui ont ensanglanté la France ? On pourrait le penser quand on le voit sourire et remonter dans les sondages. Il est vrai —et chacun en convient — qu’il a su se montrer à la hauteur de cette déflagration et qu’il a pris les décisions qui s’imposaient. On l’avait vu martial en chef de guerre au moment de l’intervention au Mali. Le voilà aujourd’hui Père de la Nation, tirant du coup tous les marrons du feu islamiste. Sous l’air bonhomme et simple qu’il adopte souvent, Hollande a l’instinct des grands fauves. Il sait ce qu’il faut faire dans les pires circonstances. Voilà qui nous rassure... Il n’en demeure pas moins que la situation économique reste la même en France et dans le monde, que la réduction du chômage et la relance économique exigent autant de nerf et de bravoure que face aux terroristes. Hollande devra bien sûr gérer la suite avec doigté et fermeté car notre société pourrait très vite basculer dans le ressentiment et dans le communautarisme. Il n’empêche : notre bon Président sort quasi neuf de ce choc, loin des sarcasmes qui l’ont maintes fois épinglé — à raison très souvent — et comme auréolé de gloire. Faut-il pour autant craindre qu’il s’endorme sur ses lauriers ? Non, car il n’était que de surprendre sa tête et celle d’Angela Merkel amicalement inclinée vers celle-ci pour mieux comprendre qu’après l’épreuve, Allemagne et France ne se regarderont plus en chiens de faïence !

Mardi 20 janvier 2015

Les tables de la république laïque

Cette marche silencieuse du dimanche 11 Janvier 2015 marquera les mémoires. Sursaut républicain d’un peuple qu’on nous disait défait, soumis, n’ayant plus foi en lui. Des profondeurs du génie national a jailli le franc refus de la barbarie islamiste. Après l’effroi, garder notre sang-froid doit être le mot d’ordre. Après le temps de l’émotion, ô combien légitime, voici venu celui de l’analyse. Ainsi, certains déjà posent les questions qui grattent : était-on assez protégé ? Et où étaient les « failles » dont a parlé Manuel Valls ? Comment a-t-on laissé passer entre les mailles du filet de dangereux individus déjà connus des différents services de surveillance du territoire ? D’autres remarques nous interpellent. On sait que tout le monde en France n’était pas Charlie, que des attaques de mosquées, de synagogues ont ponctué les jours qui ont suivi le drame national. On sait aussi que dans les réseaux dits sociaux ont émergé des propos scélérats et racistes, quand ils n’étaient pas pro-terroristes. Autre remarque : même si l’on doit rester uni et éviter tout amalgame, on doit bien reconnaître que de petits Français éduqués et instruits par notre école républicaine sont devenus des terroristes. Que dire de cette institution censée former des citoyens libres et égaux ? Il semble bien qu’elle n’est pas fait le job, comme nous tous d’ailleurs, devrait-on aussitôt ajouter. Aujourd’hui sonnent les trompettes de la sécurité. Il n’y a certes pas de liberté sans la sécurité, mais cette même liberté ne peut survivre sans la laïcité. Si l’on s’y tient, chacun pourra vivre librement tout en respectant l’autre. Pas besoin de citer Voltaire, encore qu’il a tout lieu d’en éclairer encore plus d’un ! Non : revenons aux tables de la république laïque. Enseignons-les pour les appliquer fermement de partout sur le sol français.

Vendredi 16 janvier 2015

Ils ont tué Gavroche !

Certes le choc est immense. La rédaction de Charlie abattue froidement, c’est la liberté d’expression qu’on a voulu toucher au cœur. C’est donc nous tous, citoyens d’un pays qui a porté ce beau flambeau de liberté de par le monde. Derrière la cible, le pays de Voltaire et Hugo est visé. C’est l’ironie, l’esprit critique, la gouaille, le rire, la satire, le courage d’affronter la nuit obscurantiste, c’est le génie français qu’on a voulu abattre. C’est cette « petite grande âme » qu’était Gavroche, tirant la langue aux assassins, aux brutes, aux ignorants, aux imbéciles, aux bourreaux de tous poils que les assassins ont tué. Gavroche, c’était Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré et tant d’autres qui, d’un trait de crayon, croquait le ridicule des politiques et religieux et les délires des terroristes. Avec Hugo, Gavroche avait le temps de narguer ses tueurs et d’échapper aux premières balles. L’équipe de Charlie n’en a pas eu le temps. Comme ce gamin de Paris, ils sont tombés parce qu’ils étaient au front. Un peu seuls peut-être... Depuis longtemps, Charlie était dans le collimateur des Islamistes. On savait que l’hebdo avait subi un premier attentat. A-t-on baissé la garde ?... Aujourd’hui, après l’effroi d’hier, on les pleure tous, y compris les victimes anonymes qui se sont ajoutés à cette funèbre liste. On sait déjà qu’il nous faudra aider Charlie à renaître de ses cendres, prendre un abonnement pour une année. Charlie doit vivre, survivre ! Gavroche ne peut mourir ! Son bel esprit aura toujours raison de l’ignorance !

Jeudi 8 janvier 2015

Les cargos de la honte

L’Europe ne peut plus endiguer l’arrivée de milliers de migrants sur ses côtes. Aujourd’hui, l’Italie, demain la France. Nous y sommes : c’est un fait. Les trafiquants d’êtres humains ont semble-t-il trouvé une imparable technique pour imposer leur « cargaison » : laisser dériver leurs cargos sur nos côtes, au risque de noyer les malheureux qui leur ont fait confiance. Ainsi, il y a une semaine, deux cargos à la dérive chargés de migrants syriens et turcs ont été interceptés par la marine italienne : un premier cargo, le Blue Sky, transportant près de 800 migrants livrés aux caprices de la mer, puis un deuxième dont les 450 migrants ont été secourus au large de la Calabre. L’Italie — on l’a vu déjà pour Lampedusa — est confrontée à un afflux croissant de clandestins qui cherchent à gagner l’Europe au péril de leur vie. La moitié de ces migrants sont des Syriens ou des Erythréens. On peut imaginer dans les mois à venir des milliers d’hommes et de femmes, fuyant la Syrie en guerre, qui s’échoueront bientôt. L’Europe a le devoir d’aider la péninsule italienne. Le fait-elle ou du moins est-elle à la hauteur de répondre à cette urgence ? Il est vrai qu’au-delà des protestations humanistes, on doit admettre qu’un tel trafic est un commerce juteux : chaque migrant paie entre 1000 et 2000 dollars sa place sur un cargo, ce qui signifie que les passeurs encaissent pour un voyage plus d’un million de dollars ! L’Europe doit-elle revoir contrôles et règles avec les armateurs qui louent ou vendent ces cargos ? Une chose est sûre : tant que la Syrie et bien d’autres pays seront en guerre, rien n’empêchera hommes et femmes de survivre et de s’aventurer sur des mers dangereuses, y compris avec leurs enfants. En attendant, ces chargements d’humains nous font penser à d’autres déportations qu’on a pu connaître dans l’Histoire, que ce soit la traite négrière ou les déportations de Juifs : ce sont les cargos de la honte.

Mercredi 7 janvier 2014

2015, année de tous les combats !

C’est reparti pour une année ! 2015 sera une année combattive, a décidé François Hollande. Tant mieux ! Mais qu’allons-nous combattre ? Le chômage, l’immigration qui nous arrive par cargos entiers, la pauvreté, la tyrannie, l’obscurantisme ? Non : nous allons devoir vaincre nos peurs, nos angoisses, la dépression qui guette notre pays. Cela suffit : nous devons nous armer de courage pour retrouver confiance en nous pour affronter les grands défis qui s’ouvrent à nous, n’oubliant pas que nous restons encore un grand pays dans ce bas monde ! C’est en substance le message de notre Président en ce début d’année. Il faut avoir la foi des conquérants, même si l’on sait que l’année à venir sera peut-être pire que 2014 ! Mais chut, ne désespérons pas Billancourt, montrons-nous optimistes ! C’est le mot que semble s’être passé toutes les radios-TV de l’Hexagone. Ne nous flagellons plus ! Croyons en notre étoile ! Parlons de ce qui marche, taisons un peu, beaucoup ce qui ne marche pas ou plus ! Après une année névrosée, on nous demande de positiver toute chose, de renouer avec l’espoir...Le pourra-t-on ? Cette simple interrogation va à l’encontre du but recherché ! Que faire, qu’écrire pour que nous finissions par oublier tout ce qui ne va pas et ne garder que les moments bénis du quinquennat Hollande ? Autant dire aujourd’hui que cette mission s’avère déjà proprement impossible, ici et dans les billets à venir (lus peut-être en haut lieu...), et où l’esprit critique reste et devra rester d’autant plus aiguisé que l’on devra fatalement parler des choses qui ne vont pas ! En attendant, je souhaite malgré tout une bonne année à mes fidèles lecteurs !

Vendredi 2 janvier 2015

Le Président, le chien et le grand argentier

Ces derniers jours, j’ai lu qu’on avait constaté que notre Président vivait sans chien à l’Elysée. Bizarre. On ajoutait qu’un chien l’humaniserait peut-être... Tous ses prédécesseurs en ont eu un, voire deux : Mitterrand, Giscard, Chirac, Sarkozy...Pourquoi pas lui ? Cette question, qui peut paraître saugrenue, ne l’ai pas tant. Je m’explique. La compagnie d’un chien vous donne à réfléchir : il faut chaque jour s’en occuper : le nourrir,  le sortir, le soigner, le caresser de temps en temps, lui parler, parfois l’interpeller quand on est face à une épineuse question même si l’on sait qu’il ne sera pour nous d’aucun secours... C’est justement ce qu’attendent des milliers de Français, notamment ceux qui mangent aux Restos du cœur : être nourris — ou avoir un travail pour manger, sortir et prendre l’air loin du marasme ambiant, se sentir épaulés, écoutés, soignés dans de bonnes conditions. Ils sont même prêts à être sollicités sur des sujets économiques, sociaux ou culturels, même s’ils savent qu’on ne tiendra pas compte de leurs réponses. Au moins, avec un chien, le Président pourra-t-il rétablir le lien perdu avec le peuple. Je suggère donc qu’on lui offre à Noël un canin. Mais pas un qui dévore les meubles de l’Elysée, ni un qui morde le premier patron venu, non : un chien savant, économiste qui, sans en avoir l’air, inspire enfin François Hollande...

Vendredi 5 décembre 2014

Merci pour  ce moment, à la manière de Saint Simon

...Mademoiselle la princesse de Gayet eut une autre aventure qui fit grand bruit dans le royaume et eut des suites inespérées. C’était une actrice de bon goût. Chacun s’accordait à lui reconnaître honnêteté et vertu, une grande politesse et une discrétion à toute épreuve. Le Roi ne s’y étant pas trompé lui trouvait le charme qui convient et la convoqua dans son château de l’Elysée. Hélas, la rumeur s’amplifia dans Paris. On répétait partout que ce n’était pas la première fois et qu’elle tenait déjà dans la vie du Roi une place de choix. Des photos circulaient depuis des jours, l’une montrant le Roi en compagnie de la princesse Gayet dans un café de l’Ile Saint—Louis. Ce qui faisait problème était alors, non les photos d’intimité elles-mêmes, que la sécurité du Roi puisqu’on avait violé les jardins mêmes de l’Elysée. A cette rumeur de photos faites à son insu de Roi normal, on répondait que la princesse Trierweiler, étant parvenue bien avant dans l’alcôve du Roi, faisait un tour du monde pour révéler aux grands les turpitudes du Roi. On connaissait cette dame pour son esprit d’intrigue et de manège. Sa jalousie se comptait désormais en exemplaires vendus de son dernier ouvrage qui faisait un tabac. N’osant s’en prendre directement au Roi, la princesse dépitée s’en remettait aux mains des paparazzis et autres fouineurs de cabinet. Sa rage était à telle mesure que désormais le Roi et la princesse Gayet ne se dissimulaient plus aux yeux du monde. Et on craignait autant pour la santé du Roi que pour la stabilité du royaume...  

Lundi 24 novembre 2014

Courage, Philae !

Dans la souvent triste actualité de chaque jour, les occasions d’ouvrir une part du rêve sont assez rares  pour ne pas saluer l’exploit de la mission Rosetta. A plus d’un titre, elle semble redonner à notre humanité génie, panache, surpassement perdus. Tant mieux ! Nous voilà tous rivés à nos écrans comme il y a bien longtemps quand l’un de nous posait le pied sur le sol de la Lune, mais cette fois-là pour suivre avec émotion Philae, le fragile enfant de Rosetta se poser sur la comète Tchouri. Notre grand-père Jules Verne n’est pas très loin, ni Asimov, ni le Kubrick de 2001, odyssée de l’espace. Mais là, nous vivons en direct l’accomplissement d’une aventure humaine commencée il y a plus de vingt ans. Philae s’est posé nous dit-on de guingois. Et alors ? On nous confirme qu’il n’a pas pu se cramponner mais a rebondi plusieurs fois comme sur un trampoline sur le sol de Tchouri, avant de se poser légèrement penché... Néanmoins, il pourra prendre les photos attendues, en attendant de récupérer quelques échantillons de la comète qui contiendrait l’ADN de notre humanité. On comprendra que de tels enjeux écrasent pour une fois notre actualité politicienne, que devant cette mission Rosetta nous nous sentons tous bien petits, que les Jouyet, Fillon, Hollande, Sarkozy... nous paraissent plus légers encore que notre nouvelle icône Philae. Certes, notre Président dit s’être cramponné depuis son accession au pouvoir. On veut le croire. Mais désormais on aimerait qu’il nous adresse des photos moins floues, que les prélèvements prévus par son gouvernement ne soient pas des impôts !

Jeudi 13 novembre 2014

O Kobani !

Kobani est donc destinée à devenir une ville martyre. Une de plus, pourrait-on dire désabusé. Malgré les déclarations révoltées des puissants, malgré le feu nourri tombant du ciel, les combattants de l’Etat islamique encerclent, pour ne pas dire enserrent la ville. Face à eux de courageux combattants Kurdes (hommes et femmes confondus), prêts à défendre plus que leurs terres : l’aspiration à vivre enfin dans un pays démocratique. Hélas, ils sont bien seuls ! Pas question pour les Turcs d’intervenir, Erdogan refusant de susciter dans son propre pays des velléités irrédentistes kurdes... Mieux vaut laisser assassiner un peuple et s’en remettre à la real politique. Apparemment, la compassion n’est pas dans ses priorités ! Certes les Américains sont là avec leur force et la finesse diplomatique qu’on leur connaît... Sans eux, ce serait sans doute pire. Et engager des troupes serait ajouter à la confusion pour un résultat, on le sait, contre-productif (voir interventions en Irak, Lybie...). Alors, sans pour autant intervenir directement sur le terrain, peut-on au moins armer les Kurdes. Qu’attend-on ? La victoire de Daesh, en laissant s’installer un fascisme religieux intraitable, prêt à persécuter qui s’oppose à sa barbarie ? Il n’est pas loin le temps où on laissa mourir l’Espagne républicaine sans même lever le petit doigt. Je crains que Kobani ne soit le Madrid de 36, mais cette fois-là avec la honte d’avoir laissé se perpétrer cette infamie alors que nous avions encore en tête les lâchetés d’hie

Mercerdi 15 octobre 2014

Aux armes, citoyens !

Le retour de Sarkozy fait grincer des dents à gauche comme à droite. Dans son propre camp, les couteaux s’aiguisent : les Fillon, Juppé... et d’autres qui gardent le silence voient ce retour d’un mauvais œil. D’ici que l’ex-président, avec ses mauvaises manières fasse tout capoter ! A gauche, il semble que l’espoir renaisse. Hollande a besoin d’un Sarkozy pour rebondir. Mais Flamby rebondit-il ? Après le dos rond, les tempêtes affrontées (ou convoquées), les sondages calamiteux, les affaires de cœur, les rires en coulisses des farouches opposants du Président, voilà venue l’ombre du salut en la personne de Sarko ! Enfin Hollande va retrouver adversaire à sa taille ! Il n’aura plus à régler les problèmes de boudoir, ni même à justifier sa politique. Il défendra tout ce qu’attaque Sarkozy. Et s’il perd à ce jeu—là, il saura revêtir, comme il l’a fait déjà, son treillis de généralissime en guerre contre les Islamistes. Rien ne vaut une posture bien guerrière défendant la sécurité nationale pour rassembler un peuple. FN comme UMP suivent d’ailleurs Hollande sur ce terrain. Tant mieux ! C’est la concorde, en tout cas sur ce point ! Même Sarkozy a dû admettre que nous devions prendre les armes. Mais contre qui au juste ? Contre les juges qui le poursuivent ? Allons, messieurs, soyons à la hauteur de la situation ! Oublions ces affaires ! Pensons à la défense de la patrie !

Mardi 30 septembre 2014

Les larmes d’Achille

La France ne sera donc pas en demi-finale. Dommage. Notre équipe n’a pourtant pas démérité. 1 but pour l’Allemagne. Contre cette Mannschaft, qui n’a pas réellement brillé mais a su jouer utile et réaliste, les Bleus auraient pu tirer leur épingle du jeu en jouant plus en finesse. On ne manquait pas de bons joueurs, ni d’un bon coaching. La fraîcheur de cette jeune équipe faisait présager un beau parcours. L’inventivité aussi. Mais les dieux ont décidé de la défaite française. Le fatum a encore frappé ! Quand je parle de fatum, je pense à cette fin de match où Antoine Griezmann était en larmes. Un héros en somme, un jeune homme prometteur. Comme Achille sur le champ de bataille, il pleurait les larmes de son corps. La guerre de Troie du ballon rond est friande d’images. Les ralentis du dernier but qu’on nous repasse en boucle. La clameur des tribunes qu’un travelling balaie. Les jeux du cirque ne sont pas loin, mais sans les morts encore qu’un pénalty puisse être pour une équipe une mort subite. Au moins, même si on perd un match capital sur le terrain, on ne passe pas une presque nuit en garde à vue... Achille a tout loisir d’aller panser ses plaies. Requinqué, il sera là pour d’autres matches, d’autres victoires et pourquoi pas une finale en Coupe du Monde. Le politique, lui, quand il est mis en examen, doit s'armer de courage et interroger la Pythie sur son proche avenir.

Samedi 5 juillet 2014

Pour une fin de vie digne !

Le docteur urgentiste Nicolas Bonnemaison,  poursuivi pour « empoisonnement » de sept patients, a été acquitté. Bravo ! Pour beaucoup, c’est un soulagement, pour d’autres l’indignation et la colère dominent... La veuve d’un des patients a fait part de sa satisfaction quant au verdict. Elle espère qu’on va compléter, donc reparler de la loi Leonetti. Pour les avocats du docteur, pour nous tous, cette décision historique — le mot n’est pas trop fort — va obliger les politiques à légiférer rapidement sur la fin de vie.  Déjà des signes favorables ont été adressés par le ministre Le Foll pour faire « évoluer le cadre législatif ». Tant mieux ! Les derniers sondages montrent que les Français sont prêts à élargir la loi. Cet épineux problème n’est pas facile mais il faut l’affronter. Nous tous sommes déjà ou serons concernés par ce débat existentiel. Doit—on pour autant parler de légalisation de l’euthanasie ? Non. Une loi existe déjà, il faut l’améliorer en permettant aux médecins de l’appliquer en tenant compte autant de la volonté des malades, des familles qu’en respectant l’éthique et la déontologie. C’est en substance ce qu’exprimait Patrick Pelloux, autre urgentiste. Pour l’instant, on sent le gouvernement embarrassé. La ministre des Affaires sociales, Mme Touraine, n’a pas voulu commenté une décision de justice. Langue de bois bien sûr. L’embarras n’est pas sur le fond, car à peu près tout le monde comprend qu’il sera peu ou prou confronté à ce qu’on nomme la fin de vie. Qu’on ne peut plus fermer les yeux ou ignorer que le problème existe. Je pense plutôt que la gêne gouvernementale repose sur la peur de réitérer l’épisode chaotique du mariage pour tous et donc de voir des gens descendre dans la rue. Gouverner, c’est non seulement prévoir, c’est être capable de courage. En son temps Mitterrand su abolir la peine de mort. Hollande serait bien inspiré en marchant sur ses traces.

Vendredi 27 juin 2014

Hors jeu !

A l’instar de la Goal Control 4D (caméra qui désormais scanne les hors-jeux, les buts passant ou non la ligne du goal...), on pourrait instaurer un même système de contrôle, sinon de surveillance, pour le monde politique. Et si possible pour l’équipe au pouvoir. Une réforme par exemple n’entrant pas dans la cadre des buts ou une loi qui n’aurait pas franchi la surface de réparation ne pourraient être prises en compte. Une main qui deviendrait une main courante (qu’on aurait pu souhaiter chez Bygmalion). A défaut, une instance impartiale pourrait distribuer des cartons jaunes. Au bout de deux, le ministre (ou le Président) exclu quitterait le terrain et ne pourrait donc plus jouer (gouverner, devrais-je dire). Cela supposerait bien sûr des remplaçants de bon niveau pour les ministres, Premier Ministre et Président. On imagine Hollande hors jeu... Qui le remplacerait ? Juppé, Fillon, Copé (non, pas Copé) ? Marine ? Elle jouerait trop perso !  Pourquoi pas Sarkozy ? C’est un fonceur qui dribble bien. Trop nerveux à mon sens. Un Ribéry en somme. Je doute qu’il ne prenne pas rapidement un carton rouge. On voit vite le problème... Entre temps, Hollande sera passé par la table de massage, prêt à nouveau à en découdre sur la pelouse du stade. Mais là, il lui faudra marquer ! La caméra ne lui passera rien. Il devra s’appuyer sur son centre et son latéral gauche, ne pas dédaigner l’aile droite, dégager à l’avant. Ses supporters, cette fois, ne lui passeront rien : ils le hueront s’il perd le match ! Mais s’il gagne, il aura droit à une Marseillaise bien sentie, de celle qui tire les larmes patriotes. Il rentrera vainqueur sur son char de gagnant, aimé et populaire, et se serrera lui-même la main à l’Elysée !

Jeudi 19 juin 2014

Donne-moi ta main, camarade...

Sous les pavés la plage. Sous celle de Copacabana, je crains que ce ne soit l’inverse. Sous le soleil de la samba et sous le firmament footballistique des stars du ballon rond, dont nos hôtes prestigieux 7 fois vainqueurs de cette Coupe du Monde, se cachent la misère, la mort, les conditions de vie inacceptables dans de monstrueuses favelas que même un sport porté comme un flambeau ne pourrait effacer. Au Brésil aujourd’hui, l’agitation est certes encore très limitée et n’atteint pas le mouvement social de juin 2013. Pourtant, les manifestants anti-Mondial parlent d’une disproportion vertigineuse entre les sommes engagées à foison dans cette coupe du Monde et leur pouvoir d’achat à eux. Ils parlent aussi de corruption, un mal qui ronge leur pays. Pourtant, des tentatives ont été faites pour remettre un peu d’ordre dans le fatras des favelas (qu’on appellerait chez nous « les territoires perdus de notre république »). Une opération d’envergure orchestrée par le gouvernement brésilien a réduit de 70% le nombre de morts violentes dans les favelas de Rio. Il s’agissait de « pacifier » les favelas en vue de préparer les Jeux Olympiques prévus en 2016... Tout un programme ! Pacifier : vocable déjà connu dans notre histoire pas si lointaine... Dans cette histoire, les trafiquants, maîtres des lieux, ont dû, pour raison hautement politique, cédé la place à la police. Du coup, le nombre de décès dus à des interventions strictement policières est proche de zéro ! Sans les Jeux à venir, les choses auraient suivi leur cours. Le strass, la fête, la danse sur les plages, voilà qui ressemble à l’antique fatum qui dit qu’il faut donner des jeux au peuple. Mais lui, le peuple, sait bien que les lampions une fois éteints le renverront peupler les favelas dont on nous dit qu’elles sont désormais pacifiées !

Vendredi 13 juin 2014 

Le mufle du FN

On parle d’une vague FN en France pour les européennes et d’une vague populiste dans nombre pays européens. Ce qui signifie à long terme un affaiblissement de la communauté, voire une négation de ce qui fut l’esprit de ses pères fondateurs. A qui la faute ? On pourrait s’en prendre justement à nos élites qui se sont perdues dans des luttes intestines et des finasseries d’experts que personne n’a compris. Aux politiques en général qui ne voyaient que leur boutique, dont les programmes et les slogans étaient chargés d’arrière pensées. On pourrait s’émouvoir sur le manque de charisme des dirigeants européens qui se sont relayés, excepté les Delors qui avaient une vision mais pas assez d’appuis pour aller de l’avant. Aujourd’hui, l’Europe est essoufflée. Personne n’y comprend plus rien tant les intérêts de chacun des pays rassemblés sont et restent divergents. L’Europe serait-elle donc une utopie ? On pourrait le penser. L’ennui, c’est que sa demi-réussite a fait le lit à l’impatience des peuples et ce qui se profile comme un nouveau fascisme rampant. A qui la faute ? Sans doute aux peuples, à nous tous qui nous en sommes parfois remis complaisamment aux dirigeants dans lesquels on croyait. Aujourd’hui, le mufle du FN n’a jamais tant humé avec délectation le fruit d’un travail de sape qu’il mène depuis quatre décennies. Manifestement sa patience est payée de retour. Mais pour quoi ? Pour quelle anachronique impasse ? Voter FN, c’est se tirer une balle dans le pied. Sans l’Europe, la France — notre France, comme ils disent — ne pourrait affronter le rouleau compresseur de la nouvelle donne économique. Je ne parle pas de ce qu’il adviendra un jour si nos concitoyens persévèrent dans ce qu’il faut bien nommer un suicide collectif. Y penser me fait froid dans le dos. Dimanche sonnera-t-il le triomphe populiste ? Gageons que non.

Samedi 24 mai 2014

Tandem

Après le scooter, le tandem ! Valls et Hollande : le feu et l’eau. L’un d’origine catalane donc de sang chaud. L’autre rompu à la manœuvre et à l’esquive mitterrandienne. Voilà qui promet de beaux jours ! Il n’est pas dit qu’Hollande nous grille Valls comme Rocard fut sacrifié en d’autres temps. Car enfin, rien ne change : ambitions qui s’affrontent, jalousies et rancoeurs qui attisent les haines, croche-pieds et peaux de banane... Le changement dans la continuité, ça ne mange pas de pain. L’ennui, c’est que continuer dans le même sens donnera les mêmes résultats que précédemment. En pire peut-être. Changer les hommes, c’est bien. Mais c’est du fond d’abord qu’il nous faudrait parler. Pourquoi ne pas annoncer clairement  aux Français les mesures draconiennes qu’ils auront à subir ? Cela suppose du courage et de la volonté, de la confiance dans ses concitoyens... Je crois que les Français sont prêts à affronter ce qui est devenu inéluctable : le redressement économique et social de notre vieux pays. Mais qu’on cesse de les balader. Qu’on n’ait crainte en haut lieu de mettre cartes sur table. Les peuples sont parfois plus sages qu’on ne croit. Mais, s’il vous plaît, qu’on ne tire plus un fil ou l’autre pour entamer une réformette, ravaudant par ici de peur d’une explosion sociale par là. En mettant tout à plat, ce sera certes douloureux mais il vaut mieux tenter l’opération (avec anesthésie de préférence) que mettre un pansement sur une jambe de bois ! 

Vendredi 4 avril 2014

Barbares au Capitole

La débandade socialiste, les bons diagnostiqueurs la prévoyait. Mais à ce point ! Il faut parler évidemment de double désaveu pour ce premier tour de scrutin : désaveu de l’équipe au pouvoir qui a beaucoup déçu, mais surtout désaveu de la caste au pouvoir, Gauche comme Droite se renvoyant la balle depuis des lustres. Le ping-pong est fini. Car en votant FN, certains Français ne sachant plus à quel saint s’en remettre, décident « d’essayer » Marine. Et voilà qu’une douzaine de mairies seront bientôt aux mains du Front ! Et pour faire quoi ? La même chose — en pire — que les vaincus. On me dira : voyez Marseille ! Ah, Gaudin connaît bien son fief ! Or celui-ci est talonné de près par un tenant du Front ! Oui, mais c’est Mennucchi  qui est l’adversaire de Gaudin ! Ah bon ! Il y aura ainsi un nombre incalculable de triangulaires, ce qui supposera alliances en douce entre certains... Je n’ose imaginer les coups tordus ourdis, les vengeances communales, les Ides de Mars fébriles et intestines !... Qu’éprouver, si ce n’est un effroi sidérant au vu de ce que devient notre démocratie. Avec ces élections municipales, le Front fait une entrée virile et fracassante dans le paysage politique, estampillé bon teint par nos concitoyens. En écoutant Steeve Briois et en tendant l’oreille à la gouaille de Marine, je me disais que les Barbares étaient entrés au Capitole et qu’il faudra s’armer de beaucoup de patience pour extirper cette dérive nationaliste du cœur de notre beau pays.

Lundi 24 mars 2014

Mes cassettes ! Mais où sont mes cassettes ?

Patrick Buisson, qui a été directeur de Minute, ne peut être un agneau. Ce journal d’extrême droite n’a jamais fait dans la dentelle. Ni les moyens, ni la manière d’extorquer des informations pour nourrir ce journal — quand je parle de journal, je reste très poli — n’ont laissé un grand souvenir dans le monde médiatique. Dans l’ADN de Minute, il y a écoutes à l’insu des individus, captation de ragots et viols de la vie privée. Bref, comment Sarkozy et surtout ses plus fins conseillers ont-il pu s’en remettre à cet idéologue dans la filiation de Maurras et très marqué par son passé complice du FN ? Mystère. On dit même qu’aujourd’hui Coppée fréquente ce Buisson... Les écoutes, on connaît : Mitterrand en son temps en usa... Là, il s’agit d’enregistrements de propos échangés entre l’ex-Président et ses proches collaborateurs et ce à leur insu, autrement dit d’un viol de la parole au sommet de l’Etat. Comment croire, comme le soutien l’avocat de Buisson, que le Président aurait pu donner son aval à ce genre d’exercice ? On attend la réponse de notre ex-président... On dit aussi que Buisson n’enregistrait que pour un verbatim futur... Peut—être. L’ennui, c’est que ces cassettes-là lui ont été volées (ou dispensées à bon escient ?...) et qu’elles échappent de fait à leur primo-détenteur. Buisson doit se rogner les ongles et clamer haut et fort, tel un pâle Harpagon : « Mes cassettes ! Mais où sont mes cassettes ! » Tout cela pourrait être farce. Et l’on frémit rien qu’en pensant que nos énarques et l’ex-président ont fait la preuve d’une coupable légèreté en laissant pénétrer dans les salons de l’Elysée un loup comme Buisson.

Jeudi 6 mars 2014

La courbe du chômage selon Ubu

On se croirait parfois dans Ubu roi ! « La courbe du chômage est sur le point de s’inverser » mais ne s’inverse toujours pas, « un frémissement au niveau de l’emploi semble se dessiner » mais se profile difficilement. « Dans peu, nos entreprises devraient voir le bout du tunnel » : l’obscurité s’éclaircit certes mais la lueur paraît bien pâle... Derrière le galimatias de nos bons politiques se cache une impuissance à peine déguisée. Le bon docteur Sapin n’ose plus commenter les chiffres mensuels, d’autant quand ils remontent. L’opposition — enfin celle qui ne chicane l’os du voisin — semble aussi démunie que le gouvernement. Aux dernières nouvelles, la courbe du chômage s’envolerait dans une spirale à contre—sens, ce qui laisse augurer que le retour du plein emploi serait prévu pour 2016. D’ici là, il nous faudrait continuer à vivre, à gouverner, à supputer un avenir meilleur, à chômer — cela va de soi — en attendant des jours meilleurs. Plaisanterie mise à part, face aux Diafoirus de l’information et au déferlement de leurs amphigouriques commentaires, que reste—t—il pour espoir au citoyen chômeur ? Même plus de larmes pour pleurer. La rage, peut—être, avec le goût amer de ne pouvoir entrer dans une vie sociale normale. Des jeunes, beaucoup de jeunes, qui se demandent s’ils commenceront un jour leur vie d’adulte. Dur, dur. Et il faudrait aller voter, sachant qu’aucun de nos futurs élus ne changera vraiment le fond des choses. Ubu à une époque était franchement drôle. Aujourd’hui, il donne le tournis et a troqué ses habits de parade pour une redingote kafkaïenne !

Jeudi 27 février 2014

Valls en majesté

Retour du Mexique où j’ai traîné mes guêtres dans le Chiapas, là où le sous-commandant Marcos est honoré comme un héros et après avoir révisé la révolution mexicaine de Zapata et de Vila, j’ai dû atterrir rudement : sur mon petit écran, le petit Valls, qu’on avait invité, jouait les matamores aimables ! J’étais bien loin des figures historiques qui derrière eux avaient laissé l’odeur de poudre mêlée de liberté ! Le petit Valls sur mon petit écran devenait minuscule... De plus, ce garçon bien élevé ne haussait pas le ton. Plus de coups de menton, plus le ton ferme qu’on lui connut il y a peu alors qu’il nous parlait des Roms... Très vite, il fut admis (par mon cerveau pourtant fatigué du voyage) qu’il nous faisait un numéro de com. Un numéro de charme en somme. Il prenait une sorte d’avance sur tous les autres qui tentaient d’exister. Car Valls est de ces bêtes politiques qui caracolent (et pas uniquement dans les sondages). Vous me direz : c’est déjà ça. Ce n’est pas si facile d’être populaire pour un ministre de l’Intérieur. Dans les années 70, Marcellin et Poniatowski étaient voués aux gémonies. Ils étaient proprement haïs. Comme Fouché et bien d’autres, tous ignobles Javert prêts à rogner nos libertés acquises. Les temps changent. Le petit Valls est lisse, sympa, considéré et tout, même s’il n’en fait pas plus que d’autres. Ses résultats ne sont ni pires ni meilleurs que ceux de ses prédécesseurs. Mais il est là, toujours présent, sur les écrans surtout, à l’instar de Sarko qui sut se faire un nom au même poste. Est-ce le pouvoir suprême que vise Valls ? Il semblerait. D’où le ton bienveillant du petit Valls qui sait qu’on ne séduit qu’avec du miel. Le culot, il en a. Je crains que pour autant il lui manque une chose : l’épaisseur. Mais rien ne dit qu’on ne choisisse un jour prochain un président léger, léger, léger...

Lundi 10 février 2014

Du bon usage du scooter

Le scooter, on le sait, permet non seulement de slalomer mais de se faufiler dans le trafic à seule fin d’aller vite. Dans la jungle des villes, on ne peut le bouder : il donne à son propriétaire une grande liberté. De plus, on ne circule que casqué, souvent bien protégé du froid et des chocs divers, presque invisible, pour ainsi dire incognito... Il n’est donc pas aussi extravagant que notre Président ait adopté ce mode de véhicule. En politique, il a su avancer à visage couvert, jouant l’homme normal, blagueur et amuseur  dans les banquets républicains à la manière d’un radical-socialiste, entre la poire et le fromage. Slalomer semble donc dans ses cordes. On l’a vu lors de sa conférence de presse : fonceur, mais esquivant ce qui risquait de le freiner dans ses réponses aux journalistes. Donc, le scooter lui allait comme un gant. C’est en tout cas ce qu’il pensait. Erreur : il y eut Closer dont il ne faut gloser. Le tapage médiatique n’a pas fini de dénoncer dieu sait quelle faute de goût dont notre Président aurait été coupable. A cela je réponds : ne peut-il s’égayer ? Son intrigue amoureuse fait certes un peu désordre mais que cherchent donc tous les tartuffes qui s’égosillent ? Tenter de profiter, sinon d’une faute de goût, mais d’une légèreté à des fins politiques ? L’image du Président volage et amoureux rappelle d’autres affaires dont on est tant prodigue en France... C’est dans notre pays que des auteurs comme Labiche, Feydeau, tant d’autres encore ont triomphé. Cet épisode d’alcôve aurait évidemment gagné à demeurer privé. Hélas pour Hollande et pour l’encore première dame : la feuille de papier closets a jeté en pâture leur trop humaine intimité !

Samedi 18 janvier 2014

Vals à contretemps

Faut-il interdire le spectacle de Dieudonné ? Non, bien sûr. Ce serait le faire entrer dans la victimisation, lui qui frise déjà la parano quand il affirme dur comme fer que nous vivons tous sous l’horrible joug sioniste. Ce serait surtout lui faire beaucoup de pub et donc attirer curieux et autres olibrius en mal de castagne ou renommée. Dieudonné se dit antisioniste, ce qui est bien sûr son droit. Il peut même le proclamer et en faire un show humoristique. Pourquoi pas ? Le problème, pour ne pas dire le hic, c’est qu’il se livre avec une certaine volupté à des débordements antisémites, n’hésitant pas à mettre en cause un journaliste de France Inter et ne dédaignant pas de proférer de douteuses saillies sur les chambres à gaz qu’il faudrait regretter selon lui... Bien sûr, il y a de la provocation chez Dieudonné, un humour noir, franchement ravageur. Il y a plus : quelque chose qui ressemble à du ressentiment qu’il masquerait sous un humour limite. Comment ne pas penser à ce courant antisémite qui connut son point d’orgue en France avec l’affaire Dreyfus pour ressurgir au cours des années 30 et se concrétiser funestement avec l’Etat français du maréchal Pétain ? On croyait le monstre vaincu. Mais non ! Perdure toujours dans notre douce France cette peste qui apparaît comme une épidémie, que des agents sortis de leur sommeil propagent avec vigueur, déguisés, maquillés sous d’autres oripeaux mais reprenant toujours la même antienne. C’est un fait. Il faut donc inlassablement l’endiguer. Interdire le spectacle de Dieudonné ? Non, car on toucherait à la liberté d’expression. Mais le poursuivre pour ses propos antisémites, ça oui, il faut le faire. C’est la loi. Il faut en l’occurrence l’appliquer sans délai et sans le moindre apitoiement. 

Vendredi 3 janvier 2014

Ah, cette anomalie qu’est l’homme !

Il est de ces déclarations qui font froid dans le dos. On en entend ici et là des vertes et des pas mûres. Mais là, voilà qui laisse pantois ! Dernièrement (cela date de deux ou trois jours) l’un des gourous-olibrius de Google a déclaré d’une voix docte : « La vie privée est une anomalie ». Oups ! Voilà qui nous rappelle les pires moments de la période totalitaire, qu’ils soient nazis ou communistes. L’instinct grégaire, c’est justement ce que les sieurs Hitler, Mussolini, Staline flattèrent tragiquement. Aujourd’hui, il semble sinon mener le monde du moins largement inspirer les prophètes du Net... Proférer sans ambages une telle énormité ne semble pas avoir choqué grand monde, comme si tout pouvait être dit du moment que l’on traite de la « communication de demain ». La communication, encore un mot qui fait florès, qu’en d’autres temps on traduisait par : propagande. Aujourd’hui, le conditionnement se veut résolument feutré, subliminal, d’autant plus dangereux qu’il ne heurte plus personne et qu’il semble intégré par nos consciences lasses ou endormies. La fascination de l’écran – TV, PC, jeux vidéos – nous abrutit inéluctablement. Souvent, on en ressort groggy, décervelé comme d’un match de boxe. Nous vivons tous comme des moutons, n’écoutant plus que les sirènes qui nous séduisent par leur accès facile et ô combien ludique, en oubliant qu’un jour nous entendrons les chiens. Pas les chiens de berger ! Non, ceux qui chasseront les plus conscients d’entre nous tous qui auront échappé au Grand Programme de la Toile. On devrait se méfier d’un tel mot : une toile peut être d’araignée et donc on peut s’y engluer et y mourir. Il sera temps alors de dire que l’Homme lui-même est une anomalie. Une drôle d’anomalie puisque qu’il ne sera plus !

Vendredi 13 décembre 2013

Mandala pour Mandela

C’était au temps de l’apartheid, un régime ségrégationniste qui pourchassait les Noirs parce qu’il les regardait comme des sous-hommes, un système ayant fait florès dans les démocratiques USA... C’était au temps où Nelson Mandela, premier Noir à devenir avocat en Afrique du Sud, avait été jeté en prison pour de longues années. De sa prison, il poursuivait la lutte. Il avait foi en ses idées qui devaient triompher et qui ont triomphé. Le colosse magnifique, du fond de sa cellule, livra ce qui resta le combat de sa vie : la lutte pour les Droits des Noirs à devenir des citoyens à part entière. Ce qu’ils devinrent grâce à son opiniâtre volonté et sa ténacité sans faille. C’était au temps où je lisais les grands romans de Brink qui nous donnaient le pouls de la patrie de Mandela. Puissants romans, violents et courageux, mais qui restituaient l’insoutenable vérité. Brink fut de ces éveilleurs Blancs qui dénoncèrent l’inqualifiable et qui durent s’exiler pour leurs écrits. Breyten Breytenbach fut de ceux-ci aussi. D’autres encore partagèrent ce combat en y laissant la vie. Des femmes, des hommes, Blancs, Noirs, sans distinction de peau. Tout nous paraît si loin et pourtant combien proche ! C’était au temps où tous ces écrivains faisaient une halte chez Pivot, qu’on écoutait religieusement parce qu’ils disaient la vérité d’Afrique du Sud. Brink, c’est un peu le Soljenitsyne du Cap qui nous aida à ouvrir grand les yeux et à combattre les racistes. Pour revenir à lui, il est une anecdote qui, à elle seule, résume le grand combat que menèrent Blancs et Noirs contre ce satané système. C’est celle de Mandela qui dit avoir gardé espoir dans le plus noir de sa geôle en lisant qui ? Je vous le donne en mille : André Brink lui-même !

Vendredi 6 décembre 2013

La chanson des vieux amants

Agés chacun de 86 ans, Bernard et Georgette ont été retrouvés morts, couchés dans un lit, main dans la main, dans une chambre du Lutetia à Paris. Apparemment, ils se seraient donné la mort par asphyxie. Ils s’étaient rencontrés à Bordeaux après la guerre. Un couple d’intellectuels : lui, haut fonctionnaire, économiste et philosophe, elle, prof de lettres et de latin et auteur de livres scolaires. Ils vivaient en région parisienne. Le geste – ou la geste – de nos deux octogénaires est bien sûr à replacer dans l’immense et difficile débat sur le droit à mourir dans la dignité. Bernard et Georgette ont laissé deux courriers pour expliquer leur geste : un au Procureur de la République et un à leur famille. Dans un des courriers de Georgette, elle dit sa fureur de « n’avoir pu partir sereinement, la loi ne permettant pas d’accéder à une mort douce ». Tout est dit dans ces quelques mots, simples et terribles. Nos autorités compétentes devraient bien s’inspirer de la tranquille détermination de nos deux octogénaires. Cette mort, on le voit bien, ne saurait être assimilée à un suicide. Cela semble s’apparenter à une ultime protestation. On pense à la paisible sérénité d’un Socrate, à la superbe des Stoïciens. Cela n’aura sans doute pas échappé à Bernard et Georgette. Et puis, surtout, il y a l’amour démesuré de ces deux là, qui ne suscite qu’une splendide sidération mêlée d’admiration, qu’élévation dans la beauté face à l’immense chagrin qui nous accable : le malheur d’être né. Gageons que nos amants gambadent désormais dans les verts pâturages avec des livres sous les bras et une fleur aux lèvres. 

Mercredi 27 novembre 2013

Malala Yousufzai, militante aux mains nues

On a appris il y a peu que la jeune et courageuse Pakistanaise Malala Yousufzai n’a pas reçu le prix Nobel de la Paix. Peu importe ! Elle n’a pas besoin de médaille, encore moins de gloriole pour s’engager dans ce qui lui paraît juste et noble. Elle a tout simplement des convictions ! A seize ans, elle veut s’affirmer comme une femme libre. Bravo ! Voilà qui fait chaud au cœur ! Tiens, tiens, ces jeunes, ils ont aussi des idées ! Bigre, voilà qu’une leçon de hardiesse, de courage, de détermination nous vient d’une région du monde où règne la folie assassine des hommes. Voilà qui donne à méditer ! Malala décidé de mener un long combat pour le droit à l’éducation pour toutes les jeunes filles de son pays. Malgré les menaces et contre toute prudence ! Après avoir été à deux doigts de mourir suite à une agression sauvage d’un groupe taliban qui ne supporte pas l’émancipation féminine (qui sans doute lui fait peur) elle  a voulu faire de sa vie une lutte pour l’émancipation de ses concitoyennes. Militante juvénile, notre pasionaria du Pakistan a la vie devant elle. Je l’inviterai néanmoins à beaucoup de prudence. Les Talibans sont non seulement des « fous de Dieu » comme on le dit souvent complaisamment mais de dangereux assassins. Ils ont failli avoir la peau de Malala. Ses prises de position ont reçu certes l’approbation des autorités de son propre pays, voire internationales. Mais qu’on veille sur elle. On sait comment finissent souvent ceux qui portent fièrement le flambeau du progrès. La folie, la bêtise, le fanatisme sont toujours là en embuscade pour faire désespérer de notre triste humanité.

Vendredi 18 octobre 2013

Vers la fin de l’Europe ?

L’Europe est-elle en voie de désagrégation ? Après avoir été « en panne », comme l’on scandé tous nos commentateurs, la voilà « en sursis ». Certains disent même qu’elle est en état de mort avancée. Une chose est sûre : rien ne va plus entre les citoyens européens et tous leurs eurocrates. Ce projet collectif, qui devait faire du continent européen une puissance économique et politique, et dont les pères croyaient possible, ce grand dessein paraît en 2013 exténué, en bout de course, paralysé par trop de désaccords que partagent ses membres. Son impuissance semble notoire, pointée du doigt par des observateurs aigus et compétents comme Delors, Rocard, voire Attali. Beaucoup – de plus en plus nombreux – s’accordent à dire que l’impuissance qui la ronge lui a fait pondre un œuf de serpent. De partout en Europe les populismes montent, gagnent du terrain, faisant leur nid dans la colère des peuples qui ne supportent plus leurs dirigeants. Pourquoi ? Ces mêmes dirigeants ont trop souvent rendu l’Europe responsable des crises nationales. Juste retour de boomerang : de s’être défaussés souvent et lâchement sur l’Union, ils en ont oublié qu’ils étaient les premiers artisans de l’Europe et que sans volonté de bâtir cet espace, les peuples lassés d’être baladés sont devenus sceptiques, voire plus, hostiles, et qu’une majorité d’entre eux semble se retrouver pour retomber dans le bercail de la sainte Nation, seul antidote au malheur qui les frappe. En France, le FN surfe sur cette colère rentrée du peuple qui voit dans cette funeste Europe l’image de son propre déclin. On craint d’ailleurs que cette même colère ne tarde à s’exprimer dans le secret des urnes, à commencer par les Municipales, voire les Européennes. Si, au niveau européen, une force anti Europe (qui se profile déjà) voyait le jour lors de ces élections, on peut penser qu’elle ferait tout pour saper les fondements de l’Union et que celle-ci ne vaudrait plus très chère. Adieu alors à ce qui était une des plus belles idées du 20ème siècle,  préfigurée par notre visionnaire Hugo !  Si cette aventure advenait, les partis populistes prendraient le pas sur les partis démocratiques rendus à leur déliquescence. Je n’ose imaginer la suite...

Vendredi 11 octobres 2013

Honte à l’Europe !

A force d’atermoiements, d’incapacité à se mettre au travail pour traiter du problème des migrants, les Européens par leur placidité, leur impuissance sont responsables de la dernière tragédie de Lampedusa. Ce n’est pas le premier naufrage qu’on vit à Lampedusa ! Ce n’est pas faute non plus d’avoir alerté les autorités européennes, et le Pape lui-même venu en personne dire tout le mal qu’il pensait de cette honteuse situation ! Mais non, il nous fallait à nous Européens un autre drame ! L’embarcation transportait nous dit-on 400 à 500 migrants. Aux dernières nouvelles, 200 personnes sont portées disparues, 155 ont été sauvées, 111 corps ont été retrouvés. Les chances de retrouver d’autres migrants vivants deviennent minimes  au fil des heures... Bon sang, que fait l’Europe pour mettre en place une seule et même politique migratoire ? Où sont les décisions qui devaient être prises ? Nulle part ! Sur le fond, on comprend bien que l’Italie fait de son mieux. Mais à Lampedusa, où aujourd’hui toute la misère du monde vient se noyer, il n’y a plus de place. Les morts arrivent, encore, toujours, transportés par les secours en mer. Le maire de l’île est effondré. On le serait à moins ! La tragédie de cette île, promontoire de l’Europe, pose une fois de plus la question des migrants attirés par la corne d’abondance de l’Europe. Sans politique volontariste, on risque de voir hélas se répéter de telles tragédies. 200 personnes portées disparues, 155 sauvées, 111 corps retrouvés... Même lamento répercuté hier sur toutes les chaînes et les radios ! Ce déferlement de dépêches a quelque chose d’obscène ! Dans huit jours, je le sais, on n’en parlera plus ! Enfin, jusqu’à une autre tragédie ! L’actualité avale les tragédies comme un insatiable Moloch quand elle ne les enfile pas comme des perles ! Je sais aussi que certaines âmes ne manqueront pas de dénoncer la mollesse des commissions, si compliquées et si lointaines dans les locaux européens de Bruxelles. Après le bruit, il y aura le silence. Tout reprendra son train. Chaque gouvernement déclarera être impuissant à gérer seul ce problème crucial.  Et les migrants continueront à s’échouer, morts ou vivants, sur les rivages européens !

Vendredi 4 octobre 2013

C’est pour mieux te manger mon enfant !

Beau tintamarre à droite ! C’est à qui montrera qui est capable de faire alliance avec le loup. Le loup, c’est le FN, pas le grand méchant loup. Nous ne sommes plus dans un cartoon ou Walt Disney. Ni dans un jeu de rôles. Non, nous touchons le fond. De plus en plus de militants UMP (60%) appuient le rapprochement de la droite dite républicaine avec le FN. Marine s’est certes habillée pour la circonstance (Municipales obligent) en grand-mère gâteau qui ne veut que du bien à notre beau pays et aux petits Français (et quand elle dit Français, on comprend bien de qui elle ne veut pas parler). Son opération séduction marche du feu de dieu. Tirez la chevillette et on sera élu ! Comment ? Ҫa c’est une autre histoire ! A trop jouer avec le feu, on risque de se brûler non seulement les doigts mais le bras tout entier. Les caciques de l’UMP devraient relire Le singe et le chat du grand La Fontaine. Quand l’un s’attèle à tirer les marrons du feu, l’autre en profite pour les croquer. Ce jeu de dupes est non seulement malodorant mais contre-productif. Complaire à son électorat est certes la tentation. C’est aussi le signe que plus rien ne va plus au sein de notre Droite. A sa façon, Sarkozy et son ami Buisson, ont levé l’interdit. Copé, Fillon et d’autres ont décidé de creuser le sillon. Face à une Gauche qui se délite, on assiste aujourd’hui à la mort d’une Droite classique dont rien ne dit qu’elle ne finira pas par perdre l’âme qui était sienne. Alors viendra le temps des théories musclées, des nervis assassins... « Grand-mère, pourquoi as-tu d’aussi grandes dents ? » demandera Copé sans chaperon. « C’est pour mieux être élue ! » lui répondra Marine.

Vendredi 20 septembre 2013

Le sang des peuples

A quelle partie de cartes sanglante assistons-nous ? D’un côté, Américains, Français... quelques autres dont les Turcs, sont prêts à frapper le Syrien en plein cœur ; de l’autre, les raminagrobis du non à toute intervention : Russes et Chinois en tête avec, ici et là, de pâles Européens. De qui se moque-t-on ? La preuve est quasi faite que le bourreau a bien gazé son peuple, qu’il a enfreint non seulement les lois internationales en vigueur mais qu’il a dépassé aussi les bornes de l’inhumain ! Faut-il prendre des gants et le traiter comme un confrère ? Il s’est lui-même mis au ban de notre humanité. Mais voilà : certains croient avisé et pertinent de refondre le monde. Donc, le joueur Poutine a sorti de sa manche une nouvelle carte. Habile homme, inflexible despote, bourreau à l’occasion d’un peuple et d’un pays – la Tchétchénie - il fait aujourd’hui même la une des journaux, provoquant même un rien d’admiration feutrée chez nos curieux commentateurs. Où allons-nous ? Le nouveau tsar finit par mettre dans sa poche, grâce à ses mines de séminariste orthodoxe, des journalistes disons sensés. Il semblerait qu’Obama et Hollande soient bel et bien roulés dans la farine russe ! Pour quel gâteau ? La géopolitique, le cynisme ont certes leur mot à dire. Mais tout de même ! Dans quel imbroglio nous sommes-nous engagés ? Même si chacun s’accorde à dire qu’il faut faire quelque chose, ne faisons pas n’importe quoi ! A tout le moins, hormis toutes les rodomontades de part et d’autre, il se peut bien que le rusé Poutine sauve la mise à Obama et à Hollande. La porte de sortie diplomatique du contrôle des armes chimiques en Syrie est grande ouverte. Obama, qui sait que son Congrès et surtout les Américains sont franchement hostiles à une intervention, voit là une planche de salut. Mais Hollande ? Il dit et répète à l’envi qu’il ne veut pas y aller seul, mais risque très bientôt d’être bien seul. Alors ? Est-ce dire pour autant qu’il a tort ? Nenni. Mais il est seul ! La real-politique mène hélas le monde. La morale, le droit d’un peuple à vivre en paix - voire à survivre, ne sont pas importants. Battons les cartes une fois de plus et refaisons le monde ! Avec bien sûr le sang des peuples !

Mercredi 11 septembre 2013

C’était la Gauche...

La nostalgie nous prend quand on regarde ce que la Gauche est devenue. La mort de Pierre Mauroy nous le rappelle cruellement. Avec lui, c’est la Gauche qui s’en va : celle qu’on aimait, qui portait haut et loin les idées progressistes de la France. Avec lui, c’est aussi le courage de tenir ses promesses qui s’en va. Le 10 mai 81, quand Mitterrand accéda au pouvoir, ce fut une grande et belle bouffée d’oxygène pour la France. Nommé Premier ministre, Pierre Mauroy, petit-fils de bûcheron et fils d’instituteur, est un homme du Nord. Jovial, généreux, partageux comme un chti, il est (au sens sartrien) de gauche : culturellement, viscéralement, je dirais même intrinsèquement. Il connaît la souffrance des petits, les difficultés du monde ouvrier, ce que signifie se tuer au travail. Bref, il n’a rien du produit politique-ENA clé en mains ! Il fait partie du peuple et rêve d’une France fraternelle et juste. Y travailler sera son ambition. Porté par ses idées, le socialisme, il entreprend les grandes réformes dès la première année : la cinquième semaine de congés payés, la retraite à soixante ans, c’est lui. L’abolition de la peine de mort, la décentralisation, les radios libres, la place de la Culture avec Jack Lang..., c’est aussi lui. Pierre Mauroy, c’est l’histoire qui s’écrit. Porté par des idées, il entame des réformes importantes. Mais le courage - le cœur - est là, contrairement à aujourd’hui... Pour Pierre Mauroy, qui appartient autant au monde d’Hugo qu’au pavé de Vallès, la Gauche, c’était une geste qui devait rétablir l’égalité entre les hommes, la solidarité entre Français. Grand homme d’Etat, il sut convaincre Mitterrand de la nécessité de la rigueur avec un Jacques Delors aux manettes de l’Economie. Il fallait du courage pour prendre une telle décision : il la prit, sachant fort bien qu’un tel tournant serait reçu comme une trahison par les siens. En le perdant, on se prend à se dire : « Mauroy, c’était la Gauche ». Notre Président (de gauche ?) serait bien inspiré, à la faveur de cette disparition, de faire sérieusement son examen de conscience. Mais le peut-il, sachant qu’on l’assimile plus volontiers au monde du Petit Chose qu’aux barricades des Misérables ?

Samedi 8 juin 2013

O saudade de l'An II !

Nous y voici : Victor Hugo à la rescousse d’Hollande ! L’an II du quinquennat a été proclamé lors de sa conférence de presse. Sans affirmer que sa première année fut une Bérésina, il faut admettre qu’elle fut une morne plaine. Napoléon fut vaincu par la neige. Hollande, c’est la pluie. Une excuse cependant : à Austerlitz, il y avait du soleil. Mais pour Hollande, depuis un an, un vrai déluge. Je ne parle pas d’un déluge de critiques, ni d’un déluge de manifs : non, je parle des larmes du ciel qui semblent répondre à celles des chômeurs, des sans abris, des sans papiers... des sans tout court. Est-ce un présage ? Ouvrira-t-il le parapluie si le chômage perdure ? Un remaniement, il le sait, ne servirait à rien, d’autant qu’il fâcherait certains... Or, le soldat Hollande ne veut fâcher personne. Ainsi, pendant sa conférence de presse, il s’est montré décontracté, souriant, enjoué mais tout autant martial et volontaire. L’ennui, c’est que même ses sourires ne rassuraient personne. Il nous montrait un cap mais qu’il est seul à voir. Bigre de bigre ! Doit-on aveuglément le croire ou battre la retraite ? Le général Hollande a certes foi en lui, mais qui nous dit qu’il ne s’embourbe pas comme l’Aigle en Sibérie ? Suivant son show à la télé, je l’ai senti bien seul. Déjà, pendant l’an I, certains ministres lui firent défaut : il attendait Grouchy et ce fut Cahuzac ! O saudade de l’an II ! Les plus roses pronostics nous disent que 2013 sera calamiteux. 2014 idem, bicentenaire pile poil de l’abdication de Napoléon et de son départ pour l’Ile d’Elbe. Peut-on encore sauver le soldat (sou)-riant et donc nous sauver ? Revenons à Hugo : « Il neigeait, il neigeait, l’empereur était vaincu par sa conquête... » C’est du grand art ! Mais si vous remplacez la neige par la pluie, tout se détraque : vous êtes tenu de sortir le k-way, ce qui en fout un coup à l’épopée !

Samedi 18 mai 2013

Le mausolée des Cons

Qu’est-ce qu’un con ? Vaste question ! Etymologiquement : « qui va avec ». Mais avec quoi et surtout avec qui ? C’est là que le brouillage commence... A droite, à gauche, au centre. Les extrêmes sont pas mal dans leur recrutement... La politique comme l’art, la religion a aussi ses adeptes...On peut ainsi être aux manettes et l’être, comme on en trouve au café du Commerce... On a tous le nôtre de Mur, pas forcément sous forme d’affiches dans un local syndical... et on le sait assez fourni ! Chaque jour, il s’allonge d’un nom, voire de deux ou trois noms. Exemple : quand on regarde la télé, on en fait provision d’abondance. Certaines chaînes sont spécialistes. C’est sans doute là qu’ils trouvent à exprimer au mieux leur singularité. Les jeux télévisés sont leur havre de gloire. Il y a aussi à la radio, mais là on ne peut pas les voir. On les entend, ce qui nous ouvre d’autres horizons... Mais leur meilleur terrain de jeu, c’est la vraie vie. Et là, c’est leur apothéose ! Au bistrot, dans la rue, au volant, au guichet de la poste, là ils semblent faire chorus et se liguer pour faire front... Qu’on m’entende, qu’on comprenne : ils vous demanderont toujours un peu de com-passion, chercheront votre com-pagnie, com-ploteront pour qu’on ne parle que d’eux. Comble du comble : ils s’excuseront même de n’être que ce qu’ils sont. Pour ce qui me concerne, il m’arrive parfois de rajouter mon nom au Mur, non par auto-flagellation mais par lucidité. Je tente bien sûr de le gommer en me montrant plus con-vivial et plus con-fiant en la nature humaine. A tort. Il m’arrive de rêver à un grand mausolée où même nos gloires et héros nationaux pourraient y figurer. Nous avons bien le Panthéon, l’Académie française, l’ENA, le Centre Pompidou. Pourquoi ne glorifierait-on pas l’illustre Compagnie ? Brassens à sa façon a su le faire : même les neiges d’antan en étaient bien pourvues !

Jeudi 2 mai 2013

Barjot, jobards and Co

Mariage pour tous ou non ? Les Barjot et autres défenseurs de la Sainte Famille semblent vouloir jouer la montre et renverser en leur faveur l’opinion des Français qui, il y a peu encore, étaient largement favorables à l’élargissement du principe du mariage.  Mais depuis quelque temps, les « anti » ont repris du poil de la bête, usant de leur liberté de parole d’un plateau de télé à un autre. Des manifestations sont annoncées ici et là. Leur impudente pasionaria a même prédit « du sang » au pouvoir hollandiste. Holà ! Serions-nous revenus aux guerres de religion ? Hélas, des extrémistes sectaires semblent tenir le haut du pavé, n’hésitant pas à remettre en question les bases de la démocratie ! En fait, ce que recherchent les « anti-mariage pour tous » c’est la confrontation brutale, voire la bavure qui pousserait Hollande à procéder à un référendum où tout serait remis en cause. Déjà, on parle dans les sondages d’une majorité plus circonspecte de Français sur la question. Si on devait passer par un référendum, rien ne dit qu’un oui franc et massif aurait des chances de l’emporter. On peut même dire, quand on connaît l’esprit frondeur, incorrigible de nos concitoyens, qu’il y aurait fort à parier que le non l’emportât. La précipitation à faire voter le texte montre il est vrai aussi un manque de sang-froid et une sainte trouille que l’affaire dégénère. Que faut-il faire ? Lâcher une nouvelle promesse de campagne – emblématique celle-là – pour retrouver la paix sociale ou s’armer de courage et laisser le Sénat faire son travail démocratique ? Pour ma part, je ne lâcherais pas, non pas uniquement pour honorer une promesse faite mais parce qu’un tel texte après bien des débats a vu le jour, qu’il ouvre à des concitoyens (qu’on ne considérait pas totalement comme tels) des droits égaux aux nôtres.

Mardi 16 avril 2013

Quelle république irréprochable ?

L’affaire Cahuzac jette un sérieux doute sur les mœurs du pouvoir hollandiste. Où sont donc les déclarations grandiloquentes de la campagne ? Et où est la volonté de rendre la république irréprochable ? On aimerait croire que ni François Hollande, ni Ayrault, ni Manuel Valls n’étaient au courant de la « double vie » du ministre du Budget. Voilà qui pourtant sème plus que du trouble dans les esprits mais une réelle suspicion : ou nos hauts dirigeants étaient naïfs, voire incompétents de n’avoir rien su sur les placements financiers et l’itinéraire de Cahuzac fréquentant des affidés du Front National, ou – ce qui est pire – ils ont couvert les choses, pensant que Médiapart ne serait pas suivi et que l’affaire n’irait pas à son terme... L’incompétence, certes, ne rassure pas, mais l’indignité encore bien moins. Nous sommes là devant une crise extrême. Il en va de la crédibilité de tout l’Exécutif, à commencer par le Président qui semble être mis à mal, voire soupçonné des pires manœuvres. En plus, comme une antienne, revient une sorte de soupçon quant à l’autorité même du chef de l’Etat. Car comment Jérôme Cahuzac a pu mentir « droit dans les yeux » au Président ? Comment a-t-il menti à ses collègues au sein du Parlement ? Si autorité il y avait, on doute qu’un ministre aurait osé défier les règles de la République. Beaucoup de suspicion, de doute, de malaise donc entoure cette incroyable affaire. On peut se réjouir que la justice ait pu faire son travail (ce qui n’était hélas le cas avec le pouvoir précédent) mais la démocratie pour fonctionner s’en trouve du coup éclaboussée, ce qui bien sûr donne des armes aux populistes de tous poils. Serions-nous retournés dans les calamiteuses années trente où nos démocraties battaient de l’aile et où chômage, faillites financières, crise morale due en partie à la faiblesse de nos élites nous préparaient l’apocalypse ? On voit bien aujourd’hui que le mal est profond, qu’il n’est pas seulement en Grèce, en Italie...Il est aussi chez nous, prêt à saper les fondements de l’exception française.

 Vendredi 5 avril 2013

L’état de la France

Pauvre France, disait souvent ma mère qui révélait ainsi un sens bien français du fatalisme. Mais de quelle France parle-t-on ? Celle éternelle et fantasmée ou celle qui, aujourd’hui,  doit affronter la mondialisation ? Les nationalistes du FN se gargarisent à l’évidence de la première. Mais pour tous ceux qui savent que le pays aborde une ère nouvelle, peut-être est-il utile de s’en remettre aux géographes et démographes... Selon l’étude d’Hervé Le Bras et d’Emmanuel Todd, intitulée Le Mystère français, qui doit sortir prochainement en librairie, la France offre aujourd’hui un paysage sociologique doublement paradoxal. D’abord, deux profils différents de notre pays se dessinent : celui de la France qui s’en sort (Bretagne, Sud- Ouest, Alsace, Rhône-Alpes) et celui d’une France qui vacille (Bassin parisien, Nord, pourtour méditerranéen). Il s’agirait, selon nos deux éminents démographes, de deux attitudes face à la mondialisation : ainsi la dimension « doctrinaire » du catholicisme se révélerait être, une fois laïcisée, une protection contre la crise alors que dans les zones porteuses historiquement de l’égalité, autrement dit de la Révolution, cet héritage renforcerait l’isolement des faibles... Aussi pertinemment, nos deux auteurs soulignent-ils que les anciennes provinces de tradition chrétienne sont désormais à gauche alors que celles d’obédience communiste ont basculé à droite ou au FN. Est-ce à dire que les anciens clivages sont morts et qu’il faut repenser la France ? Oui et non, car on sait bien que ce qui couve n’est jamais apparent. Ainsi, la dernière presque-victoire du FN dans l’Oise peut alarmer plus d’un. A commencer par moi qui vois dans cette percée un signe avant-coureur. S’il n’était question que de l’Oise ! Dans l’Aude, à Castelnaudary, fief socialiste depuis des lustres, nous atteignons les 20 % FN ! Je voudrais bien sûr me tromper. Attendons les Municipales : elles nous diront si l’on doit être rassuré ou non.

Mardi 26 mars 2013

De l’art et du cochon

Quand on est un homme (ou une femme) public, jusqu’où s’appartient-on encore ? Quelle part de liberté nous reste-t-il et qu’en est-il de notre dignité ? C’est ce que pose entre autres comme épineuses questions le tout dernier opus de Marcela Iacub qui paraît ces jours-ci, quoique avec un peu de retard (dû à ses aventures judiciaires) sous le titre Belle et Bête. L’homme public, c’est DSK, mais cette fois-là avec la tête (pour ne pas dire plus) placée sur le billot féministe de l’auteure. Madame Iacub est, nous dit-elle, tombée amoureuse d’un porc, et ce tout juste après l’affaire du Sofitel dont on a tant parlé... Soit, admettons : on ne contrôle pas ses sentiments, ni toujours ses désirs. Pousser pourtant le pion jusqu’à payer de sa personne à seule fin d’en faire un bouquin (tout bien écrit soit-il) laisse pantois... Mais est-ce bien d’un livre dont il s’agit ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un objet pseudo-littéraire, basé sur une enquête (de première main) dont l’auteure prévoyait qu’il serait acheté, lu, dépecé et commenté puisque s’appuyant sur l’artifice roué d’une transgression mêlant le sexe et le machisme d’un homme de pouvoir. Il apparaît à l’évidence que DSK, sortant de sa réserve, a été sans nul doute trompé et amplement manipulé. Que sans jamais être nommé, il est mené manu militari sur la place publique, nu, dépouillé de tous ses oripeaux et comparé à un verrat. Certes, notre auteure, Madame Iacub, manie avec perversité la langue française, utilisant le tu narratif censé apostropher l’homme de qui elle se venge de l’avoir révélée à elle-même, ce qui fait crier au génie, alors qu’il semble que nous soyons dans le grand déballage et que l’auteure balance à tour de wonderbras ! Qui fait l’ange, qui fait la bête ? Où est le porc ? Après la viande de cheval, les bas morceaux de porc ? On voit là que nous pataugeons dans une auge stagnante. Signe des temps : ce qui n’est que cochon passe pour être de l’art !

Vendredi 1er mars 2013

Salut à Taubira 

Quand j’ai séjourné en Guyane, j’ai croisé quelquefois dans les rues de Cayenne Christiane Taubira, à l’époque députée, qui ne ménageait pas sa peine pour défendre ses compatriotes, oubliés et souvent ignorés de notre belle république. Vive, volontaire, active, elle n’a jamais mâché ses mots. Littéraire à ses heures, elle connaît sur le bout des doigts les écrits de Gontran Damas, grand poète guyanais et chantre de la négritude avec Césaire et Léopold Senghor. C’est aussi - et d’abord – une prodigieuse oratrice qui, en son temps, se distingua à l’Assemblée dans un discours retentissant qui rangeait à jamais l’esclavage dans les crimes commis contre l’humanité. La voilà aujourd’hui à un poste régalien et qui ferraille jour et nuit pour faire passer le fameux texte en faveur du mariage pour tous qui marquera un grand tournant dans notre histoire et celle de notre Droit. Chapeau Christiane ! Quand elle cité René Char debout dans l’Hémicycle, c’est un bain de jouvence et une leçon qu’elle administre à une droite racornie qui campe sur les vestiges d’un monde mort. François Hollande a certes été bien inspiré en la nommant Garde des Sceaux. Le courage, la fougue, c’est justement ce qui paraît manquer à nos édiles précautionneux... Gageons qu’avec une telle ministre de la Justice, l’opposition en prenne pour son grade. Elle en sortira victorieuse car elle a le panache, la flamme, le verbe et cette invincible conviction sans lesquels rien n’existe, hormis la lâcheté tiédasse qui n’appartient qu’aux mous.

Vendredi 8 février 2013

Tintin au Mali

Nous voilà donc en guerre, pour chasser l’islamiste, dans une guerre qui ne dit pas encore son nom puisqu’on nous parle d’intervention et de remise en ordre du Mali. L’ennui, c’est qu’on ne sait jamais comment ni où nous mène une guerre. Même si elle est fondée, nous sommes bien seuls dans cette galère. Certes nous avons pour supplétifs quelques forces africaines... Nos frères Américains nous gratifient d’une mention spéciale pour cette intervention musclée, mais point de forces sur le terrain. Je crains hélas que nous soyons d’ores et déjà engagés dans un sacré merdier. J’en parle avec d’autant de calme qu’en rentrant de voyage, donc exempt de tout commentaire journalistique, j’ai cru voir à travers moult reportages (commandités par l’Elysée ?) une sorte de vaste opération de propagande comme on bon temps de la période coloniale : et comment notre armée avance sur le terrain, et comment le moral des troupes reste bon, et comment en haut-lieu on travaille d’arrache-pied... Bref, de quoi rassurer le peu d’esprits chagrins qui restent encore dans ce pays. L’arrivée, le discours d’Hollande à Bamako furent un point d’orgue. Le lyrisme était de la fête. L’ennui, c’est qu’il nous reste à guerroyer sur un terrain hostile et nous devons déjà faire face à une guérilla... Hollande au Mali, c’est un peu Tintin au Congo. Drapé dans son costume de chef de guerre, il fait hélas penser à un personnage de cartoon, ce qui laisse augurer que dans les sables du désert le Bip-bip n’aura de cesse de ridiculiser le Coyote.

 

Mardi 5 février 2013

Obélix et la potion moujik

Depuis que Depardieu a décidé de s’installer sur le sol belge, le village gaulois ne décolère pas. Comment et qu’est-ce ? Où va crécher notre Gégé ? Et son pognon, il l’a gagné, entend-on au Café du Commerce. Il en fait ce qu’il veut ! A croire qu’en nous boudant, il a emporté avec lui non pas sa fougue de vieux jeune homme mais son menhir ! Pour d’autres, Hollande a fait de notre Depardieu un quasi apatride ! Et le voilà citoyen russe ! C’est Valjean au pays de Raskolnikov ! Du grand cinoche comme on l’aime tant de par chez nous ! Certes, en restant sérieux, on peut penser à juste titre que l’échappée fiscale de Martin Guerre manque un peu d’élégance, d’autant en une période où se serrer les coudes est la moindre des choses et où se comptent par milliers les misérables... Mais l’égoïsme n’est pas le pire. Le déjanté dans cette affaire c’est les propos tenus par notre acteur sur la Russie et sur son chef. Dire que Poutine est démocrate, c’est une faribole, voire une inconséquence. Une sombre farce. Mais Depardieu-Falstaff semble brûler tous ses vaisseaux. L’ogre burlesque pète les plombs. Dommage ! Il sut faire l’ange, il fait le bête. Tant pis. Obélix fatigué prendrait-il donc son dernier métro ? Notre Portos de cinéma devrait veiller à ne pas trop forcer sur la vodka. Je vois pourtant en lui quelque chose d’hélas bien français – franchouillard, devrais-je dire – cette faculté à créer de l’esclandre pour le meilleur et pour le pire ! On l’aime bien, Gégé, mais il nous fait penser à cet oncle fêtard qui n’en rate jamais une pour renverser la table au moment de Noël.

Vendredi 4 janvier 2013

Newtown : les larmes d’Obama

L’Amérique encore et toujours... Pour nous Européens, ce fut longtemps un mythe, la terre où les émigrants en grand nombre cherchaient l’Eldorado. Les westerns nous ont raconté leur geste héroïque, leur installation dans des sites grandioses et pas toujours très accueillants... N’empêche : nous en avons rêvé. Evidemment, en cette préhistoire américaine, la Loi et l’Ordre ne pouvaient réellement triompher sans colts ou winchesters... Aujourd’hui, porter une arme aux USA est non seulement un droit mais un devoir. Le principe est inscrit (à jamais ?) dans le marbre impavide de la Constitution américaine. De plus, une arme dans de nombreux Etats est garante de sa propre sécurité, celle de sa famille, de son village, de sa ville. Elle constitue pour ainsi dire un membre supplémentaire dans le corpus américain. Légiférer contre le port d’armes en Amérique, c’est un peu comme si en France on s’attaquait à la liberté de pensée... Nos frères américains sont arrimés à leur panoplie d’armes comme nous sommes attachés presque intrinsèquement à devoir dire ce que l’on pense. Difficile donc pour Obama de réduire la vente d’armes ou en tout cas tenter de l’encadrer avec des règles plus contraignantes. Le moment semble pourtant chosi après la tragédie de Newtown. De voir toutes ces images de gosses qui souriaient encore il y a peu sur leurs photos de classe glace le sang. Obama, il le sait, ne peut plus s’en tenir à exprimer uniquement sa compassion envers ces si petites et si nombreuses victimes. Il lui faut faire bien plus. Le pourra-t-il ? On sait que le lobby des armes finance le parti républicain et qu’à ce titre le Président américain se heurtera à une puissante opposition. Pour son deuxième mandat, ce serait un fleuron à mettre à son actif. Mais aura-t-il l’appui qui lui est nécessaire pour accomplir pareil travail d’Hercule, y compris parmi ses amis démocrates qui se disent être progressistes ?

Lundi 17 décembre 2012 

Dès que l’argent règle le Droit...

Drôle de justice que la justice américaine ! L’affaire DSK a fini par trouver son épilogue. Mais quel épilogue ? Mi-figue, mi- raison. Les avocats des deux parties ont trouvé un accord, nous dit-on, qui se chiffre en millions... Avec l’argent, on peut donc laver son honneur ou en tout cas mettre un terme aux poursuites dont on est l’objet... Le doute subsiste évidemment puisque les deux parties ont décidé qu’il n’y aura pas de procès. Il est vrai qu’aucune preuve (c’est en tout cas ce qu’on nous dit) n’est là pour inculper l’éventuel coupable... La victime présumée, elle, en acceptant l’accord passé peut inciter toute personne qui a suivi l’affaire à reconsidérer sa plainte et à se demander si elle fut bien victime... Rien n’est donc sain dans cette affaire. Dès que l’argent règle le Droit, on peut dire à tout coup qu’on se moque bien de la Justice. Etranges pratiques judiciaires américaines qui consistent avant tout à trouver un terrain d’entente entre les parties, et non à dire, chercher vraiment la vérité sur une affaire qui défraya toutes les gazettes du monde occidental. On peut imaginer que l’avenir de notre femme de chambre va s’en trouver changé et bonifié. Pour DSK, son avenir est derrière lui et quelles que soient les conférences qu’il donnera, son nom restera à jamais entaché par cette étrange affaire. Je ne peux m’empêcher de penser à ce Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau que DSK devrait relire et avec lui, bien sûr, tous ses (anciens ?) amis, je veux parler des socialistes... pardon des socio-démocrates qui ne savent plus ce qu’est la lutte des classes.

 

Jeudi 13 décembre 2012

Notre Dame d’Hollande

 

Décidément François Hollande a des problèmes avec les dames ! Après l’impétueuse Ségolène et la tweeteuse Valérie, voilà qu’une autre dame fait des siennes : Notre dame des Landes, pour ne pas la nommer ! Avec un orgueilleux Premier Ministre qui veut absolument déménager son ayrault-port ! On pourrait en sourire... L’ennui, c’est que dans cette triste affaire notre gouvernement est mal barré. Certains parlent d’un nouveau Larzac... Les écolos sont contre – et dieu sait si, à Nantes, l’écologie a fait florès ! La Gauche a dû lâcher ses CRS, bouter à coup de bulldozers les opposants à ce projet tant contesté. Le peu d’images qu’on en a vu faisait désordre... Pourtant, passer en force serait absurde. Ce que je crains, c’est que l’affaire soit avant tout une affaire personnelle. Braver Ayrault, c’est le remettre en cause sur sa terre d’élection. Qu’il se raidisse et le voilà contraint à être confronté à des désordres, des contretemps et beaucoup de soucis, bref à une longue guérilla dont il ne peut sortir vainqueur. Apparemment, les choses sont très mal engagées pour le gouvernement. Si j’étais président, je me garderais doublement de mes amis écologistes. Ils n’ont pas oublié qu’il avait déclaré (en manquant de prudence) qu’il n’avait pas besoin de leur apport pour gouverner. Ce sont des phrases qu’on n’oublie pas, d’autant quand elles sont prononcées au lendemain d’une victoire où chaque voix avait compté.

Lundi 3 décembre 2012

Que faire ?

Quand nos politiques pensent de leur devoir d’intervenir dans un dossier comme Arcelor-Mittal, ils sont accusés de s’immiscer dans une affaire privée et de vouloir faire la loi sur un champ qui ne leur appartient pas. Quand ils ne disent mot et laissent les patrons organiser tranquillement leurs plans sociaux, on crie au scandale, d’autant quand la Gauche est au pouvoir et qu’il est de son devoir de protéger la force productive du pays. Que faire ? Et en quoi l’Etat a-t-il son mot à dire ? Sur le fond bien sûr, tout le monde voudrait que chacun garde son emploi, que nos hauts fourneaux reprennent du panache. Mais la demande a changé et nous sommes malades du nouveau monde qui se profile. Dans ce maelstrom, malheureux Ayrault et Montebourg ! Les voilà au front tenter un ultime rétablissement et sauver autant d’emplois qu’ils peuvent. Pour combien de temps ? Mittal est un repreneur, un cynique financier façon Tapie à la puissance dix ! Comment croire en ses promesses ? D’où la sainte colère des syndicats qui doivent être reçus bientôt par le discret Hollande qui, après avoir temporisé Ayrault contre Montebourg, devra vaille que vaille calmer le jeu et jouer du seul registre qui lui reste : la flûte. Montebourg y va au moins, soutenu par Mélenchon, mais on sait très bien que ses effets de manche n’impressionnent en rien le patronat qui le juge « indigne » dans ses propos. Aujourd’hui, il semble que la lutte des classes se fasse entre les patrons et les ministres de l’Etat, sans les ouvriers et sans les syndicats...Marx ne peut bien sûr que se morfondre dans sa tombe. Mittal est de ceux qui mitent déjà le nouveau monde !

Dimanche 2 décembre 2012

Les marrons du feu

L’imbroglio est à son comble à l’UMP ! Que dire ? On voit évidemment combien est peu habitué à la démocratie un tel parti... Accoutumé à être pris à la hussarde pour ne pas dire violé par tous les Bonaparte ! Vestiges sans doute du RPR où la culture du Chef était prégnante. Aujourd’hui, on conteste les bulletins de vote, on se querelle, se traite de noms d’oiseaux, on en appelle au seul encore qui ait un semblant de panache : Juppé soi-même, le fondateur de l’UMP, parti qui s’était vu conçu pour devenir une machine de guerre et pour porter Sarkozy au pouvoir. La chose faite, le parti fut aux mains de Copé qui comptait bien en faire lui-même un strapontin pour l’Elysée. Las ! Fillon s’est vu d’un coup pousser des ailes, capable de bouter l’aiglon de Meaux ! Erreur. La droite pure et dure est de retour ! Vaguement raide dans ses guêtres (je n’ai pas dit ses bottes), cabrée contre ce qui compte de « métèques » sur notre territoire, lasse de devoir nourrir les pauvres et les chômeurs... Copé, pyromane de service, en rajoute. C’’est plus d’un pain au chocolat volé par la vermine qu’il est question ici, mais du fauteuil de président à l’UMP ! Le troisième homme – Juppé – s’il s’improvise arbitre, peut devenir avec un peu d’habileté le premier homme. C’est sans doute ce qu’il vise, espère sous ses sourcils candides d’honnête homme. Je le vois bien venir et qui sait même tirer tous les marrons du feu. Vous le saurez bientôt en attendant les nouvelles de demain, prophétisait Geneviève Tabouis, une chroniqueuse radio célèbre des années 60. Attendons donc les nouvelles de demain !

 

Vendredi 23 novembre 2012

What else ?

La campagne d’Obama qu’on croyait en perte de vitesse a repris du poil de la bête. Et ce, grâce à Sandy. Merci Sandy ! Enfin, non pour la catastrophe, les morts et sinistrés du New Jersey, ça va de soi ! Ni même pour les dégâts nombreux et toutes les misères qui en découlent. Non : merci d’avoir remis Barack en selle ! En quelques heures, on a vu le Grand Capitaine mener de main de maître la crise provoquée par la tempête. On l’a vu compatir, écouter, parler à ses concitoyens comme il sait seul le faire. C’est bien sûr du grand art, une technique éprouvée. Mais on ne peut que saluer le professionnalisme de Barack. Voilà un gars qui sans ambages monte au créneau et prend les choses en mains ! Il y a en lui tant d’empathie pour les gens sinistrés qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’il tient là le rôle de sa vie. Clooney, l’un des soutiens du clan Barack et qui n’est pas franchement mauvais en qualité d’acteur, est enfoncé. What else ? Vas-y Barack ! Ne te laisse pas semer dans les sondages par le « représentant de commerce » Romney ! Joue-la mimique Actor’s studio ! Fais-nous ton show ! N’oublie pas que ta compassion est passée au laser par des milliers de spectateurs ! J’arrête là, car dire que l’élection à la présidentielle dans un pays comme les Etats-Unis tient trop souvent du cirque médiatique est un truisme. Où se niche donc la démocratie dans cet étrange barnum qui ne pourrait survivre sans des tonnes d’argent ? Et qui l’emportera : les programmes des deux candidats ou les images qu’ils laisseront sur les rétines ? Je vous le donne en mille ! Il y a huit jours, Obama était encore au plus bas, talonné par Romney... Voilà qu’une tempête lui sauve mise ! Tant mieux ! Car pour moi il est clair que si j’étais américain, j’irais voter avec en tête la scène où le héros Barack enlace une mamie défaite par la tempête et qu’on le voit – en gros plan sur l’écran – réellement affecté et en état total compassionnel. Nul doute : plus j’y pense, plus je me dis qu’il sera réélu. Comme quoi une élection parfois ne tient à rien...J’en suis pourtant ravi, même si Barack l’emporte grâce aux effets de Borée et Neptune !

 

Vendredi 2 novembre 2012

Le pire des mondes

 

Hier était diffusé sur Arte « Un monde sans humains ? », émission sur la nébuleuse NBIC (nanotechnologies, biotechnologie, intelligence artificielle et sciences cognitives). Emission inquiétante qui m’a fait froid dans le dos. Des scientifiques égrenaient posément l'état de leurs travaux. On nous promet dans peu un monde où l'on cotoiera des robots capables de ressentir des émotions comme les humains (mais oui !) et peut-être plus intelligents que nous... On nous annonce sans broncher que le décryptage de nos pensées - de toutes nos pensées - permettra d’ici peu de « connecter directement nos neurones sur Google » et, horreur des horreurs, on nous promet « la reprogrammation de la nature » ! Nous sommes entrés, nous disent certains chercheurs, dans une nouvelle ère appelée « transhumaniste » qui serait peuplée de « cyborgs » immortels. Tout ce fatras scientiste est orchestré par un « gourou » (il se dit scientifique) nommé Ray Kurzweil qui déclare froidement que la nature humaine est en voie de devenir mi-machine, mi-humaine, qu’on est entré pour ainsi dire dans la phase d’une « humanité post-biologique ». On apprend que ses recherches sont financées par la droite dure, ultralibérale américaine. A échéance pas très éloignée, il s’agirait, nous dit un philosophe français venant contrecarrer ces thèses, ni plus ni moins que de construire « une société essentiellement fonctionnelle dans laquelle chaque individu dûment connecté serait assigné à une tâche précise ». H.G.Wells aurait-il donc vu juste ? De là à voir accompagnés par des robots les vieillards des hospices qu'un jour nous deviendrons et pour personnel de crèches d’autres censés parler à nos bambins, il n’y a qu’un pas. On voit qu’il s’agit là d’une idéologie visant à déshumaniser le monde, avec l’arrière-pensée de parvenir à une rentabilité maximale et donc porteuse de bonheur, nous assure-t-on. Ces apprentis sorciers sont convaincus qu’ils nous rendront heureux puisqu’immortels. J’invite chaque lecteur à rester vigilant. Cette émission devrait être diffusée dans toutes les écoles avec débats critiques et réflexion sur notre devenir humain.

 

Mercredi 24 octobre 2012

Mort d’un fantasme

Dans les années 60 et au début des années 70, on s’arrachait - quoique sous le manteau - un roman érotique signé Emmanuelle Arsan. C’était ce qu’aujourd’hui on nommerait du « porno-chic », récit narrant l’initiation d’une jeune bourgeoise désœuvrée aux mille façons de faire l’amour. Ce petit livre venait un peu heurter, pour ne pas dire décomplexer, les convenances et la raideur d’une France pompidolienne guindée et prude ; il attira un lectorat nombreux grâce à la séduction de l’érotisme littéraire osé (en tout cas pour l’époque) et sans manières qu’il instillait. Le film qu’on en tira fit un triomphe. Et l’interprète qui incarna Emmanuelle, Sylvia Kristel, devint du jour au lendemain une nouvelle déesse. Qui n’a encore en tête cette madone dénudée, installée savamment dans un siège en rotin, aux cheveux courts comme ceux de Jean Seberg et aux seins fermes et accomplis comme les plus beaux des Caravage ? Mais le succès fut tel que l’actrice Kristel dut s’effacer derrière Emmanuelle et qu’elle devint malheureusement l’actrice d’un seul rôle. Elle fut conviée bien sûr de renouveler son exploit dans un « Emmanuelle 2 » plutôt médiocre, pour ne pas dire plus. Le premier n’était pas un chef-d’œuvre, mais il avait donné un coup de pied dans la pudibonderie et donc l’hypocrisie ambiante. Film identique à celui de Vadim (Et Dieu créa la femme) qui n’était pas non plus un très grand film mais dont l’impact marqua l’époque. Le reste de la filmographie de Kristel Sylvia ne vaut pas qu’on en parle, à part peut-être Alice ou la dernière fugue de Claude Chabrol. Puis son nom tomba dans l’oubli. Enfin non, pas vraiment : le simple nom d’Emmanuelle évoqué ça et là nous renvoyait à l’âge où le fantasme règne en maître. A cette France aussi qui sortait des ténèbres et qui jetait déjà les bases d’une société aux mœurs libres et sans pathos. On apprend aujourd’hui qu’Emmanuelle nous a quittés. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était. Et, en songeant au frais minois de notre icône, nous devons bien nous incliner devant cette évidence aussi cruelle qu’imparable : même les fantasmes les plus sophistiqués ont aussi une fin !

Jeudi 18 octobre 2012

Vincent, Jean-Marc, Cécile et les autres

Beaucoup de flottements dans ce nouveau gouvernement ! Beaucoup de couacs aussi ! Un ministre de la République peut-il parler à titre personnel ? C’est ce que dit, prétend Vincent Peillon, ministre de l’Education Nationale après avoir dû avaler une couleuvre, sermonné par Ayrault, et rentrer dans le rang. Philosophe de formation, il aurait dû penser que l’homo politicus n’est pas à proprement parler un individu libre. Même les sénateurs grecs étaient prudents quand ils parlaient dans l’agora ! L’homme politique – et a fortiori un ministre - se doit de suivre la doxa de son camp, sans barguigner, au risque de créer la confusion et beaucoup d’illisibilité dans l’action gouvernementale. Sur le fond, on est bien sûr d’accord ou non avec Peillon. Ce qui pose problème quand on est à ce rang, c’est qu’en affichant sa propre opinion on engage du coup la parole de l’Etat et donc du président élu. Ce qui est de rigueur, voire un devoir pour qui est citoyen, doit être tenu en laisse pour qui est au service d’une politique. Ou alors, comme disait Chevènement : ...on démissionne ! ». Démissionner, c’est ce que fit le Che à une ou deux reprises. Heureux temps ! Qu’on se rassure : Vincent Peillon n’en est pas là. Mais on voit bien qu’il y a – hélas – ici et là, un peu d’amateurisme autour d’Hollande et que Jean-Marc a du mal à canaliser tout ce monde. Dommage ! Cela dit, je préfère un Peillon à une Cécile Duflot se refusant de se positionner sur le traité européen... Tout cela dira-t-on n’est bien sûr que broutilles. C’est vrai. Mais qui nous dit que les broutilles ne révèlent pas parfois avec plus d’acuité les pas-de-deux de la politique nationale ?

 

Mercredi 17 octobre 2012

Petit tour en Françafrique

 

Un article, dans Le Monde du 5 octobre, titrant « Prison Break à Kinshasa » a attiré mon attention. Il y était question de l’évasion spectaculaire d’Antoine Vumilia, prisonnier politique à la prison de Makala de Kinshasa. Le même Vumilia qui, pensant s’engager derrière Kabila père dans une révolution quasi-marxiste, avait abandonné sa formation d’acteur pour instaurer un nouvel ordre démocratique...Las ! On sait comment Kabila père a usé du pouvoir ! Quand on l’a liquidé, un procès collectif ubuesque a eu lieu pour chercher les coupables au terme duquel Vumilia a été condamné à mort, puis condamné à vie si l’on peut dire. De sa prison, la plus sordide de toute l’Afrique, Vumilia a écrit de courts textes théâtraux qu’il passe sous le manteau. Il va même jusqu’à filmer avec une caméra cachée la vie de la prison, les gangs qui font la loi et sa rocambolesque cavale, fardé et déguisé en femme ! Aujourd’hui, après être passé au Congo-Brazzaville et avoir obtenu un visa pour quitter ce pays, il vit en Suède et est remonté sur les planches. La réalité d’Antoine Vumilia luttant dans sa prison pourrie de Makala avec pour seules armes ses mots, ses textes rejoint la fiction d’une de mes pièces, La cage, montée en 2010 et 2011 à... Kinshasa dans le même temps où Vumilia purgeait sa peine ! Hier, grâce à facebook, j’ai pu échanger quelques mots avec Antoine Vumilia... Grand et beau moment ! Intrigué par mon aventure congolaise, il est impatient de lire ma pièce et qui sait de la monter ! Tout ça, quand Hollande s’apprête à devoir serrer la paluche à l’autre Kabila, fils celui-là ! Si ce n’est pas misère...

 

Vendredi 12 octobre 2012 

 

Hollande s’en Valls en guerre !

Donc nous voilà en guerre contre les islamistes ! Les banlieues en regorgent ! Il n’est que d’écouter les bons commentateurs pour s’en convaincre ! Le grossissement à la loupe des incurables médias prend le relais ! Voilà que Valls nous fait penser au bon vieux temps du sieur Pasqua ! Mouvement de menton qui, en son temps, eut son succès : il faut « terroriser les terroristes » ! La République doit se défendre et protéger ses fils, d’autant quand ils sont d’obédience juive puisqu’ils sont les premiers visés. Sur ce point-là, tout le monde est d’accord. Aucune complaisance ne doit en la matière être la règle. Ce qui me frappe, c’est le ramdam orchestré savamment et d’une certaine façon instrumentalisé par la gauche au pouvoir. Ce qui était honni sous Sarkozy est regardé comme nécessaire par le nouvel exécutif. On a trop dit qu’Hollande était un mou et qu’il devait montrer autorité et fermeté. C’est oublier qu’il y a Valls à son côté qui semble avoir beaucoup appris de Sarkozy... Se montrer en tous lieux, faire des déclarations à tous propos, occuper le terrain : le syndrome connu de qui veut exister et qui, pour avoir travaillé à la communication au PS, sait présenter les choses... Qu’il veille néanmoins à ne pas en faire trop : on sait trop bien où mène la surenchère... Le FN a déjà marqué quelques points dans le logiciel UMP. Il serait dangereux que le pouvoir en place fasse écho à ses thèses. Si la fermeté est de mise, elle ne doit pas s’accompagner de mises en scène spectaculaires qui, pour complaire au café du commerce, peuvent embraser par le choc des images et le manque d’idées ces malheureuses banlieues.

Lundi 8 octobre 2012

Comment être hollandais ?

La crise est toujours là ! Plutôt que de parler de crise, peut-être vaudrait-il mieux parler de longue maladie. On a changé de médecin pour remédier aux maux qu’un autre médecin n’avait soignés qu’à coups de purges et de saignées diverses. Un diafoirus qui avait mis les Français sur la paille, excepté ses amis qui avaient engraissé... Hollande, lui, fait dans la médecine douce, ou peut-être même dans l’homéopathie. Il sait que les Français sont tous hypertendus. A priori, c’est d’origine nerveuse puisqu’ils connaissent les vaches maigres depuis longtemps... Donc, pas de prescriptions hâtives. Surtout, pas de régime drastique qui pourrait stopper la croissance (du malade) et donc son appétit (qui se traduit par la consommation). Pas non plus de réformes miracles. On en parle, ça oui ! Ne brusquons pas les choses ! Il est urgent d'attendre ! On attend la réforme fiscale, la loi sur le mariage homo et sur le vote des émigrés...on semble beaucoup attendre de remèdes à venir qui ne disent pas encore leur nom... En attendant, on est toujours aussi patraque, on se méfie du lendemain... L’Europe ? Angela se défie de François comme d’un médecin douteux... Les Européens même se défient de l’Europe... Pour l’International, on prépare un repli stratégique des montagnes afghanes, sans si possible trop d'effusion de sang. Mais avec le Mali, on frôle le coup de sang ! La fièvre monte dans les états-majors ! Sans parler de cette guerre israélo-iranienne dont plus personne ne parle, qui semble programmée si par malheur le candidat républicain l’emporte sur Obama... Hollande, homme de l’art, sait tout cela mieux que personne. Voilà pourquoi il met des gants pour nous parler, avant d’en porter d’autres pour bientôt, mais cette fois-là qui seraient en latex afin de procéder à une opération chirurgicale.

 Mercredi 26 septembre 2012

La démocratie des sondages

L’opinion pèse lourd aujourd’hui sur l’action gouvernementale au point que même le Président ne peut négliger les sondages. C’est ce qui semble être arrivé durant l’été à notre tout nouveau gouvernement socialiste. Durant le quinquennat de Sarkozy, l’Elysée se shootait aux sondages ; on voulait tout savoir à tout moment de ce que pensaient les citoyens. Par mimétisme, comme gavé de sondages, Sarkozy même avait fini par nous parler comme on commente au café du Commerce. C’était à s’y méprendre le gars du coin, accoudé au comptoir, prêt à boxer qui le cherchait. L’équipe Hollande a cru  s’abstenir de commandes de sondages : mal lui en a pris. Le Président en chute libre, une rentrée contestée, quelques bévues ici ou là, flou artistique dans les propos : il a fallu dare-dare monter au créneau TF1 pour recadrer les choses. Ouf, c’est fait ! Mais pour combien de temps ? On semble être tombé (cela depuis longtemps déjà) dans une démocratie qui ne fonctionne qu’en tenant compte de l’opinion. Une démocratie avançant par à-coups, selon les sautes d’humeur de nos concitoyens. Mais l’opinion a-t-elle toujours raison ? Et un gouvernement doit-il suivre à tout coup l’opinion générale ? Oui, au risque de devenir impopulaire, et donc de ne pouvoir mener l’action gouvernementale pour laquelle il a été justement nommé. Non, s’il juge que le bien du pays transcende les caprices de l’opinion. On voit combien le fil est très infime, qu’à tout moment l’équilibriste peut tomber. C’est peut-être là que nous frayons avec ce que Debord nommait société du spectacle. Les Jeux du cirque voulaient que les vaincus soient mis à mort. Et maintenant on veut que notre équilibriste crève l’écran, qu’il nous rassure ou nous convainque, avec l’arrière pensée – humaine, trop humaine - qu’à tout moment il puisse chuter. Du coup, la forme l’emporte sur le fond. Peut-être n’y a-t-il plus de fond puisque l’on doit communiquer. Dans cette logique, je crains qu’Hollande n’en sorte pas grandi quelle que soit l’ambition qui semble l’habiter de restaurer les vraies valeurs de solidarité et de partage nécessaires au pays.

Lundi 10 septembre 2012

Le revers de la médaille

Si l’on en croit les infos qui nous sont données depuis plusieurs jours, nous surfons sur deux réalités : d’un côté, les Jeux Olympiques et leur long cortège de parades; de l’autre, la Syrie et son défilé macabre de tueurs. Quand on télescope les images, on ne peut que s’étonner qu’on puisse vivre en un tel monde. A Londres, on exalte la beauté, la santé et la force du corps humain. On souligne l’esprit sportif et les grands préceptes de Coubertin. Grands et respectables préceptes ! En Syrie, hélas, on persécute, tue et avilit les corps. On se moque bien des médaillés et des podiums ! On est arrivé au paroxysme de la violence et de la haine. C’est à qui, de l’armée régulière syrienne ou des insurgés, aura le dernier carré d’immeubles... Ici on amorce une sorte d’idéal, à travers le sport, de ce qui pourrait être un monde réconcilié ; là se joue et s’exacerbe une pitoyable et assassine guerre civile livrée à elle-même et à ses démons. Pas d’arbitre hélas, en Syrie ! Les puissances, tout à leurs jeux, s’en lavent les mains. Qui a dit que l’important était de participer ? Mais participer à quoi, au juste ? Aux dernières palinodies de nos augustes dirigeants qui partent en vacances, dont Hollande, qui serait bien inspiré de hausser la voix dans le sourd autant qu’aveugle concert des Nations qui préfère entendre le doux refrain des Olympiades que le long calvaire d’un peuple qui agonise. Je sais qu’une médaille gagnée ici et là peut remplir d’orgueil plus d’un. Mais il y a toujours un revers à la médaille : les jeux du cirque ne peuvent à eux seuls nous faire oublier la détresse du monde.

Mardi 31 juillet 2012

Coupables, assurément

 

La rafle du Vel’ d’Hiv, si elle fait polémique aujourd’hui, réveille en nous de vieux démons. Elle reste une des taches indélébiles de notre proche histoire. Ce n’est pas vieux, des survivants encore peuvent en parler. La France, l’Etat français et les Français en sont fautifs. Au mieux d’avoir fermé les yeux, au pire de s’être compromis en dénonçant à la police française – vichyssoise à l’époque – de pauvres gens dont le malheur était d’être nés Juifs. Aujourd’hui on ergote dans le camp de la droite, affirmant haut et fort qu’il n’y eut qu’un seul coupable dans cette sinistre affaire : l’Etat français. Autrement dit, la clique pétainiste, les Doriot, les Laval, tous les collabos de tous poils qui ont déshonoré la France. Pour eux, la France était De Gaulle, la résistance... ect... On sait combien de résistants se sont levés au tout début. Très peu, hélas. Il faut admettre avec Hollande que ce fut bien la France qui a failli, la France et les Français, même s’il est dur de l’avouer, même si une poignée d’hommes vaillants et courageux insufflèrent au pays un sain sursaut sauvant l’honneur. Pour argument, on pourrait opposer à l’illustre Henri Guaino que cet Etat français fut adopté par une majorité de députés, que d’une certaine façon ces députés étaient censés représenter la France du moment et donc l’incarner. Mais parler argument serait vain. Il faut, en 2012, regarder le passé sans vergogne, en face, sans le masquer sous une querelle sémantique (l’Etat français, la France) et accepter que dans l’histoire d’une nation – même glorieuse et inventive – il y eut de criminelles périodes. La rafle du Vel’ d’Hiv, quand on se penche sur les images d’archives, fait partie de ces épisodes infamants qu’on ne peut oublier. La résilience s’applique-t-elle aussi aux peuples ? Si oui, affrontons donc nos traumatismes nationaux pour mieux nous projeter dans l’avenir.

Mardi 24 juillet 2012

Devoir de vacances

 

Les chroniqueurs aussi devraient prendre des vacances ! Même prolongées. C’est ce qui s’est passé pour moi depuis le 4 mai 2012 ! Fatigué, courant après l’évènement dont il faut rendre compte au risque de rejoindre son hamac pour rêver, j’en ai pris à mon aise avec tous mes lecteurs. On m’assure que je leur ai manqué et qu’ils étaient inconsolables. Qu’ils me pardonnent, je sais que je n’ai pas d’excuse. Si, une. A la fois mince et fallacieuse s’il en est : j’ai pris une sorte de tangente, saturé que j’étais d’infos et de surdose médiatique. Hollande étant passé, m’est arrivé comme en retour une sorte de déprime, comme ces femmes enceintes qui, quoiqu’heureuses d’enfanter, passent par un sas de décompression. J’ai certes voté Hollande en connaissance de cause mais les cinq ans de sarkozysme m’avaient mis sur le flanc ! Aujourd’hui, je remonte la pente et suis tout prêt, à l’égal de ces grimpeurs du glorieux Tour de France, de remonter les cimes de l’actualité. Mais attention : Hollande - pas plus que Sarkozy- n’abusera de ma confiance. Il nous fallait tourner la page et réunir tous nos compatriotes pour refonder une France solidaire. Apaiser ce qui avait était cassé, brisé en miettes par un matamore mal élevé. C’est chose faite. Avec Hollande, il semble que l’on revienne au comportement gentilhomme, à l’élémentaire courtoisie qu’un dirigeant doit à son peuple. J’oserais dire qu’il n’y a pas de liberté sans bonnes manières. Reste maintenant au Président à arbitrer et à faire des choix justes pour que chacun puisse se sentir appartenir à la communauté dite nationale. Il semble que le nouveau gouvernement soit animé des meilleures intentions... Prenons-en acte. L’eau-de-rose a aussi ses limites...Je gage que mes futures chroniques seront agrémentées de piment de Cayenne !

 

Mercredi 18 juillet 2012

La mouche du coche et le renard

A ce qu’on dit et avec la délicatesse qu’on lui connaît bien, Sarko rêvait « d’exploser » Hollande. Mais il est tombé sur un bec : affûté, acéré, piquant ici et là, tout en gardant un calme presque olympien.  La mouche du coche a sorti toute sa panoplie de caïd de banlieue, traitant Hollande de « menteur » et de « petit calomniateur ». Du raffiné, comme on peut voir. Il a même glissé à la fin du débat le nom de DSK comme argument suprême, n’en ayant plus apparemment. Dommage pour lui ! A mon sens, c’est là qu’il a réellement perdu pied et donc perdu tout court. Manque de sang-froid, pugnacité de roquet mal élevé, comment croire qu’il aurait la carrure de futur président ? Car les limites de l’exercice étaient bien là pour lui : candidat, ses vieux démons de sale gosse reprenaient le dessus. Or, ce débat n’était pas tant de confronter les deux projets que de montrer qui des deux débatteurs avait réellement une stature présidentiable. Hollande, par sa présence calme et sa tenue, a su gagner en force et en autorité. Sa longue tirade sur le « si j’étais président » fut le moment de la rencontre. La nervosité de Sarko, son extrême tension finissaient par lasser. Cela dit, l’avalanche de chiffres m’a un peu saturé d’autant qu’on peut les faire parler comme on l’entend, ces chiffres ! Aux toutes dernières nouvelles on annonce un ralliement de Bayrou à Hollande, même s’il ne donne pas de consignes de vote. Sarko risque de manquer de voix FN puisque Marine – cette fois, c’est sûr - votera blanc. Il reste néanmoins 10% d’indécis, ce qui peut renverser la donne... On peut penser qu’Hollande l’emportera mais peut-être pas avec autant d’écart qu’on croit... Laissons les urnes parler et attendons dimanche soir 20 heures !

Vendredi 4 mai 2012

Mi-figue, mi-raison

Drôle de campagne, et donc drôles de résultats : mi-figue, mi-raison. Certes les deux favoris sont bien au deuxième tour, mais le score à 18,5 % de Marine Le Pen laisse décidément pantois. Dans mon village par exemple, elle arrive à 37 %, juste derrière Hollande à deux voix près ! Et il n’y a ni insécurité, ni « émigrés », ni femmes voilées  dans ce village du Lauragais ! C’est là que le bât blesse ! Un mécontentement certain contre la France d’en haut, les technocrates, ceux qui ne foutent rien et un ras le bol d’être à la traîne d’une Europe qui ne nous défend pas contre la bête de la mondialisation qui nous bouffe nos emplois et donc tous nos acquis, voilà je crois ce qui profondément fonde le vote FN. Avec évidemment le manque de culture historique, politique et sociale. Mais pour en revenir aux résultats, Mélenchon n’a pas tenu l’élan qu’il avait insufflé. C’est un peu triste parce qu’il avait du verbe et du tonus. Campagne frontale qui avait du panache. Une des révélations de la campagne. 12 % des suffrages est bien sûr honorable. Et l’on attend son Front de gauche aux élections législatives... Cela promet des envolées à l’Assemblée ! Autre batailleuse, Marine Le Pen, qui a fait il faut dire une excellente campagne, même si on ne partage pas, mais pas du tout, le fond de son programme. Ni le reste d’ailleurs : ses accointances et autres bals non de Sissi mais dans l’Autriche nazie. Cela dit la cheftaine est pugnace et sait parler à un micro. Avec son score, elle va faire exploser la droite et elle aura une bonne trentaine de députés à l’Assemblée. C’est à prévoir. Bayrou a raté son ni gauche-ni droite, le voilà désormais bien marri. Les autres, dits « petits candidats », n’ont pas démérité. Ils étaient là pour lever quelques lièvres. Eva a patiné, écrivant à la France à la manière d’un Eluard. L’histoire ne retiendra bien sûr du scrutin de dimanche, que les deux impétrants à la présidence de la République. Hollande en tête, mais pas autant qu’on l’aurait cru, devant Sarko déboussolé qui rame décidément pour retrouver ceux qui l’avaient élu il y a cinq ans. Le score de Marine va le ramener de facto vers les grands thèmes bien populistes qui, il l’espère encore, forceront le destin. A tort. Je crois qu’il est fichu, qu’il a raté son premier tour et qu’il devra s’écarteler entre les voix du Centre et les voix lepénistes pour faire le meilleur score. Grand écart impossible même quand on boit uniquement de l’eau et qu’on fait du jogging ! D’autant que les consignes de Marine seront probablement de voter blanc ! Hollande sera élu mais quelle sera la proportion des convaincus réels et celle qui aura voté pour lui pour « dégager » Sarko ? Sans compter qu’après les lendemains censés chanter, on retrouvera la crise, les marchés financiers et toute l’horreur économique. Voilà pourquoi moi je préfère encore raconter des histoires !

 Mardi 24 avril 2012

De l’usage modéré des sondages

Je n’ai rien contre les sondages, sauf lorsqu’ ils sont instrumentalisés pour influer sur le vote des Français. S’il faut en croire tous les augures, les jeux sont déjà faits. On connaîtrait déjà les résultats : Hollande l’emporterait contre Sarko. Autrement dit, la consigne implicite est donnée : votez utile (ce, dès le premier tour) pour que s’affrontent les deux athlètes politiques que portent les sondages. C’est bien sûr faire offense à la démocratie et à tous les votants qui ont pourtant encore les cartes en main. Les médias, qui pourtant s’en défendent, participent à ce conditionnement et leur pression est forte pour nous guider à accepter le dictat des sondages. Pour peu qu’on manque de culture politique ou de perspective historique (ou que notre opinion soit volatile), la bipolarisation peut paraître confortable. La droite contre la gauche, voilà qui est limpide ! L’ennui, c’est qu’une présidentielle est, - a toujours été, un moment de brassage d’idées, d’offres, de propositions où se mêlent pêle-mêle les plus sérieuses, les plus loufoques, voire les plus farfelues. Qu’importe ! C’est la réelle respiration de la nation que l’on entend dans ce premier roulement de tambours de campagne. Le premier tour est fait pour que s’expriment toutes les tendances ou sensibilités qui la sous-tendent. Zapper ce tour, c’est racornir notre vitalité démocratique. Or les sondages, non seulement amenuisent de fait les « petits » candidats, crédités de 1% des intentions de vote, mais magnifient ceux crédités des plus hauts scores évalués (27, 28, voire 30%). Restent les 10 à 15 %, « faiseurs de rois », extrêmes et centre qui véhiculent les frustrations, les rêves et mécontentements divers. Mélenchon n’est pourtant pas Marine qui n’est pas plus Bayrou. Mais ce sont les 10-15 % ! Comme si un pourcentage supputé pouvait donner du poids ou au contraire discréditer le mouvement ou le courant qui en est crédité ! Revenons donc à plus sérieux. On peut au soir du premier tour avoir quelques surprises. Ce citoyen rebelle qu’est par essence le Français pourrait très bien disqualifier l’un des deux favoris, tant par bravade que pour donner une saine leçon aux sondeurs de tous poils. Ce serait un sacré camouflet infligé à ceux qui croient pouvoir diriger l’opinion !

 

Mercredi 18 avril 2012

Sous le choc

Le carnage perpétré dans l’école juive de Toulouse a comme réveillé les vieilles peurs. Après trois militaires flingués par l’homme au scooter noir, trois jeunes enfants qui n’avaient d’autre tort que d’aller à l’école. Aujourd’hui, à l’heure où j’écris, l’auteur présumé de ces actes déments serait débusqué et cerné. Il se proclamerait disciple d’Al Qaïda. Ancien militaire en Afghanistan, il aurait des comptes à régler avec les exactions commises par les Israéliens sur des enfants palestiniens. Retranché dans un pavillon, il ne veut pas se rendre. On peut penser, s’il est vraiment endoctriné, qu’il tentera le tout pour le tout pour mourir en martyr car le suicide est interdit chez tous les Musulmans et donc chez tous les islamistes. La tension est palpable. Les corps des jeunes enfants rapatriés en Israël, l’inhumation des corps de nos soldats à Montauban aujourd’hui même. Et une campagne électorale en rade, au moins pour deux, trois jours. Oui, mais après ? Le thème de l’insécurité risque de revenir en force dans la campagne. On peut déjà parier qu’il sera savamment exploité par Marine et une partie de l’UMP. Sarko osera-t-il monter ce cheval de bataille ? Un autre thème, celui de la nécessité de la présence de nos soldats sur le sol afghan, ne manquera sans doute pas d’encombrer nos journaux. Avec un arrière-fond violent, brutal, irraisonné qui donnera une teinte rouge sang à nos débats.

Mercredi 21 mars 2012

Les avatars d’Ulysse

La campagne électorale va son train, à coups de petites phrases, de dérapages verbaux, de palinodies calculées et de repentirs impudiques. Il semble qu’on soit entré dans une surenchère de multiples promesses entre les challengers, alors qu’on sait que l’avenir qui nous attend est celui de l’Espagne, de l’Italie et qui sait de la Grèce. Les grands problèmes semblent gommés de la campagne. N’en pas parler surtout, il faut communiquer et rassurer ! Que peut une campagne qui ne dit pas les vrais enjeux qui nous occupent, lesquels très vite nous rattraperont ? C’est très précisément à quoi nous sommes confrontés aujourd’hui même. Même les médias s’enferrent dans leur proximité avec les politiques. Quoique les bons docteurs puissent dire sur notre état chagrin, la crise est grave et loin d’être guérie. Les médecins de Molière sont kyrielle. Mais nous, qui sommes malades, qu’y pouvons-nous ? On ne veut plus de Sarkozy, l’affaire est entendue. Veut-on pour autant de Bayrou, d’Hollande, de Marine et du fier à bras Mélenchon ? Pas plus. La quadrature est là : si l’on veut se débarrasser de l’hôte de l’Elysée, si humble quand il est en campagne, si arrogant quand il est au pouvoir, il faut voter Hollande, qu’on ne sent pas très fiable. Qu’en est-il par exemple de sa stature auprès des autres dirigeants du monde ? Bayrou ? Il y a du Don Quichotte en lui, et les moulins qu’il pourfend vaillamment par son « produire en France » sont les  cours financiers, la pagaille du monde qui n’est, il faut le dire, plus régie par personne. Marine Le Pen veut nous réduire à revenir au franc. Pourquoi pas au denier ? Mélenchon, en tribun convaincu, sait bien que les mots seuls ne peuvent changer le monde... Une telle agitation donne bien sûr le tournis. Il semble que nous, Français, sommes à côté de nos baskets dans ce Monopoly qu’est devenu le monde. Nous n’avons pas encore pris la mesure qu’une élection n’obéit pas aux mêmes règles qu’une téléréalité ou qu’un jeu vidéo. Nos concurrents économiques mondiaux ne seront pas réduits en appuyant uniquement sur un bouton. Mais notre peuple vénère les beaux discours et le chant des sirènes. Je crains qu’Ulysse ne rejoigne son île d’Ithaque déguisé en Français. Pire même : en mendiant bleu-blanc-rouge !

Samedi 10 mars 2012

Tombeau pour une petite choriste de Newark

La petite soliste de la New Hope Baptist Church de Newark est morte à quarante-neuf ans, seule dans une chambre d’hôtel de Beverly Hills. Son nom : Whitney Houston. A ce jour, elle a vendu plus de 200 millions d’albums. Mais le showbiz, qui dévore ses meilleures créatures, a décidé un jour qu’elle n’était plus rentable. Tant que Whitney vendait, c’était tout bon. The voice a pressenti très vite que la pression serait trop forte. Elle est tombée dans la spirale des médocs qui aident à vivre, à dormir, à chanter, à aimer. Pourtant, elle avait toute les chances de devenir une Aretha Franklin, la bonne fée penchée sur sa carrière. Whitney, ayant appris à roucouler dans les églises, était en plus belle comme un ange. Sa voix à cinq octaves flirtait avec la soul music. Elle partagea un mémorable bœuf avec le grand Archie Shepp, monstre du free-jazz. Elle devint mannequin et posa dans Glamour et Cosmopolitan. Mais quand Whitney signa avec le label Clive Davis, ce fut pour elle le début de la fin. De la soul elle passa à la soupe et ne s’en remit pas. Elle devint une machine à succès calibrés, une chanteuse de pop en s’éloignant hélas trop vite de ses racines gospel et soul. « Whitney Houston », produit sans âme, se vendra à plus de 20 millions d’exemplaires. On peut imaginer que la petite soliste rêvait d’un autre monde. Dans la foulée, pour son plus grand malheur, elle épousa une brute qui la cognait. Nouvelle spirale mais cette fois dans la drogue qui l’entraîna au fond du trou. Dans son ultime chambre, Whitney a dû pleurer les larmes de son corps en mesurant qu’elle aurait pu rester fidèle à la gamine de 11 ans qui chantait à Newark. Elle aurait dû surtout se protéger des producteurs rapaces et  d’un mari violent en engageant un bodyguard. Mais ce serait comme demander à Morrison, Joplin ou John Lennon de prendre une assurance sur cette chienne de vie !

Mardi 21 février 2012

Projet référendaire sur la nécessité d’un deuxième quinquennat

Hier au soir, Sarkozy, usé, fatigué annonce solennellement sa candidature à la présidence de la République. Le matamore a du plomb dans l’aile. Quelque chose s’est cassé ; il semblerait que l’énergie, la fougue n’y soient plus. Tant mieux. Son impopularité affichée dans les sondages a fini par l’inquiéter. Il a beau afficher le slogan d’une France forte, on sent bien que le cœur n’y est plus. En populiste bon teint, il en appellera au peuple, dit-il. Ce n’est plus le modèle allemand qu’il prône désormais, mais le modèle suisse ! Tout problème posé au pays sera résolu par un référendum ! Diable ! On se croirait dans la dernière ligne droite du Second Empire, quand il était question alors de plébiscites à répétition...On sait comment Napoléon le Petit a fini. On sait aussi que du plébiscite au référendum, il n’y a qu’un pas. Dont acte. Les choses au moins sont claires. Le candidat fera fi de la représentation démocratique. A quoi donc serviront Assemblée Nationale et Sénat ? A rien, probablement. Et puis, sans députés et sénateurs, on pourrait faire de substantielles économies ! Plus de dépenses somptuaires, plus de palais dorés et lambrissés, plus de voitures de fonction, plus de festins, d’agapes payées par le contribuable ! Imaginons une France votant contre les tires-aux-flancs chômeurs, contre l’immigration, contre les pauvres grâce au bulletin référendaire ! Une France dans un perpétuel contact charnel avec son Chef ! Fini le règne de Nicolas 1er, passons au règne  du tsar Nicolas II ! On sait aussi comment a fini la famille Romanov...Mélenchon pourrait jouer avec superbe le rôle du méchant bolchevik...Mais tout cela ne peut tenir la route. Le seul référendum qui tienne est de savoir si oui ou non on veut encore de Sarkozy !

Jeudi 16 février 2012

Supplément au voyage (ultime) de Monsieur Guéant

Notre ministre de l’Intérieur a fait plus qu’une boulette : il s’est aventuré sur un terrain qu’il ne semble pas connaître. On croit savoir pourquoi il manipule de tels concepts avec désinvolture, pour ne pas dire avec autant d’inconséquence que d’ignorance. L’électoralisme a bien sûr ses limites. Ici, monsieur Guéant joue avec de la dynamite. A son niveau (mais quel est-il au juste ?) on ne parle pas de civilisations en opposant les unes aux autres. Car ce serait prétendre qu’une civilisation n’existe qu’en autarcie, que prospérant sur ses propres valeurs. Absurde ! On ne peut opposer les civilisations puisque chacune se nourrit des autres, qu’elle s’en inspire et s’en imprègne. L’Occident ne s’est développé que grâce aux grands navigateurs comme Gama et Colomb dont les navires sont revenus non seulement les soutes pleines d’or mais avec des croquis, des cartes, des relevés ; des boutures et des graines ; des carnets de voyage, bourrés de notations et de dessins sur les mœurs, les coutumes, les croyances, le savoir, l’art de vivre des peuples rencontrés. La Chine, le monde arabo-musulman, les Amériques, l’Océanie ont été des viviers formidables de rêves, de désirs et d’actions qui, toutes hélas, n’ont pas été franchement exemplaires. N’empêche ! Nous nous sommes abreuvés aux mondes qui n’étaient pas le nôtre. La connaissance a su faire son chemin grâce aux voies maritimes que le commerce avait ouvertes. Des influences diverses ont façonné ce que nous sommes. Affirmer donc que notre civilisation est supérieure à d’autres est aberrant. L’interpénétration s’est faite quoiqu’on puisse dire ; et la grandeur d’une civilisation est bien de reconnaître les apports, les emprunts, les influences d’autres conceptions du monde qu’elle a su accepter. Quand donc Monsieur Guéant aura rejoint les oubliettes de l’Histoire, il devra lire (je n’ose écrire relire) Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle et surtout méditer le saisissant et très profond Supplément au voyage de Bougainville de Diderot. Peut-être comprendra-t-il alors combien ses théories fumeuses sur les civilisations furent non seulement idiotes mais exécrables.

Dimanche 12 février 2012

LE CUIRASSIER HOLLANDE

Le discours du Bourget, le duel gagné contre Juppé à la télé, le rythme qu’a adopté le candidat Hollande : cette fois ça y est, on est dans la campagne ! En creux, la contre performance de Sarkozy dimanche dernier donne un peu plus de poids au candidat de gauche. Evidemment, rien n’est encore joué et Hollande a raison de se garder de croire que les carottes sont cuites. Ou, tout du moins, de l’afficher. On a senti cette semaine un allant prometteur, une sorte de course au pas de charge menée avec confiance vers les marches du pouvoir, une montée en puissance et une jubilation chez nombre de militants.  La bonne posture d’Hollande est de dire, répéter que « Sarkozy est derrière nous », manière de se positionner dans une alternative conquérante et non d’exister contre. De proposer, ce qu’il a fait, une liste d’engagements qui resteront les bases de sa campagne tout au long du parcours. « Derrière nous » veut aussi dire : tournons la page et allons de l’avant. Dans cette bataille, on peut miser qu’il devra faire face à un tir de barrage des ténors de la droite, avec coups bas, injures et insinuations. Mais Hollande s’est bardé d’une cuirasse (sans bouclier discal), il sait que l’adversaire qui s’agrippe aux  manettes et qui « moment venu, ne se dérobera pas » ne le ménagera pas. Bien au contraire ! Peut-être même rêvera-t-il de le pendre à un croc de boucher ? Sarkozy n’est meilleur que lorsqu’il défouraille, ferraille, bataille. Hollande est exemplaire dans la parade, l’esquive, la contre-attaque. Au deuxième tour, on peut s’attendre à un combat digne du grand Homère. Mais au-delà de « l’esthétique de la campagne », il y a les vrais enjeux. Chômage, misère, logement, éducation, recherche : voilà les gants que le candidat de la Gauche devra vaillamment relever quand il sera élu. Sans oublier les choix énergétiques, la moralisation de la Finance, l’abolition des privilèges, l’immigration sans reconduite brutale à la frontière... tant de chantiers qu’il lui faudra ouvrir. Pour l’heure, ses troupes sont en rang de bataille, avec un Mélenchon sur l’aile gauche qui, n’en déplaise à ceux qui voteront « utile », fait un travail de fond de rabatteur qui servira dans le combat final à donner l’estocade. Et à rendre à la Gauche la niaque qui lui manque !

Dimanche 5 février 2012

Le désert des Barbares

L’Afghanistan que j’ai traversé en 1979, juste avant l’invasion soviétique, reste pour moi inoubliable. Pays splendide, saigné depuis par quatre décennies de guerres et de carnages, indocile, anarchique, dont l’équilibre politique repose sur des alliances entre tribus qui toutes défendent un territoire délimité par d’ancestraux accords entre familles. Parler donc d’installer une démocratie avec pouvoir central et surtout vouloir l’imposer est bien évidemment une idiotie sans nom. Les Soviétiques, qui eux voulaient annexer ce pays, s’y sont cassés les dents. Les Talibans ont pris la suite, on sait comment, et quelle folie fut leur régime. Le commandant Massoud en a laissé la vie, mais quelle vie ! Le 11 septembre a déclenché la soif de vengeance américaine qui a conduit à des années de traque d’Al Qaïda, jusqu’à l’embourbement des troupes US qui viennent de tourner casaque. Mais nous, qu’allions-nous faire dans cette galère ? Nul ne le sait. Les bons experts en géopolitique sauront prouver le bien fondé de la présence française dans les montagnes afghanes. Mais chacun sait que ce ne fut que pour complaire à Bush que Sarkozy engagea nos soldats en trois coups de menton, qu’il se gargarisa de mots comme gardiens du monde libre contre la bête immonde du terrorisme. L’ennui, c’est qu’aujourd’hui on ne sait plus pourquoi nos soldats meurent là-bas, pourquoi ils guettent encore un ennemi devenu chimérique comme dans le Désert des Tartares. Pour moi, le lieutenant Drogo doit donc rentrer chez lui et vite, d’autant s’il n’a plus d’arme pour au moins se défendre ! Heureusement, Hollande nous promet - s’il est élu - de retirer nos troupes fin 2012. J’invite donc chacun à penser à nos gars quand le moment sera venu de glisser sagement son bulletin dans l’urne.

Samedi 28 janvier 2012

ATERMOIEMENTS DE CAMPAGNE

Qui peut dire aujourd’hui qui sera au deuxième tour de l’élection présidentielle ? Personne. Sarkozy est aujourd’hui au plus bas mais pas encore candidat. Son quinquennat lui pèsera. Il a accumulé des haines, y compris et surtout dans son camp. Les déçus sont nombreux. Mélenchon, quant à lui, fait un malheur parce qu’il incarne la gauche pure et dure telle qu’on l’a connue durant les jours glorieux du PCF. Un parfum du passé qui séduira plus d’un. Il dit pourtant vouloir se rallier à Hollande...après le premier tour. La campagne de Joly ne prend pas. Il ne suffit pas de proclamer des choses justes pour être entendu. Hollande, de son côté, piétine. Il n’est pas mou : il est évanescent. On votera sans doute pour lui mais sans élan. Restent Bayrou et Marine Le Pen qui tous les deux s’en prennent à l’UMPS. Ils montent l’un et l’autre dans les intentions de vote. Ils répondent tous les deux à une lassitude : celle d’une majorité de gens qui n’ont plus foi dans les dirigeants de droite comme de gauche, qui cherchent une autre voie sans trop savoir laquelle. On peut miser que l’un des deux sera au deuxième tour car tout va se jouer serré au premier tour. Sarkozy, Hollande, Bayrou, Marine Le Pen tourneront autour des 18-20 %. Il est à craindre que les sirènes du Front rameutent, que Mélenchon fasse du dégât dans le camp hollandais. Bayrou de même devra trancher entre la droite et la gauche s’il n’atteint pas le deuxième tour. La politique, comme on voit, est un peu comme l’amour. On se hait, se déteste, s’affronte sans être sûr qu’on n’aura pas besoin de l’autre le lendemain. D’où les chassés-croisés, les doutes et les évitements, les alliances improbables et quelquefois contre nature... Gageons que nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises !

Vendredi 20 janvier 2012

VOTER N’EST PAS JOUER

Nicolas Sarkozy, lors de la liturgie des vœux pour 2012, avec le masque fermé de qui a su combattre le fatum n’a pas caché qu’on devrait tous se serrer la ceinture durant cette bonne année qui vient, même s’il garde « espoir » pour la sortie de crise. Vu le ton adopté, celui d’un matamore fripé, on peut émettre quelques doutes quant à l’espoir dont il nous parle. L’espoir pour qui ? Pour ceux qu’il a servis durant son quinquennat ? Je veux parler des riches qu’il ne voulait taxer et qu’il a protégés avec son bouclier fiscal tant décrié, qu’il a conservé contre vents et marées, aujourd’hui devenu obsolète comme le sera bientôt sa gestion de la crise sur le dos des plus pauvres. On peut gager qu’un retour de bâton viendra frapper la caste dominante en mai prochain. Je l’appelle de mes vœux, même si je sais que la partie est loin d’être gagnée et qu’entre peur et repliement conservateur, la marge reste étroite pour imposer l’accès d’Hollande au faite du pouvoir. Deux écueils sont à craindre pour le candidat socialiste : Bayrou et Marine Le Pen qui peuvent faire un bon score tous deux au premier tour, au point d’être l’un ou l’autre au deuxième tour ou de peser si lourd qu’il faudra faire avec. Avec Bayrou, qui est républicain et démocrate, on peut s’entendre ; avec Marine,  c’est impossible ! La droite sait godiller avec les voix du Front, la gauche ne le peut et surtout ne le doit. Je n’ose penser à un duel genre 2002 : Marine –Sarkozy. Pourtant, il est à craindre que le dépit, l’écœurement, les lunes qu’on promettra et surtout la misère qui frappe une frange toujours plus importante de la population ne mettent en selle dans un duel tragique pour notre beau pays champions de droite et d’extrême droite. Alors il nous faudrait choisir, ce qui serait dans les deux cas franchement suicidaire. Mais nous n’en sommes pas là : si Hollande prend enfin la mesure du combat à mener (ce dont je doute encore) il a tout lieu de rassembler assez de forces et d’énergies pour bousculer le triste ordre des choses qui ne tient qu’à un fil et renverser ce que La Boétie nommait « colosse aux pieds d’argile » qui ne tient droit que parce qu’on le soutient.

Lundi 2 janvier 2012

Coca et silicone

Avec la monstrueuse affaire des prothèses mammaires, c’est le profit une fois de plus qui est la cause de pareil désastre. Qu’on ait laissé vendre ces prothèses alors qu’on les savait peu fiables et donc dangereuses est criminel. Il y a bien sûr le concepteur de ces prothèses qui doit être jugé à la hauteur des crimes qu’il a commis. Mais il n’est pas le seul coupable. Apparemment, les contrôles sanitaires ont été très discrets, pour ne pas dire inexistants. Le crime est donc aussi du côté du Ministère de la Santé qui semble n’avoir pas pris l’ampleur de drames comme l’affaire du sang contaminé ou celle du Médiator. Devant l’ampleur de cette affaire, les autorités se réveillent. Branle-bas de combat : il faut réopérer gratuitement les Françaises concernées. Oui, mais après ? A chacune (sauf cas médical) d’opter ou non pour de nouvelles prothèses. On voit déjà le désarroi de toutes ces femmes, devant bon gré et mal gré devoir subir une nouvelle opération qui, pour les plus aisées, se soldera par une plastique saine et retrouvée. Mais pour les autres ? En décrivant ce triste état des choses, il me vient à penser que nous vivons décidément une lugubre époque. Vu l’actualité, même les poitrines de femmes ne me font plus rêver ! Je ne suis pas le seul. « Tout ça, m’a dit une voisine à l’opulente poitrine qui frise les quatre-vingt-cinq ans, c’est depuis Malibu ! » « Malibu ? » « Mais oui, c’est venu d’Amérique, ce foutu silicone ! C’est comme le coca ! » La vox populi me surprendra toujours : il y a parfois en elle une sorte de sagesse qui nous fait rire même quand les temps sont au déclin !

Mardi 27 décembre 2011

Tombeau pour deux soldats perdus

Les hasards du calendrier nécrologique ne manquent pas d’ironie. Trois personnalités ces derniers jours sont passées de vie à trépas : Cesaria Evora, Vaclav Havel et Kil Jong-Il. Pour Havel et Jong-Il, on peut dire à bon droit que même la mort ne saurait les unir. L’un a lutté pour vaincre l’oppression dans son pays, la Tchécoslovaquie d’alors ; l’autre a sous sa férule folle imposé une dictature de fer dans la Corée du Nord. L’un, avant d’être élu démocratiquement président, a écrit pour le théâtre universel, quand l’autre, analphabète, terrorisait son peuple. L’un dans sa lutte pour rendre aux Tchèques leur liberté a passé plus de cinq années en prison, quand l’autre jetait ses concitoyens en prison avant de les exécuter. Inconciliable dialogue entre ces deux. Il semblerait qu’à leur manière chacun incarne ce qu’il y a de pire et de meilleur en l’être humain. Egalité en somme, pourrait-on dire cyniquement. Mais il y a Evora ! L’artiste qui donne à voir et à entendre un autre monde. Cesaria ! Elle seule a le pouvoir de faire pencher le fatidique fléau de la balance ! Voix d’un peuple, d’un pays, le Cap Vert, qui sut – et sait encore – instiller ses refrains tristes, mélancoliques et beaux dans ce qui reste encore en nous de cœur, cette générosité naïve et fraternelle sans quoi nous ne sommes rien, que des Kim Jong-Il à la dérive, autrement dit de pauvres types voués au meurtre et à la barbarie. Cesaria Evora, la chanteuse aux pieds nus, qui elle saura accompagner Havel, l’homme qui lutta de front et à mains nues contre le totalitarisme soviétique. 

Lundi 19 décembre 2011

Vous avez dit crise ?

Et si nous ne fêtions pas Noël cette année ? Pas de lumières dans les rues, pas de cadeaux dans nos souliers, pas de sapins enluminés... Rien qu’un bouillon et hop au lit, sans la télé ! Ne sommes-nous pas en crise ? N’y a-t-il pas de l’impudeur, voire de l’obscénité, à faire comme d’habitude ? On sait qu’on compte plus de pauvres qu’il y a dix ans dans notre cher pays, plus de laissés pour compte, un record atteint cette année du nombre de repas distribués aux Restos du Cœur...On sait que les ménages surendettés ne cessent de croître... Que dans certaines familles la misère est tenace... Avec tout ça, il faudrait s’empiffrer comme au bon temps passé et s’enivrer pour oublier tous nos soucis ? Mais dites, ne sommes-nous pas en crise ? Quelle crise ? La crise de foie, celle que l’on se prépare puisque l’on va fêter Noël ! En attendant la crise de nerfs qui secouera bientôt les bourses européennes. Peut-être qu’après Noël, nous n’aurons plus de zone euro...Voilà pourquoi on peut chanter : « qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête, qu’est-ce qu’on attend pour être heureux... » comme le chantait l’orchestre de Ray Ventura un an avant la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, la guerre est économique mais les peuples, qui sont bons enfants, croient encore au Père Noël. Sauf les Grecs qui, eux, ne danseront pas le sirtaki, ou les Italiens qui comme leur ministre du Travail verseront des pleurs. Les Français, en attendant Hollande, joueront comme toujours les fanfarons autour de la dinde, hurlant à cor et à crise : AAA, conscients qu’ils seront guettés par les agences de notation qui, elles, n’ont aucun humour. De là à ce qu’ils nous fassent une crise de conscience, il n’y a qu’un pas !

Dimanche 11 décembre 2011

La Guerre des Imbéciles

J’aimerais donner un coup de projecteur sur un pays, la République Démocratique du Congo, où vit actuellement un  jeune correspondant que je connais. Je suis d’autant inquiet de la situation en RDC que mon correspondant me donne fréquemment des nouvelles et qu’elles ne sont pas gaies. En peu de mots, voilà l’état de la situation. La République démocratique du Congo, ex « Congo-Kinshasa », l'un des pays les plus peuplés d’Afrique, est au bord de la guerre civile. Les élections présidentielles et législatives, qui ont eu lieu le lundi 28 novembre, se sont hélas tenues dans le chaos. L’organisation des élections a été une fois de plus marquée par la fraude et la violence. Les opposants à Joseph Kabila ont demandé l’annulation du scrutin. Kabila  a été propulsé au pouvoir en 2001 à l’âge de trente ans, après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila qui avait renversé Mobutu, dictateur sanguinaire. On parle de manipulation des urnes et de pressions sur la commission de contrôle des élections par le clan Kabila. Joseph avait plus ou moins « légitimé » sa présence à la présidence en 2006, lors d’élections déjà contestées et qui avaient eu lieu sous la férule de la violence. Le même désire rester au pouvoir malgré un bilan des plus calamiteux. La RDC est ravagée par la corruption et son administration quasi-inexistante. Le sous-sol regorge pourtant de richesses : or, diamant, cobalt, cuivre, uranium, pétrole. Mais une majorité de Congolais (68 millions) vit dans la misère : l'espérance de vie est de moins de 55 ans, le revenu de 1,25 dollar par jour. La faiblesse et la corruption de l'administration centrale expliquent la malédiction de la RDC : elle est incapable de s’organiser et d’exploiter seule ses ressources. Les pays voisins et surtout les multinationales minières s’y comportent en véritables prédateurs. On peut à bon droit espérer que des pays comme les Etats-Unis et les pays européens, qui ont besoin des ressources du sous-sol congolais, ne laissent pas tomber la RDC dans une guerre civile. L’ONU ne devrait pas tarder à être saisie de la situation. Il faut hélas s’attendre à un début de guerre civile, car me dit mon cher correspondant : « Pour l'instant, nous assistons à la publication des résultats partiels de la présidentielle qui est déjà contestée par l'opposition. Sincèrement, la tension monte du jour au jour. Nous ne savons pas ce qui va se passer après la publication du mardi 6 décembre 2011. Dans la population, il y a ceux déjà qui traversent vers le Congo Brazzaville, ou l'Afrique du sud, ou l'Europe ; d'autres achètent des provisions... etc... Nous espérons et croyons en Dieu qu'il n'y aura plus de bain de sang en RDC, comme la perte de 7.000.000 de Congolais dans la précédente Guerre des imbéciles politiciens Africains ». On ne saurait être plus clair !

Mardi 6 décembre 2011

UN AVENIR SANS PETROLE 

 

Selon Benoît Thévard, Ingénieur de l’Ecole des Mines en Génie Energétique, et d’autres scientifiques, la production de pétrole a atteint un pic en 2011. Les découvertes de gisements dans les années soixante (40 à 60 milliards de barils chaque année) sont tombées à 6 milliards de barils par année aujourd’hui. Inversement la consommation de pétrole n’a cessé de monter, au point que pour 4 milliards de barils consommés aujourd’hui on n’en découvre qu’un milliard. Etat des lieux de notre dépendance au pétrole. A ce constat vient s’ajouter les besoins de pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil qui par leur propre développement ont besoin d’importer plus de pétrole alors que les pays exportateurs pour faire face à leur propres besoins exportent de moins en moins. Aujourd’hui, les réserves mondiales affichées officiellement par l’Agence Internationale de l’Energie sont chiffrées à 1383 Gb (giga barils). En fait elles seraient plus proches de 1100 à 1200 Gb. La capacité de production de pétrole à répondre à la demande est donc - comme on peut le voir - un problème de fond qui devient incontournable. Par ailleurs, toutes les autres énergies fossiles doivent atteindre leur pic de production en 2055. A l’ère pétrolière qui s’achève, quelles alternatives ? On sait déjà qu’aucune ne pourra remplacer le pétrole. Les agro-carburants sont évalués à une progression de production de 2 millions de barils/jour à 6 millions barils/jour de 2010 à 2030 ; pour le gaz naturel liquéfié et les huiles lourdes l’investissement est et sera de plus en plus lourd ; l’hydrogène ne pourra pas remplacer le pétrole pour la difficile compression, quant à l’électricité il faudrait augmenter la production de 25 % si on voulait tous par exemple se déplacer en voiture électrique...Ce qu’il faut savoir, c’est que 80% de l’énergie consommée dans le monde est de l’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz naturel), que 5,8% est issu du nucléaire, que 2% vient de l’hydraulique, 0,1% de l’éolien, 0,008% du solaire... Au pic de production du pétrole viennent s’ajouter d’autres pics : celui de l’uranium (2030-2050), du phosphate (2020), de l’or et du cuivre (2020). De même que dans les choix faits après guerre jusqu’à aujourd’hui dans la production alimentaire, on a tout automatisé et ainsi explosé la consommation d’énergie. Quel avenir sans pétrole ? A partir de ces données qui sont scientifiquement sans appel, il nous faut appréhender l’avenir dans une stratégie de résilience, autrement dit de capacité à subir un changement perturbant, à s’y adapter et à se réorganiser tout en gardant une même identité. Se mobiliser en somme pour changer nos comportements quotidiens et imaginer un monde qui ne serait plus basé sur le pétrole. Il faut donc revenir à une production et une consommation locales, arriver pour chaque région à l’autosuffisance (sortir de la globalisation), diversifier nos activités locales...Qui peut agir ? Les élus, les états ? Sans doute, mais aussi les citoyens qui ne doivent plus attendre d’en haut une solution miracle ou un plan B mais au contraire prendre leur destin en mains, sensibiliser leur entourage, construire en commun une vision positive, agir collectivement, réussir ensemble la transition énergétique. Pour mieux comprendre les enjeux à venir, voir le blog : avenir-sans-petrole.org.

Dimanche 4 décembre 2011

Du bon ou du mauvais usage du referendum

Pour calmer les Grecs, qui n’en finissent pas de payer pour la mauvaise gestion d’une poignée de politiques qui se sont relayés depuis plus de trente ans à la tête de leur pays, Papandreou a décidé de soumettre par voie référendaire les décisions prises par les Européens par rapport à leur dette. Abyssale comme on sait, et qu’une fleur faite par les banques aux Grecs (50%) ne saurait totalement suffire à les sortir du gouffre. Un referendum, pourquoi pas. Cela reste un outil démocratique qu’on ne peut balayer d’un revers de la main. Il donne au peuple le pouvoir si précieux d’agir sur son destin. Un peu d’histoire pourtant peut nous interroger. Le référendum est un petit frère du plébiscite dont usa avec un rien de populisme un Napoléon III vieillissant. Il y eut ensuite un De Gaulle qui perdit le pouvoir sur un referendum mal ficelé ou suicidaire en 1969. Mais  le dernier en date, chez nous, fut le referendum sur la Constitution européenne qui se retourna contre ceux – de gauche comme de droite – qui voulaient forcer d’une manière élitaire la marche de l’Europe. On sait ce que ce non jeta comme trouble chez nos dirigeants de tous bords. Gageons qu’en Grèce les dirigeants seront de même grandement malmenés et que les Grecs auront à cœur de dire qu’il ne suffit pas de s’en remettre au peuple pour s’exonérer de ses fautes. Je vois dans le dépit d’un Sarkozy face à l’initiative du Grec Papandréou la manifestation d’un responsable qui ne traite qu’avec d’autres responsables des affaires de ce monde en oubliant hélas souvent les choix du peuple. Je parlais de notre fameux non au referendum pour la Constitution européenne : eh bien, c’est le même Sarkozy qui, par le biais d’un Parlement tout dévoué à lui, fit voter par la bande l’adhésion à cette Constitution à laquelle pourtant une majorité de nos concitoyens avait dit non !

Mercredi 2 novembre 2011

Un salut fraternel à Lise

Une professeur de maths, Lise Bonnafous, 44 ans, s’immole par le feu au lycée Jean-Moulin de Béziers. C’était le 13 octobre dernier. Ce n’est pas vieux mais comme on était dans les Primaires on a certes parlé de l’affaire mais vite et mal. J’aimerais y revenir, non par morbidité ou complaisance, mais parce qu’un tel drame devrait nous amener à réfléchir sur ce qu’est l’état de notre école - qui fut montrée longtemps comme un modèle – et qui n’est plus, il faut bien l’avouer, que l’ombre de ce qu’elle fut. O âme de Jules Ferry, où es-tu donc passée ? Lise Bonnafous était suivie médicalement, nous dit Luc Chatel, ministre de l’Education nationale. Elle était certes en grande souffrance. On dit qu’elle était trop sévère et exigeante. Pour l’exigence, on veut le croire. Elle prenait son boulot pour une véritable mission ? Ce devrait être le cas de tous les enseignants. En un mot, elle hissait son travail au rang du sacerdoce laïc. On pourrait dire bravo si tout n’avait changé : ce qui était la règle hier est devenu une exception. Lise a pris son boulot trop au sérieux, diront d’aucuns. Non, elle prenait son job à cœur, voulait aller plus loin dans la pédagogie, créer un syndicat. L’inertie générale en a fait une martyre. Son désespoir devait être très grand pour s’asperger d’essence et se faire brûler vive dans la cour de récréation et devant ses élèves. J’ai souvenir que l’étudiant Ian Palach s’était jadis immolé par le feu pour protester contre l’invasion russe en Tchécoslovaquie, et que des moines tibétains s’étaient de même exécutés contre l’armée chinoise. Cela avait alors frappé tous les esprits au point que grands penseurs et intellectuels avaient signé articles et pétitions. Aujourd’hui rien ou presque. Le désarroi de ceux qui sont censés former les têtes de nos gamins n’intéresse plus grand monde ! Voilà pourquoi je voulais saluer Lise Bonnafous. Moi, j’aurais bien voulu avoir une prof comme elle !

Lundi 31 octobre 2011

Père débonnaire ou mère sévère

 

Entre Aubry et Hollande, et en dehors d’une sensibilité plus à gauche marquée par la première et un côté plus social-démocrate chez le deuxième, qui des deux aurait l’envergure d’un futur président si il (elle) venait à gagner ? Car en fait, c’est de ça qu’il s’agit : choisir non seulement un leader pour la Gauche capable de bouter Sarkozy et sa clique, mais un homme (ou une femme) d’Etat prêt à ancrer la France dans le XXIème siècle. Ce que je crains avec Aubry, (à tort peut-être) c’est qu’avec elle, les vieux démons de gauche ne ressurgissent : sectarisme, division, dirigisme d’Etat... Mais ce que je redoute avec Hollande, c’est qu’il nous joue le vieux couplet d’un Mitterrand fringant et relooké (à gauche toutes, promis, pour terminer à droite). Les supporters d’Aubry la disent solide, n’empapaoutant pas le verbe, courageuse, inflexible. Face à un Sarkozy au bulldozer, c’est plutôt ce qu’il faut. Les fans d’Hollande misent sur ses qualités de tacticien, sur ses allures de chat tranquille et rassurant et sa souplesse d’esprit. A priori, Aubry fait plus sérieux. Mais quand elle dit qu’elle se tient à ce qu’elle dit et ne change pas de position, voilà qui est rigide, peu compatible avec un monde qui bouge. Elle peut par son côté pète-sec et son langage mère fouettard effrayer même les hommes votants. Hollande, lui, dont le terme « gauche molle » colle maintenant aux basques, peut faire penser parfois à un Chirac de gauche : radical-socialiste dans le fond, plein d’énergie pour la conquête du pouvoir, vivant sur ses lauriers quand il est président. Ici se dessine donc une dimension avec laquelle il nous faudra compter, tant dans le choix des primaires du PS que dans celui d’un président en 2012 : la vieille psychologie des peuples. Pour nous calmer, reprendre nos esprits après cinq années sarkozystes et surtout pour sublimer la crise, aura-t-on besoin d’un père débonnaire à l’oreille attentive ou d’une mère sévère qui ne passera rien sur nos fredaines ? C’est là la seule question que l’on doive se poser ! Je mise que la France groggy et pantelante (en dehors de ce que peuvent dire tous les sondages) choisira un soigneur et non pas une saigneuse, Hollande plutôt qu’Aubry, non tant pour des nuances politiques que pour de hautes raisons psychologiques.

Vendredi 14 octobre 2011

Le Pont d’Arcole

Doit-on être satisfait de voir la Droite reprendre du poil de la bête face à la grande leçon démocratique que lui a infligé le PS ? Oui, si elle ne tombe pas dans la démagogie facile et outrancière, non si elle doit prendre à son compte les flèches qu’Aubry a décochées à l’olympien Hollande. L’effet de ces primaires de par certains débordements risque de revenir en boomerang dans le camp socialiste et donner de Hollande une image peu flatteuse. La Droite s’emploie à circonscrire l’impétrant à la Présidence dans un rôle de chiffe molle, caricature qui risque de lui porter grand tort s’il n’y prend garde. Les mots sont importants ; Hollande doit démontrer sans trop attendre qu’il est un homme ferme, qu’il peut trancher sans être inféodé à quelque sensibilité fût-elle de son camp, montrer sous l’apparente jovialité qui est la sienne qu’il peut être sérieux, autoritaire et bourré d’ambitions. Ambitions pour la France bien sûr. Je ne suis pas stratège en communication mais il serait urgent qu’Hollande peaufine son image d’opposant à Sarkozy en ferraillant avec ce Président comme Mitterrand jadis piquait De Gaulle au vif. On n’assied pas une autorité naturelle sans combattre inlassablement l’adversaire. Une fois qu’il sera regardé comme un danger par une Droite qui jusqu’ici est goguenarde, une fois que les Français reconnaîtront en lui l’Opposant légitime au régime sarkozyste, alors le rassemblement qu’il appelle de ses vœux se fera de lui-même. On peut même penser qu’il ne manquera pas un bouton de guêtre dans ses rangs, qu’aucune tête ne dépassera (à part la sienne) pour freiner son élan. On peut surtout imaginer qu’Hollande, pris dans l’effervescence de la campagne, se révélera un grand chef, un tribun inspiré, ne ménageant pas ses coups. Pour l’heure, Hollande et ses amis fourbissent leurs armes rue de Solférino. Nous ne sommes pas encore au Pont d’Arcole mais nous sentons déjà le vent tourner ! Même un nouveau papa ravi ne saurait arrêter la marche du soldat Hollande vers le pouvoir !

Jeudi 20 octobre 2011

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