Le Cerbère du Canal

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Jaquettecerbere

 

Le Cerbère du Canal, nouveau polar d'Yves Carchon

 

Après Maudit blues et Le testament des Muses, le troisième polar d'Yves Carchon Le Cerbère du Canal nous arrive avec l'ineffable Fragoni, flanqué de Flora, partenaire aux dons extralucides, et du lymphatique chien Watson...

Avec le dernier polar d’Yves Carchon, Le Cerbère du Canal, Paolo Fragoni est de retour ! Qu’on se rassure : il nous revient en pleine forme ! Cette fois-là, l’enquête se déroule sur les bords du canal du Midi, où s’est commis une série de crimes, d’abord à Castelnaudary, mais aussi tout le long du canal de Toulouse à Sète, en passant par Béziers et le quartier des Neuf Ecluses... Comme toujours, Fragoni nous entraîne avec lui sur les traces du tueur dans une chasse à l’homme haute en péripéties et en couleurs. Il nous transporte aussi dans le passé, à l’époque de la construction du canal, où a eu lieu une série de meurtres en lien avec ceux d’aujourd’hui… Comme d’habitude, on retrouve dans Le Cerbère du Canal ce qu’on trouvait dans les deux précédents polars d'Yves Carchon : une énigme à trouver et une touche de fantastique, dans la lignée ici de Poe et Wilde... Mais il y a plus encore dans ce dernier : en filigrane l’auteur déroule une réflexion sur le temps qui s’enfuit et sur le nécessaire passage de témoin… Après Maudit blues, ayant pour toile de fond une Montagne Noire de cinéma, après Le testament des Muses dont la trame était celle des peintres de l'Art Moderne, Le cerbère du canal, qui a pour cadre le grand ouvrage d'art, clôt le triptyque Les mirages de l'art promis par Yves Carchon, ce qui ne veut pas dire qu’il en restera là, ce qui serait dommage ! Car notre auteur excelle dans le polar où il s'ébroue comme un chien fou. Son style est toujours vif, ses dialogues à la serpe et Fragoni, toujours plus attachant, sait nous capter dans ses filets de vieux renard. Dans ce dernier opus, il nous la joue vaguement fatigué, hors course, mais ce n'est là qu'une "coquetterie" de plus dans ce polar qui a décidément du chien ! A lire absolument une nuit de pleine lune.

Franck Sternac

 

 

Troisième opus des aventures du taciturne privé Paolo Fragoni, "Le Cerbère du Canal" est un polar finement élaboré qui chasse sur les territoires du fantastique

Longtemps, le roman policier a fait figure de sous-genre littéraire, à l’écart des grandes mutations romanesques du XXème siècle. Les snobinards, lecteurs de Proust et de Joyce, le tenaient pour de la littérature commerciale tout juste bonne à distraire « le populo ». Ce n’était pas un compagnon digne de leurs bibliothèques. A l’examen, cette discrimination élitiste fond pourtant comme neige au soleil. D’abord parce qu’il n’y a jamais eu de tels cloisonnements en littérature. Il n’y a pas de grande et de petite littérature mais il y a, certainement, de bons et de mauvais romans. Et, en ce domaine, tout dépend de ce que l’auteur y apporte, qu’il s’appelle Maurice Leblanc ou Agatha Christie, Georges Simenon ou J K Chesterton. Certes, on ne peut guère, dans ce cadre-là, se débarrasser complètement de l’intrigue, des personnages et d’une chronologie plus ou moins linéaire. Mais une fois ces paramètres posés, tout y est à peu près possible.

Yves Carchon – puisque c’est lui qui nous occupe ici – est venu tardivement au « polar ». Il a commencé par écrire des romans lyriques (« Deux vies dans un vitrail »), des nouvelles (« L’envers du monde ») et des pièces de théâtre (« La cage ») – et c’est sans même parler de ses innombrables chroniques. C’est dire que c’est avec une conscience et des moyens indéniables d’écrivain qu’il a relevé ce nouveau défi. Pour bien ancrer cette expérience dans la durée, il a même créé un personnage-phare : le taciturne Paolo Fragoni, ex-limier de la police reconverti, l’âge venant, en détective privé. Deux premiers opus, particulièrement complexes et haletants, « Maudit blues » et « Le Testament des Muses », sont parus aux Presses Littéraires, respectivement en 2011 et 2012. Le principe de la trilogie n’eût donc pas été respecté sans ce « Cerbère du Canal », fin 2015, qu’il a choisi, cette fois, de publier aux jeunes éditions Aloès (dont il est le fondateur). Si la vengeance, c’est bien connu, est un plat qui se mange froid, celle méthodiquement orchestrée par le serial-killer qu’Yves Carchon met en scène est particulièrement glacée. Car il s’agit pour lui de venger un ancêtre injustement condamné plus de trois siècles auparavant. Dès lors, les cadavres vont se succéder et s’enchainer comme les signes d’un macabre rébus. De quoi relancer la mécanique cérébrale du vieux Fragoni, lequel s’est trouvé une assistante de choc et de charme en la personne de la jeune Flora Zeller, scientifique surdouée qui possède, de surcroît, des facultés extralucides. L’enquête, menée sabre au clair, nous entraine dans la région du Lauragais (que l’auteur connaît comme sa poche), particulièrement sur les berges du Canal du Midi, ouvrage historique de Pierre-Paul Riquet au XVIIème siècle et dont l’ombre plane sur tous les protagonistes de cette sombre histoire. Le dénouement – terrible comme il se doit – la fera basculer dans l’irrationnel le plus total, épilogue fantastique justifiant le titre de ce roman. Nous n’en dirons pas davantage afin que ses lecteurs – que nous espérons nombreux – en gardent toute l’appétence.

Le Cerbère du canal, Editions Aloès, 241 pages, 16 euros. www.editions aloès

Jacques LUCCHESI

Le Cerbère du canal, d’Yves Carchon

Une réussite romanesque, qui tient autant à la construction impeccable de l’intrigue qu’à l’humaine qualité de ses personnages.

A quoi tient qu’en fermant Le Cerbère du canal, on se dit qu’on aurait partagé volontiers quelques pages de plus avec Flora, Xabata, Fragoni, Pilar et bien sûr le sinistre Baufort ? Sans doute parce que ses personnages sont mille fois attachants. L’auteur a pris grand soin de leur donner une épaisseur humaine, de s’arrêter sur chacun d’eux avec finesse et beaucoup d’empathie. Et il a eu raison. Un roman réussi existe d’abord grâce à ses personnages. Plus ils sortent de la page, plus ils nous poursuivront quand on aura fini le livre… C’est justement le cas ici.

Il y a bien sûr l’intrigue, déterminante dans un polar. Et là, on s’y embarque sans efforts, tant elle est maîtrisée et rondement menée. On connaît cet auteur pour ses phrases cursives, pour la qualité de l’ambiance qu’il a su insuffler dans ses premiers polars, pour ses rébus qui font partie du jeu, puisque l’auteur affirme qu’un roman policier n’est « qu’un jeu de l’esprit »… Tous ces atouts, qui se confirment, sont bien au rendez-vous.

Le Cerbère du canal commence plutôt raide, se poursuit allegro pour prendre son allure et ne plus nous lâcher. Une fois la mâchoire de l’intrigue refermée, vous êtes pris et bien pris. S’il est un polar rimant avec vivacité, rapidité, vélocité, c’est bien ce Cerbère-. On retrouve le privé Fragoni, certes désabusé, vaguement essoufflé, gardant l’œil affûté sur les dérives d’un monde qui est nôtre, affrontant cette fois-là un tueur en série… La jeune Flora, que le privé a rencontré vingt ans plus tôt, s’embringue dans cette chasse à l’homme. Duo de choc. Mais tout repose en fait sur des duos dans cette intrigue ! Le chien Watson accompagne Fragoni : drolatique duo. Le flic Xabata, chargé officiellement de cette enquête, doit faire tandem forcé avec son ancien pote. L’écologiste Pilar et la merveilleuse Flora partagent le même toit. Jusqu’au tueur qui vit avec une vieille tante, tous deux très attachés au souvenir du grand Riquet… Le Cerbère même est sous le double parrainage de Conan Doyle et d’Edgar Poe…

On l’aura vite compris : ce polar-là est plein de chausse-trapes. Dire que l’auteur est double serait peu dire ! Il faut lire Le Cerbère du canal pour sa qualité d’écriture, son rythme, sa petite musique qui parle de filiation, de passage de témoin et de nostalgie de l’action. Excellent cru de cet auteur dont on a hâte de lire la future aventure !

Marcel Beauvois

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